Sunday working sunday*…
Posté par Philippe Baron - 3 déc 2008 à 20:41Le dimanche reste un symbole fort: à quoi bon travailler sans jours de repos à la clé, pour profiter un peu de la vie et du confort qu’est sensé nous procurer notre travail et la merveilleuse société de consommation dans laquelle nous vivons.
Mais peu à peu des fissures sont apparues dans ce grand et beau symbole: la laïcité, et l’émergence de religions qui reconnaissent d’autres jours comme jour de repos (musulmans le vendredi et samedi pour les juifs), les professions qui ne peuvent pas s’arrêter de travailler, quel que soit le jour de la semaine: services d’urgences (hopitaux, pompiers, police, gendarmerie…), les militaires et les sociétés de surveillance, les personnels des médias (TV, radio, journaux…), le secteur de l’Hotellerie/Restauration et du Tourisme en général, qui représente une foultitude de petits métiers, du pilote de ligne au réceptionniste mais aussi de l’agent de péage au pompiste, etc.
Puis, par extension, ce sont des commerces situés dans des lieux touristiques qui ont commencé à ouvrir: boulangeries, patisseries, boutiques de souvenirs, petite restauration, cafés, bars… Et comme tous ces métiers représentent finalement une bonne part de la population active, il a fallu faire fonctionner des services, publics ou privés, pour permettre à ces travailleurs du dimanche de pouvoir opérer normalement: transports en commun, restauration collective etc.
Là -dessus, l’industrie y est allé également de son coup de canif en instaurant des équipes le week-ends sur les chaînes de production afin d’amortir plus rapidement les investissements dans l’outil de travail.
Au final, il ne reste plus beaucoup de catégories professionelles qui sont sures de ne pas travailler un dimanche. Le dimanche est donc en passe de devenir un jour comme les autres, avec comme argument massue le fait que cela créé de la croissance, donc de l’emploi, mais qu’aussi de plus en plus de gens apprécient de pouvoir profiter du dimanche pour faire ses courses ou son shopping, téléphoner à son banquier ou récupérer ses chemises au pressing. D’ailleurs le succès de l’e-commerce, ou le dimanche est un jour comme un autre, montree qu’il y a une demande forte.
On pourrait aussi envisager que des services publics comme la Poste, la Sécurité Sociale ou la CAF, ainsi que les mairies et préfectures soient également ouvertes le dimanche. Pourquoi pas, puisqu’on est dans un Etat laïque? Dominique de Villepin à l’époque où il était Premier Ministre avait émis le souhait que les administrations ouvertes au public le soient sur des plages d’horaires plus larges. Il n’avait pas parlé du dimanche, mais le poblème des horaires de travail ne se limite pas au dimanche, le travail de nuit ou le samedi pose également des problèmes de même nature, notamment pour les familles.
Pourtant, sortir de ce débat pourrait être envisageable, et cela sous deux conditions:
- Première condition: fixer une bonne fois pour toutes des horaires standard, qui prennent en compte l’horaire de la société en général (ouverture/fermeture des écoles, horaires diurnes…), soit de 8h du matin à 19h, c’est-à -dire une tranche de 10 heures pendant laquelle l’employeur peut fixer librement son horaire de base en respectant la législation sur le temps de travail (35h), soit par exemple, de 8h à 17h avec 1 heure de pause déjeuner, ou 9h à 17h30 avec une demi-heure depause déjeuner, etc… Et ce du lundi au vendredi.
En dehors de ces horaires, une majoration devrait être versée au salarié, par exemple si l’employeur souhaite le retenir jusqu’à 20h, le salarié toucherait 10% de plus sur la dernière heure travaillée. 10% ou davantage, selon un barême à fixer entre syndicats et patronat, le but étant que le travail du dimanche soit rémunéré de façon suffisamment attractive pour l’employé, et de façon suffisamment dissuasive pour l’employeur pour qu’il n’abuse pas de sa main d’oeuvre si son activité ne lui permet pas de rentabiliser ses charges de personnel dominical.
- Deuxième condition: que la base du volontariat soit effectivement respectée par l’employeur. Toute forme de discrimination vis-à -vis d’un employé qui n’aurait pas accepté de venir travailler en dehors des horaires cadre ne saurait être un motif de licenciement ou d’absence de promotion au sein de l’entreprise.
Le dimanche, ainsi que le samedi et le week-end en général doit être un repère pour la société, un rendez-vous donné aux autres, parents, amis, voisins, pour échanger et communiquer. Enfermé dans le carcan du travail 7 jours sur 7, ou même « libéré » alors que les autres ne le sont pas, n’est pas une situation très envieuse, et à long terme, la motivation même des personnels pourraient en être affectée. Tout comme le salaire, le temps libre ménagé par l’employeur est un facteur de bien-être de l’employé, le dénier serait une grave erreur, car quand le salarié se remet en question et qu’il réflechit au sens de la vie, sa réponse il ne la trouve que rarement dans son imaginaire professionnel, mais plutôt dans ce qu’il puise lorsqu’il est au repos, entouré des siens.
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*Sunday working sunday: dimanche travailler dimanche
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