Un canal transsaharien pour sauver l’Afrique
Posté par Philippe Baron - 19 déc 2008 à 17:363500 km. C’est environ la distance qui sépare la Mer Rouge de l’Atlantique. A part les caravanes de dromadaire, des véhicules tout terrain et quelques fêlés sans autre moyen de locomotion que leurs jambes, personne ne s’aventure sur un tel trajet, préférant de loin l’avion ou le bateau, du moins lorsqu’il n’y a pas de pirates à l’horizon.
La piraterie justement, ce fléau qui tel une épidémie de peste ou de tuberculose vient faire parler d’elle, menaçant les routes maritimes commerciales et semant la terreur tout autour de la Corne de l’Afrique. En y envoyant leur flotte, des Etats tels que la France ou la Chine protègent une zone vitale pour leur approvisionnement pour les uns et pour leurs exportations pour les autres. Les forces en présence devraient faire pencher l’issue de cette parenthèse flibustière nettement en faveur des forces de marine régulière. Quoique sait-on jamais, avec lespirates…
En tout cas une stabilité dans la région permettrait d’y voir plus clair et notamment de lancer pourquoi pas des projets d’envergure pour le développement. Le rêve fou d’un canal partant de la rive occidentale (Egypte) et traversant tout le désert dans le sens de la largeur jusqu’en Mauritanie auraitpourtant des retombées très significatives sur de nombreux aspects qui pèsent sur la problèmatique africaine.
Tout d’abord, apporter l’eau au coeur du désert, c’est apporter la vie. Ainsi irrigué, la zone du canal serait un périmètre amené à prospérer. Un cycle de l’eau bien étudié permettrait d’apporter la pluie dans les zones les plus reculées du Sahara, et peu à peu contribuer à changer le désert… en une oasis géante!
De plus avec la montée des eaux, un canal de plus de 3500 km de long représente des metres cube d’eau pris sur la mer, ce qui aurait pour conséquence de faire baisser le niveau de la mer à l’échelle du globe: de quoi faire adhérer des pays commme les Maldives, les Pays-Bas ou l’Italie (Venise). Un rapide calcul permet de réaliser qu’un canal transsaharien de 3500km de long, 100m de large et 25m de profondeur (un minimum!) représente environ 0.6% des 1347000000km cube d’eau contenue dans tous les océans du globe.
Creuser plus profond, ou créer des étendues artificielles au milieu du désert pourrait permettre de pousser à 1%, et donc de faire diminuer d’autant le niveau des oceans.
Le canal devra être assez large pour faire passer les gros transporteurs, voire les supertankers, et ainsi la flotte commerciale aura un raccourci entre le Moyen Orient et l’Atlantique. La fin malheureuse du Canal de Suez prouve que cet axe est toujorus hautement stratégique. Il permettra aussi à toute une population de se fixer le long du canal, un cours d’eau étant toujours synonyme de prospérité, et cela surtout en Egypte: un canal traversant Est-Ouest serait pour les Egyptiens un bienfait au moins aussi profitable que le Nil l’a été pendant des siècles, voire des millénaires!
Le projet en lui-même est assez colossal, mais permettra de donner du travail non seulement aux locaux, mais à nos grandes entreprises françaises et européennes: Vinci, Bouygues, Eiffage, Lafarge, mais aussi Würth, Liebherr, etc. Et pourquoi pas utiliser le savoir-faire acquis lors de la percée du tunnel sous la Manche et associer Eurotunnel?
Dès lors que le rêve devient projet, les idées ne manquent pas. Et si c’est faisable, il faut le faire. Depuis des années, relier la france et la Grande-Bretagne à pied sec était une utopie. Au XXème siècle ce fut une réalité, comme le fut le Canal de Suez et de Panama au XIXème. Le XXIème siècle doit il seulement être un siècle de crise perpétuelle? Ou finiront-nous par voir le bout du tunnel? Ou du canal devrais-je dire…
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