Petite psychanalyse du Socialisme à la française
Posté par Philippe Baron - 26 nov 2008 à 19:27A la lumière des derniers évènements survenus avant, pendant et après le congrès de Reims du PS, il ne fait plus aucun doute que ce grand parti emblématique de la démocratie française est en train de traverser une grande crise politique, certes, mais désormais on peut y ajouter une composante psychologique forte, voire dominante. Voire psychiatrique, puisqu’un diagnostic en profondeur permettrait de révéler la très forte dualité du mouvement (tendance socialo-marxiste et tendance sociale démocrate), symptome évident d’une grande schizophrénie.
Lorsque François Mitterand était comparé à Dieu, surtout au cours de ses deux septennats, c’était une boutade. Aujourd’hui l’analogie entre religion chrétienne et socialisme ne fait plus aucun doute. A l’époque, de 1981 jusqu’au référendum sur le Traité de Maastricht, l’unité socialiste était préservée, du moins en façade, puisque le Président en exercice à l’époque, comme l’actuel d’ailleurs, tenait son parti d’une main de fer. Aujourd’hui Dieu est mort et les anges se disputent l’héritage.
La situation actuelle fait penser à l’Eglise Catholique au moment des grands schismes. D’un côté, on souhaite la réforme, de l’autre, l’orthodoxie. Et Martine Aubry? C’est le Pape? Allons nous assister à une Saint Barthélémy de la Gauche française?
Cette dernière option est largement répandu dans les partis totalitaires, du NSDAP d’Adolf Hitler (Nuit des Long Couteaux) au ménage fait par Saddam Hussein peu après son entrée en fonction. Et la liste est longue. existe-t-il d’autres alternatives que le crime de sang? Certainement, mais si le PS les connaissait, ne les aurait-il pas déjà appliquées? C’est donc une guerre d’usure, chacun tapi dans sa tranchée, auquel les héritiers de Jaurès auront à se livrer. Il faudra donc attendre la retraite des vieux éléphants pour voir un PS à nouveau rabiboché. Seul des victoires lors de grandes échéances nationales permettrait au PS de se remettre sur les rails. Or que voit-on: une aile gauche qui thésaurise la pensée marxiste mais incapable de séduire une majorité de l’electorat (même si le climat de crise penche en sa faveur), et de l’autre une aile libérale (osons le mot, mais juste pour faire opposition à la tendance gaucho-marxiste) qui a besoin de sa base militante pour s’imposer face à l’activisme et au discours ultra rodés de la droite au pouvoir.
Dans ce contexte, seul un homme providentiel (ou une femme) peut prétendre à rassembler tous les socialistes français. On attendait Bertrand Delanoë, mais en dépit de sa popularité, il ne convainc pas. Le dauphin désigné, Lionel Jospin peut-il se remettre de sa défaite de 2002? Ce sera à n’en pas douter l’option que beaucoup défendront en interne, car il a la légitimité, tel un frère aîné, et il est à l’écart des querelles et revient dans le giron, tel un fils prodigue.
Ségolène Royal a donc raison de s’inspirer de la Bible car on le voit bien, en plus d’être un Parti qui se veut « humaniste », le Parti socialiste est tel l’Eglise chrétienne en 100 après Jesus-Christ, lorsque les témoins oculaires ont disparu et que l’interprétation des Textes sacrés commence… et ne finit pas 20 siècles plus tard. Battue au poste de Premier Secrétaire, certainement en raison de son discours heurtant les militant les plus laïques voire anti-cléricaux, Ségolène royal n’en a pas moins trouvé là une forme de pensée qui convient à la majorité silencieuse des Français. En se positionnant dès maintenant comme candidate pour les élections de 2012, elle montre sa détermination a faire triompher cette pensée, telle une Jeanne d’Arc se battant farouchement pour son pays et ses idées. Au moment de vérité, chaque électeur examinera sa conscience, et c’est déjà pas mal.
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