Pour l’ouverture du marché du découvert bancaire à la concurrence
Posté par Philippe Baron - 8 mai 2009 à 10:03Quelques années en arrière, le Crédit Mutuel s’affichait encore en tant que « CMDP », pour Caisse Mutuelle de Dépôt et de Prêt. La banque a finalement opté pour un nom commercial plus parlant, mais les deux abréviations désormais orhelines n’en sont pas moins importantes. Il s’agit surtout du fait qu’elles sont réunies côte à côte, sous la bannière du mutualisme, car l’ambition des fondateurs du Crédit Mutuel et de sa jumelle allemande la Raiffeisenbank était de garantir aux adhérents un traitement équitable pour les activités de dépôt et de prêt, puisqu’ils sont eux-même sociétaires de l’entreprise. Des valeurs plus que jamais d’actualité en ces temps de crise, et qui ont certainement contribué à mettre à l’abri la Credit Mutuel des secousses de la crise, par rapport à la concurrence du moins.
Mais pour restaurer la confiance, ne faudrait-il pas aller plus loin aujourd’hui et complètement dissocier les activités de dépôt et de prêt. En effet, lorqu’une banque cumule les deux activités, son seul souci vis-à -vis de la situation financière de ses clients est la solvabilité. Qu’il soit à découvert ou en positif sur son compte, peu importe pour la banque qui gagne sur tous les tableaux. Or en ces temps difficiles, le particulier est en droit d’en attendre plus, notamment dans le but d’améliorer son pouvoir d’achat. Si la même banque n’était pas celle du dépôt et du prêt, lorsqu’un client est à découvert, la banque de dépôt s’efforcerait de faire le maximum pour que la personne revienne dans le vert en prodiguant des conseils personnalisés par exemple: le conseiller pourrait analyser la consommation de ses clients en analysant les relevés de compte et donner des conseils de gestion, proposer des idées pour faire des economies, apporter une aide juridique, déceler les opportunités et les menaces qui guettent les budgets des ménages, etc. Son but étant ici de maximiser les dépôts afin de disposer d’importantes liquidités qui seront placées en produits financiers divers, à l’exception du financement des comptes négatifs de ses clients.
La situation présente esten fait un abus de position dominante. Le client dépose son argent dans une banque mais n’a pas le choix lorsqu’il est à découvert, il doit passer par la même banque. Le choix d’une banque concurrente à ce stade n’est pas permis, alors que la mise en concurrence des divers organismes de crédit pourrait contribuer à faire baisser les charges qui pèsent sur le client.
Il existe donc deux voies possibles, la première consistant à séparer les activités de dépôt et de prêt, quitte à exercer l’activité de dépôt pour les particuliers et l’activité de prêt pour les entreprises seulement, ou vice versa, et la seconde à mettre en concurrence les organismes de crédit lorsque le client d’une banque est à découvert. En tout cas, le mélange des genres ici devient de lus en plus discutables, car même la solvabilité que chaque banque devrait défendre n’est plus garantie par celles-ci, qui préfèrent vendre les produits financiers du moment, même si ceux-ci comportent des risques qui peuvent s’avérer fatals. En tout cas, la cote de popularité de nos amis banquiers auraient bien besoin de tels aménagements qui les réconcilieraient définitivement avec les citoyens.
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