Manifeste Pour Une Justice Républicaine
Posté par Philippe Baron - 28 avr 2009 à 14:51La chose publique s’appelle ainsi à cause de la complexité de sa nature: tellement indescriptible qu’elle en est réduite à l’état de chose, sans plus de précisions, car définir, c’est forcément limiter. La définition repose donc entièrement sur la notion de « public », ce qui laisse entrevoir que ce concept de République découle directement de l’Humanisme des Lumières, voire d’un Humanisme antérieur encore, mais toujours fondé sur le caractère sacré de l’Humain, du respect de la dignité humaine, de son integrité physique et de son potentiel à s’améliorer afin de donner suite à l’évolution tel que l’Histoire nous la retrace de nos origines à nos jours.
L’un des préceptes fondateur de cet humanisme républicain, ce sont les Droits de l’Homme et du Citoyen, et ces notions de liberté, d’égalité et de fraternité. Dans ce contexte philosophique, qu’est-ce qui justifie le pouvoir des juges en matière de décision pénale? En d’autres termes, de quel droit une cour de justice peut-elle décider de priver de liberté un individu? Il s’agit bien sûr d’une procédure extrêmement encadrée, où la défense a tout lieu d’expliquer, d’argumenter, de produire des élements à décharge pour l’accusé. Pour autant, le verdict apparaît comme une sanction: un jugement de valeur qui ne prend pas en compte l’aspect humain de la condamnation, faisant tout simplement de l’accusé une victime. La décision de justice est perçue comme un châtiment. Dans notre République laïque, la justice se substitue donc à Dieu et porte un jugement moral sur les actes des citoyens, car l’existence de Dieu n’étant pas prouvée, et donc le châtiment post-mortem étant purement hypothétique, il est donc juste de prononcer ici-bas une sanction à la hauteur du crime commis. Voilà résumée la philosophie de la justice française en ce début de XXIe siècle. N’est-il pas un peu obsolète? N’y a-t-il pas quelque chose qui cloche dans ce raisonnement? Surtout au vu des nombreux problèmes qui découlent de l’enfermemement systématique: suicide, promiscuité, viols, mauvais traitements et dans bien des cas, la récidive. Mais que faire, si l’on veut maintenir la paix civile et la sécurité? Peut-être pourrions-nous commencer à percevoir la justice non pas comme un instrument de châtiment, mais au contraire comme un service public, tant pour les victimes que pour les citoyens jugés eux-même.
Pour parvenir à réviser notre point de vue sur la Justice, il faut commencer à visualiser une société dans laquelle il n’y aurait plus de système judiciaire: les prisonniers neutralisés par les services de police seraient relâchés, au grand dam des victimes et de leurs proches. Que se passerait-il ensuite? Un phénomène naturel appellé la vindicte populaire. Du petit cambrioleur au grand escroc, du braqueur de banque au dealer, du violeur au pédophile, ils seraient tous visés par des victimes organisés en milice armées prêtes à se faire justice eux-mêmes, avec tous les débordements que cela implique. Vu sous cet angle, la justice dans une démocratie sert avant tout à éviter cela. On peut même dire que son rôle est dans un premier temps de protéger l’auteur des faits d’une éventuelle agression de la part d’une victime en colère, ou de tout autre personne affectée par le délit commis.
En allant un peu plus loin, il suffirait de limiter le rôle de laj ustice à cette notion de protection pour envisager une redéfinition du rôle du juge. Il ne s’agirait plus de punir en rendant un verdict, mais d’estimer le temps necessaire pour s’assurer que les parties civiles et leurs soutiens ne soient plus tentés d’avoir recours à la violence pour se venger d’un drame survenu à cause de l’accusé. La difficulté ici réside dans le fait qu’il est beaucoup plus facile pour une juridiction de recourir à des effets pour envelopper le verdict d’une dimension punitive, plutôt que de se poser la question à chaud de la durée d’un chagrin d’une mère, d’un père pour son enfant disparu par exemple. Pourtant, au fil des ans, le deuil se fait. Une famille touchée par un drame où il y a une responsabilité mise en évidence doit tourner la page pour avancer. La perte d’un proche fait partie de la vie, mais c’est tellement facile à dire et tellement dur à vivre qu’il est parfoir préférable de se dire que puisqu’on a le droit de jeter une personne en prison pour un crime, autant le faire pour se sentir soulagé de ce poids. Pour autant, comme le souligne volontiers la défense à quasiment chaque procès, le fait de condamner quelqu’un ne ramène pas à la vie l’être cher. De plus, la prison n’est plus simplement synonyme de privation de libertés. Les rapports successifs, les témoignages, les livres d’ex-taulards révèlent que la vie en prison est un enfer permanent, faisant d’une peine de prison une peine multiple: coups, intimidation, racket, viol, autant de brimades et de blessures profondes qui viennent alourdir la sentence prononcée par la cour de justice. Pourtant aucun ne juge en prononçant le verdict final ne précise que l’accusé reconnu coupable est condamné à X années de prison, ou à se suicider entre ses quatre murs.
La prison doit donc être un lieu qui protège avant tout l’intégrité physique et morale de l’individu qui y est enfermé, afin de l’aider sur le chemin de la rédemption, du pardon et de l’intégration après sa sortie. Et le magistrat ne doit pas juger le coeur des hommes mais prendre en compte la gravité des faits et le degré des responsabilité de l’accusé pour déterminer en fonction de critères psychologiques objectifs et de manière très technique la durée pendant laquelle l’accusé serait susceptible d’être à son tour victime de représailles. Si l’accusé représente une menace pour la société, ce que peuvent établir des experts, là encore ce n’est pas un châtiment qu’il faut appliquer, mais une mesure de sûreté qui consistera à maintenir l’individu récalcitrant en détention, avec obligation de soins, car le fait de ne pas pouvoir maitriser son agressivité est assurément une forme de démence.
En changeant notre manière de voir la justice, et en considérant la prison non pas comme un enfer sur terre mais un lieu d’accueil pour personnes en danger, la question de la surpopulation carcérale trouve là des réponses à sa crise actuelle. combien de délinquants croupissent dans des cellules alors que les victimes sont passées à autre chose. Peut-être même qu’elles auront pardonné et s’inquiètent du sort des personnes contre qui elles avaient porté plainte.
L’Etat lui-même peut pardonner, comme le Président de la République qui à l’occasion d’un 14 juillet ou des Fêtes de fin d’année accorde sa grâce à quelques chanceux. Car le fait de libérer des gens a pour conséquence première de libérer de l’espace, de créer des conditions d’enfermement un peu plus dignes, de soulager le travail des fonctionnaires qui travaillent dans ces centrales ou ces maisons d’arrêt. La rancoeur, l’habitude et l’autoritarisme ont des prix bien lourds à payer, et malheur à celui qui faute, quelles que soient les circonstances, le vécu de la personne et les maux dont il a été lui-même victime. La défense tentera bien de faire baisser le tarif, mais au final lorsqu’on a commis une infraction, à nouveau la morale sévit, aucune excuse n’est admise, la tolérance zero est de rigueur, et ceux qui ont ce pouvoir de décider du sort d’un prévenu savent-ils seulement que peut-être que oui, Dieu existe et qu’eux aussi pourront faire l’objet d’un procès un jour, et peut-être même de leur vivant. Cela arrive parfois, il serait interessant d’avoir l’avis de ce juge d’instruction, Fabrice Burgaud, reconnu coupable d’avoir envoyé à tort une série d’accusés en prison pour actes pédophiles…
Le karma de nos emplois
Posté par Philippe Baron - 22 avr 2009 à 15:20Alors que s’achève la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée, dite Durban II, dans un climat de désunion affiché (boycott des délégations US et israeliennes, propos orientés – et discutables - du président iranien Mahmoud Ahmadinejad), ce qui est un comble pour un sommet placé sous l’égide des « Nations unies », le simple citoyen peut se demander à quoi tout cela rime, puisque d’une part aucune action ne découle de la déclaration finale, notamment sur les conflits en cours ayant pour toile de fond des rivalités entre ethnies (Darfour, Côte d’Ivoire, République Démocratique du Congo…), et d’autre part, la priorité actuelle ne devrait-elle pas légitimement revenir au traitement de la crise financière qui menace directement nos emplois et, nous le savons, rien de tel qu’une crise économique pour exacerber le sentiment nationaliste et xénophobe (Allemagne années 30, etc.). D’ailleurs, le G20 a eu un impact beaucoup plus significatif sur l’opinion mondiale que Durban II, car à la clé, ce sont plus de 1000 milliards de Dollars qui ont été débloqués pour relancer l’économie mondiale. Pur les « potes » victimes du racisme au quotidien, ce ne seront que des mots, choisis dans le vocabulaire onusien de manière à ne froisser personne. S’il y avait eu un régime ouvertement raciste à l’heure actuelle encore en activité sur cette planète, il y aurait eu consensus très certainement. Mais le phénomène du racisme n’est plus une affaire d’Etat, comme il pouvait l’être encore en Afrique du Sud avant la fin de l’Apartheid. Le racisme est un problème de société, sur lequel les Etats peuvent agir indirectement, mais c’est avant tout un effort de chacun pour dépasser et faire dépasser les préjugés qui subsistent encore, malgré les leçons du passé.
Pourtant, le racisme est à l’origine de bien des maux, y compris au niveau économique. Le repli identitaire empêche en effet de voir l’impact de notre attitude sur les populations les plus fragiles, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de nos frontières. La pire attitude consiste à rester indifférent à la détresse des pays les moins avancés. Nos vieux préjugés, hérités de notre passé colonial, nous poussent à penser que cette situation est normale, que c’est parce que « l’Africain n’est pas encore rentré dans l’Histoire », alors qu’au contraire, il en est à l’origine, et aujourd’hui nous le traitons toujours en esclave en semi-liberté, placé sous le contrôle des multinationales qui puisent dans ces pays les matières premières à leurs bénéfices exponentiels.
Un exemple saisissant illustre ce racisme ordinaire, teinté d’ignorance et de fausse bonne conscience. Lors de l’émission ‘On n’est pas couché’ animé par Laurent Ruquier le 4 avril 2009, le chroniqueur Eric Zemmour s’en est pris à l’ex-juge Eva Joly qui avait instruit de nombreuses affaires de corruption dans des pays africains. Pour lui, condamner la corruption dans ces pays-là revenait à laisser le champ libre aux entreprises américaines (voir l’integralité de l’interview ici: http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=22442). Mais qu’est ce qu’il en sait? De source sûre, il se trouve justement que dans un pays africain, une entreprise candienne doit renoncer à un marché dans le domaine du transport car l’actionnaire principal ne souhaite pas faire figurer dans son bilan de façon détournée des sommes affectées à la corruption de fonctionnaires locaux. en effet, notamment depuis l’affaire Enron, les entreprises Nord Américaines sont excessivement prudentes avec l’argent « sale », le maquillage des comptes, etc. On rappelle que suite à l’affaire Enron, c’est toute la société Andersen Consulting, dont la fonction est d’auditer les comptes de ses clients, qui a du mettre la clé sous la porte. Aux US, reproduire un tel scenario est à exclure définitivement. Mais qu’en est-il en France? Les entreprises françaises (Bouygues, Total, Areva, Bourbon, Bolloré, Technip…) seraient-elles encore présentes sur le continent africain si les normes comptables devaient être respectées à la lettre? En effet, quel est le meilleur moyen d’encourager la corruption? Y céder ou la refuser? Cette entreprise canadienne a fait son choix, tirant un trait sur de juteux contrats et laissant la place à son concurrent français. Mais ces normes comptables s’internationalisent et l’impunité pour de telles pratiques, mêmes couvertes par des pseudo-intellectuels de droite français, ne devrait pas durer, si toutefois l’indépendance de la justice continue être garantie dans notre pays.
Car au final, la corruption, même si elle génère des revenus pour quelques privilégiés, est largement responsable de la situation catastrophique de ces pays, qui du coup ne peuvent pas avoir accès aux biens de consommation, même les plus élémentaires. En l’absence de débouchés, ce sont donc directement des emplois dans les pays producteurs et exportateurs qui sont touchés. Bien sûr, sur le marché africain ce ne sont pas tellement des produits « made in France » qui sont convoités, mais des articles plus abordables, fabriqués en Chine ou dans d’autres pays d’Asie du Sud-Est. Mais là aussi, un certain racisme sévit, et on en parle peu, car il s’agit d’un racisme davantage « social » qu’ethnique.
En effet, comment expliquer que la Chine ce soit l’eldorado des exportateurs européens, alors que ce pays arrive à produire avec les coûts de main d’oeuvre les plus bas de la planète? La réponse est que le « marché » chinois, ce sont les 150 millions de personnes assimilées à la classe moyenne, qui dispose au moins d’un niveau de vie comparable au notre (environ $1000/mois), et qui a donc accès aux joies de la société de consommation: logement, véhicule, équipement, voyages… Les 90% de la population restante est confinée aux tâches subalternes, avec salaire de misère et précarité absolue. Pour le Chinois privilégié, cet écart est justifié: ces nouveaux prolétaires sont des misérables paysans, sans éducation ni culture, qui doivent s’adapter à la vie moderne en passant par l’épreuve du labeur à l’atelier. D’ailleurs le pouvoir en place est largement complice, en maintenant une monnaie – le Yuan - artificiellement basse afin de rester compétitif à l’export, quitte à continuer à sous-payer le travailleur pauvre. Peu importe, puisque cette politique permet à la classe dirigeante d’inonder les circuits de distribution du monde entier de leurs produits.
D’autres exemples de par le monde montrent que c’est encore le malheur des uns qui fait le bonheur des autres, alors même que des solutions existent pour enrayer ces cercles vicieux, puisqu’enrichir son voisin, c’est avant tout en faire un client, un partenaire. Nous ne parlerons pas non plus des autres formes de discrimination, envers les femmes ou les homosexuels, qui font que beaucoup de pays dans le monde restent en marge de la grande civilisation globale que peut-être certains utopistes présents lors de la conférence Durban II ont tenté de défendre, en vain. Mais si les médias et l’ensemble des personnes concernées mettaient en évidence la relation étroite qui existe entre haine de l’autre et précarité, peut-être que les opinions commenceraient à changer. Les conflits d’intérêts qui opposent à l’heure actuelle les etats montrent que nous en sommes encore très loin.
Expo : « Les minorités nationales, souffle de diversité, souffle d’Europe »
Posté par Philippe Baron - 17 avr 2009 à 10:53Plaquette Exposition Minorites
La convention-cadre pour la protection des minorités nationale, entrée en vigueur le 01 février 1998, est l’un des traités les plus complets ayant pour objet la protection des droits des personnes appartenant à des minorités nationales.
C’est au travers d’un reportage en Vojvodine, que le photographe Sandro Weltin est allé à la rencontre des nombreuses minorités de cette région de Serbie, pour tenter de saisir cette réalité d’identités complexes. Cette exposition offre un regard sur ces minorités nationales qui sont parties prenantes d’une Europe diverse et multiculturelle.
Pot de finissage le vendredi 17 avril à 18 h 30, en présence des artistes
Entrée libre
Exposition ouverte du mardi au vendredi, de 14 h à 20 h et tous les jours de représentation (samedi, dimanche et lundi inclus) de 14 h à l’issue des spectacles
MAILLON-WACKEN
PARC DES EXPOSITIONS
PLACE DU WACKEN
STRASBOURG
TÉL. 03 88 27 61 81
WWW.LE-MAILLON.COM
Renseignements sur le site du conseil de l’Europe www.coe.int/MinoritiesExpo
Le grand casting de la politique française
Posté par Philippe Baron - 7 avr 2009 à 15:15Sans méthode réellement scientifique mais sur un panel de 7000 personnes (tous internautes, ce qui fausse légèrement les critères de représentativité), le journal gratuit Metro et la radio RMC ont organisé un sondage pour déterminer les personnalités du monde politique (au sens large) les plus à -même de conduire le pays à travers cette crise que nous traversons actuellement. Et voici le résultat:
- Premier Ministre: François Bayrou 48 %
- Ministre de l’Éducation: Ségolène Royal 40 %
- Ministre de la Santé : Patrick Pelloux 42 %
- Ministre de l’Intérieur : Manuel Valls 55 %
- Ministre de la Culture : Bernard Pivot 46 %
- Ministre de la Justice : Robert Badinter 43 %
- Ministre de l’Économie et de l’Emploi: Dominique Strauss-Khan 61 %
- Ministre des Affaires Etrangères: Dominique De Villepin 56 %
- Ministre de l’Écologie: Nathalie Kosciusko-Morizet 42 %
- Ministre de l’Intégration: Rama Yade 45 %
- Ministre des Sports: Yannick Noah 37 %
A la lecture des résultats, on ressent le malaise d’une partie de la population vis-à -vis des choix politiques exprimés lors de la dernière élection présidentielle. A part les deux « copines » du gouvernement, Nathalie Kozciusko-Morizet et Rama Yade, aucun membre du gouvernement actuel. Et on notera l’absence de Bernard Kouchner, pourtant plébiscité lors de chaque consultation pour élire l’homme politique le plus populaire. Aucune personnalité issue de l’UMP non plus, si ce n’est un certain Dominique Marie François René Galouzeau de Villepin, plus connu sous le nom de Dominique de Villepin.
C’est donc François Bayrou, un opposant modéré, qui montre qu’entre un gauchisme forcené (Besancenot) et un libéralisme à l’efficacité aujourd’hui complètement remise en question, il existe un espace cohérent et réaliste qui sans changer le monde mettra tout de même une dose de bonne gestion et d’honnêteté intellectuelle (voire d’honnêteté tout court) dans un monde politique qui ne bouge plus que sous les caméras dociles des grands médias et aux micros des journalistes complaisants. Face à Nicolas Sarkozy, François Bayrou se veut le tenant d’une autre voie pour gouverner le pays, sans toutefois remettre en cause en profondeur les institutions, les règles de l’économie, les traités internationaux (l’adhésion à l’Union Européenne…), l’Etat de Droit, la Constitution, etc.
Pour l’accompagner dans sa mission, les participants à l’enquête ont choisi des personnalités fortes: Ségolène Royal, Dominique de Villepin, tous deux minoritaires dans leur propre camp, mais jouissant d’une cote de popularité élevée auprès des français. Mais peut-on imaginer une équipe formée d’invidualités aussi marquées et marquantes? Peut-on faire cohabiter une Ségolène Royal qui n’hésite pas à intervenir sur tous les sujets, dans tous les pays alors qu’elle n’est « que » présidente de la région Poitou-Charentes avec un Dominique de Villepin, l’homme du CPE, aujourd’hui sans mandat mais disant tout haut ce que l’ancien Président pense tout bas?
Ces personnalités accepteraient-elles de revenir dans l’executif avec un simple portefeuille ministeriel? Dominique de Villepin se baignerait-il deux fois dans le même fleuve? Et Ségolène Royal s’attaquerait-elle au mammouth, au risque de voir sa cote – notamment aupres des enseignants majoritairement PS – s’écrouler définitivement? Endosser des responsabilités à un moment critique, ce serait une belle leçon de courage politique. Encore faut-il que ce courage soit suivi d’une action réfléchie et performante.
L’ennui c’est qu’un tel gouvernement ne pourrait voir le jour qu’en… 2012! A moins d’une dissolution (et comptons sur notre Président actuel pour ne pas (re-)faire cette erreur!), les prochaines élections législatives – et présidentielles – sont prévues pour 2012. D’ici là , les experts en économie, Dominique Strauss-Kahn en tête, prévoit une reprise de la croissance – à condition que le système bancaire soit assaini. Après l’annonce du G20 de remettre 1000 milliards de dollars sur la table, via un FMI aux pouvoirs renforcés, on peut raisonnablement espérer que d’ici 3 ans, les choses auront en effet mûri, les perspectives se seront embellies et le pouvoir actuel pourra tirer un bilan extrêmement flatteur, puisque ce n’est personne d’autre que lui, notre président, qui nous aura sorti du pétrin, qui aura pesé dans les rencontres internationales pour imposer les solutions qu’il préconisait et qui sera donc brillament réélu au terme d’une campagne menée tambour battant, fidèle à sa réputation et à ses habitudes.
De plus, le résultat du sondage ne dit pas quelle personnalité pour être Président. Peut-être les internautes auraient-ils répondu Sarkozy? En tout cas, si ce n’est pas le cas et qu’autant de gens en France souhaitent changer radicalement de gouvernement, il ne reste plus que la manière forte. Certains ont déjà commencé à Strasbourg lors du sommet de l’OTAN, mais ces manifestants partagent-ils les mêmes utopies que l’internaute moyen? Et celui-ci pourra-t-il un jour passer du clavier au pavé? En tout cas en voici toujours un de plus, dans la mare, aux canards, et pas enchaîné non plus celui-là . A bon entendeur…
Légiférer les consciences
Posté par Philippe Baron - 31 mar 2009 à 15:02La régulation devient le maître-mot en ces temps de crise économique mais le G20 qui se prépare à Londres ne sera certainement pas suffisant à mettre tout le monde d’accord sur les mesures à prendre, le calendrier, le dosage, les moyens, les ressources, les outils, la communication, etc. Le chantier est énorme: assainir le systeme financier, débarasser les paradis fiscaux de l’argent sale, et surtout réguler le marché.
Ce marché qui obéit à la seule loi de l’offre et de la demande, ce marché responsable des délocalisations, ce marché enfin qui permet aux actionnaires de tirer les dividendes de leurs apports en capital, avec pour seul mot d’ordre la maximisation des profits. Réguler le marché, c’est donc avant tout responsabiliser l’actionnariat des entreprises, en leur faisant prendre conscience que si les conditions sont réunies pour que leurs affaires prospères, c’est avant tout grâce à des Etats forts, capables d’assurer la sécurité des biens et des personnes, de mettre à la disposition de ces mêmes biens et personnes des infrastructures de transport, de formation, de santé, etc.
Jusqu’à présent, la concurrence des pays émergents était relativement limitée et même si une pression concurrentielle pouvait s’exercer, les dirigeants d’entreprises n’avaient recours aux délocalisations que dans des cas extrêmes ou lorsque le pays hôte avait déjà les qualités requises pour assurer une production fiable et comparable au pays ainsi délocalisé. Mais aujourd’hui les circuits d’expatriation de l’outil de travail et les réseaux de transport internationaux facilitent l’installation des nouveaux centres de production dans les pays à ayant une main d’oeuvre bon marché. La nouvelle conception du management dans un environnement mondialisé ordonne donc à tout décideur de ne se baser que sur des calculs financiers pour une telle opération, sans consulter sa conscience, qui lui dirait peut-être de se battre pour faire rester son usine en Europe.
Cet état de fait soulève l’indignation dans les pays occidentaux et la démocratie étant ce qu’elle est, les pouvoirs publics vont désormais se mettre à barricader le système au maximum, contraignant autant que faire se peut les entreprises à ne pas délocaliser, à ne pas licencier, à ne pas fournir des parachutes dorés, ni des bonus lorsque la société a reçu des fonds publics. c’est donc une négociation à tous les étages qui s’enclenche: entre Etats pour que les règles soient les mêmes partout, et entre partenaires sociaux pour que d’une part les salariés puissent continuer à vivre dignement de leur travail et pour que les entreprises puissent tout de même dégager des profits, faute de quoi elles devront mettre la clé sous la porte et licencier l’ensemble des employés.
Les parlements de nos démocraties vont donc s’evertuer à faire passer des lois dans ce sens. Et avec un peu de bonne foi, une connaissance du Droit, et beaucoup de sueur, ces textes seront promulgués et appliqués, et la situation deviendra normale. Mais on le sait, les personnes, physiques ou morales, qui disposent de moyens financiers importants finissent toujours par trouver des solutions alternatives, leur permettant d’échapper à la contrainte imposée par la société. On passe par des sociétés écran, des sous-filiales, des comptes numérotés à l’étranger et voilà que les heures de négociations avec les syndicats finissent par se réduire dans les faits comme une peau de chagrin.
La réaction classique à ce type de phénomène est la solidarité citoyenne, mue par le pouvoir de mobilisation des medias qui ne se priveront pas pour dénoncer les abus repérés çà et là . Associations de consomateurs ou d’usagers, syndicats, partis d’opposition prenant le relais pour lancer des appels au boycott s’en suivent. Mais combien d’affaires sont révélées dans la presse? Si peu que jamais la peur d’être démasqué n’a été un frein pour ceux qui prennent dans la caisse, exploitent la naïveté des consommateurs ou exploitent sans vergogne leur personnel. Une fois de plus, seul le profit compte.
La crise économique révèle donc une autre crise qui couvait depuis longtemps, qui est une crise morale, où les valeurs jadis défendues par les générations précédentes se délitent au profit de l’argent-roi. Une telle crise des valeurs ne devrait donc déboucher que sur une alternative entre deux issues possibles: soit une réaction violente type émeute/révolution/guerre, soit un retour au spirtuel, comme annoncé par Malraux au siècle dernier (« Le XXIe siecle sera spirituel ou ne sera pas »). Voire les deux comme c’est le cas au Moyen-Orient. En tout cas une bonne guerre a toujours eu un impact positif sur les affaires, et c’est si pratique de désigner un bouc émissaire et de lui faire payer le prix de la crise. Ce serait un remake de « L’Empire contre-attaque », qui rappelerait la stratégie de Napoléon 1er qui n’hésitait pas à emprunter aux banquiers des fonds pour financer sa Grande Armée à des taux de. ..100%, sachant qu’apres une belle victoire, le butin permettra de rembourser le généreux créancier (un certain Rothschild par exemple…). Mais à cette époque là , ce n’était pas pour l’argent, mais pour la gloire. Si l’Empereur voyait à quoi ressemble ma gloire aujourd’hui, il se retournerait dans son tombeau des Invalides.
Patrons: tremblez, la gauche est de retour!
Posté par Philippe Baron - 17 mar 2009 à 14:46Et si le bourgeois en venait lui aussi à la contestation? Ne serait-ce pas là le prélude à la Révolution bis? 1789 n’a-t-il pas été l’aboutissement d’une accumulation d’abus de la part d’un pouvoir toujours plus égoïste de ses privilèges? Aujourd’hui, on dirait « bling-bling »: bling-bling les vacances au Mexique, bling-bling les bijoux, les robes, les montres, les lunettes, mais surtout bling-bling les mondanités, où l’on voit une Ministre de l’Economie en fonction s’extasier sur le Rallye Aïcha des Gazelles, où des ex-miss font le coup de volant dans le désert pour finir en robe de soirée chez le Roi du Maroc. Tout cela à l’heure où la crise frappe au plus fort au coeur du moral des ménages, à l’heure où les rejets de paiement sur les cartes de crédit sont au plus haut, où l’endettement se creuse et qu’aucune solution concrète ne permette de sortir durablement de la situation actuelle.
Dans ce contexte, que faut-il attendre, si ce n’est une exaspération de ceux qui avaient jusque là porté N. Sarkozy 1er au pouvoir? Un retournement de situation qui pourrait bien profiter à la gauche: une aubaine pour le Parti Socialiste qui trouve là matière à renflouer son fonds de commerce légèrement grignoté par la « gauche de la gauche », y compris certains transfuges comme Jean-Luc Mélanchon qui va tester aux élections européennes son tout nouveau costume d’épouvantail entre un Besancenot qui y croit plus que jamais, et qui joue le rebond en se débarassant de sa coquille trotskyste, laissant cela aux camarades de Lutte Ouvrière qui gère aussi la fin de carrière de la militante candidate Arlette Laguiller et entre un PS qui avait bien besoin de ça pour se remettre des guéguerres Ségolène/Martine et autres Lolo, Bertrand, Jack, etc.
D’ici 2012 cependant, tout devrait être prêt: un candidat pour la gauche parlementaire, au milieu de tout l’éventail compris entre les purs et durs de l’idéologie marxiste, les alter-mondialistes du NPA, les communistes canal historique (PCF), les socialistes souverainistes, les socialistes loyalistes, les radicaux de gauche, et peut-être jusqu’au Modem, dont la couleur orange pourrait prendre un coup de rouge au passage si les accointances possibles entre François Bayrou et Ségolène Royal se concrétisent.
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Ce sera aux Français de juger de quel intensité devra être l’electro-choc qui devra remettre le pays sur les rails: une dose façon chaise électrique pour Nicolas Sarkozy et la droite française? Avec un gouvernement « à Gauche toute » et un Besancenot Ministre aux côtés de 3 Communistes et un Fabius de retour aux affaires, flanqué d’un Emmanueli premier ministre? Et en route vers les déficits publics mais peu importe ce seront les riches qui paieront (et à part pour une seule personne sur cette planète, il y a toujours plus riche que soi). Ou un petit coup de jus avec un couple inédit Ségolène/François? Avec pour mot d’ordre « la réforme oui, la chienlit, non ». Tiens, tiens, ça sent le réchauffé ça, non? Et peut-on envisager le coup de tonnerre? Nicolas Sarkozy réélu? Pour cela il en faudrait plus que des couvertures de magazine et des Carla chez Jean-Pierre Foucault. Il faudrait en effet un opium bien plus puissant que des images, des mots ou des promesses. Un bilan par exemple, ou mieux: un projet. Mais un projet réaliste cette-fois. Les électeurs s’y laisseront-ils prendre à nouveau? Sont-ils encore comme en Mai 1968 ou1981, revanchards et prêts à secouer le riche pour en faire tomber les pièces de ses poches? La différence, c’est qu’aujourd’hui la notion de prolétariat dans ce pays est en voie de disparition, les Français appartiennent tous plus ou moins à la classe moyenne, ils sont aussi mieux informés, plus évolués qu’il y a vingt ou trente ans. Ils n’ont pas voulu du Front National qui voualit rejeter sur les immigrés la responsabilité de la situation. Ils n’ont pas voulu croire aux sirènes de la gauche qui promettait des lendemains qui chantent à coups de « y a qu’à » « faut qu’on » mais qui n’a pas su s’organiser au sein même de son propre camp.
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Aujourd’hui, les Français aspirent à vivre en harmonie avec le monde qui les entoure, pas seulement d’un point de vue écologique, mais aussi humain, politique: à savoir devenir des citoyens responsables, dans une société où les inégalités s’estompent au fur et à mesure que l’éducation des nouvelles générations se fait, une société où l’Etat assume son rôle de régulateur et de garant des libertés individuelles, enfin une société ou à défaut de transparence complète et globale, la justice, qu’elle soit civile, pénale ou sociale s’exerce de plein droit, avec une égalité de principe qui se vérifie à tous les niveaux, bref une civilisation moderne et réfléchie, qui tire vers le haut le reste du Monde.
L’ordre juste résonne aujourd’hui comme non plus un slogan partisan mais une necessité criante, mais est-ce que le fait d’avoir inventé le concept garantit que la personne -Ségolène Royal – qui l’a inventé soit la plus à -même de gouverner la France pour échapper à l’adversité de la conjoncture actuelle? Parce que si nous entendons aujourd’hui, des cours de récréation aux diverses manifestations de salariés préoccupés par leur situation, en passant par les cages d’escaliers des immeubles des cités de banlieue, des noms d’oiseaux à l’encontre du Chef de l’Etat, que cela sera-t-il si c’est une femme qui se retrouve à la tête de l’Etat? De biens vilaines paroles, qui feront autant de mal à lire ou à entendre que la vulgarité d’un « Nicolas fait l’amour à sa maman ».
Retour à la nature contre exode rural
Posté par Philippe Baron - 20 fév 2009 à 20:03Tout le monde connaît la phrase de Sully, Ministre des Finances du roi Henri IV, qui écrivait dans ses Mémoires ‘Labourage et pâturages sont les deux mamelles de la France ». Délicieusement désuète, le point de vue de Sully prend une tournure tout de suite plus actuelle lorsqu’on cite la phrase en entier: « Pâturage et labourage sont les deux mamelles dont la France est alimentée, les vraies mines et trésors du Pérou ». Si aujourd’hui l’Eldorado est un fantasme mort avec les civilisation pré-colombiennes, le mythe de l’or est encore toujours aussi présent dans l’inconscient collectif, a fortiori en temps de crise et les cours du métal précieux actuellement font prendre la mesure de la gravité de la situation présente.
La ruée vers l’or à laquelle nous assistons, conditionnée par le déficit de crédit des autres placements, est comparable aux autres ruées vers l’or, qui font oublier aux chercheurs de fortune les bases même de leur équilibre social et économique. Pour les plus chanceux, la pépite tant convoitée, pour les autres la paupérisation et le désespoir.
Alors que les Etats engouffrent des milliards dans d’hypothétiques plans de relance, ne serait-il pas temps de revenir aux fondamentaux, qui plus est dans un contexte de necessité écologique, qui font des villes des enfers livrés aux affres de la pollution sous toutes ses formes: atmosphère, eau, énergie…
Pourtant, combien sont-ils aujourd’hui à habiter dans des cités dortoirs alors même que leurs parents vivaient à la campagne, élevant du bétail, faisant pousser du grain? Et pourtant la Révolution Verte sensée nourrir la planète entière ne semble plus tenir ses promesses et d’un régime de surproduction en Europe, la situation bascule peu à peu vers une insuffisance chronique, faisant bondir les prix des matières premières agricoles: céréales, lait, fruits et légumes, viandes…
Tout en prenant garde à ne pas déroger aux traités sur le Commerce Mondial limitant les aides de l’Etat aux agriculteurs, ne faudrait-il pas réorienter les efforts des gouvernements européens vers une aide massive non pas à l’agriculture, mais aux zones rurales, permettant de réinjecter dans ces zones délaissées par les populations les plus jeunes, de la population active, des familles, des enfants, et donc un futur pour les services publics (Poste, écoles…), les services de santé, le petit commerce local (boulangeries, boucheries…), etc.
Les grandes villes parviennent à créer par exemple des zones franches, abaissant sensiblement les charges dès lors que le personnel réside dans les limites de la zone. Pourquoi limiter ces aides aux zones urbaines? Au contraire, il faudrait décourager les personnes issues de ces grands ensembles – de toutes façons voués à la démolition à terme – et les encourager à s’installer dans des zones rurales, en y recréant de l’emploi (agriculture, petite industrie, services…) grâce à une fiscalité attractive.
Ces immigrés que l’on est venu chercher Afrique du Nord, ces sans-papiers qui errent de petit boulot en petit boulot et au noir, ces réfugiés politiques asiatiques, afghans ou irakiens, ne sont-ils pas pour la plupart à la base des paysans? Des paysans qui ne demanderaient pas mieux que de travailler la terre pour un salaire décent plutot que de faire le sale boulot des français et vivre terrés comme des rats dans les villes?
L’autre conséquence, c’est aussi d’amener peu à peu une population exogène dans des contrées parfois difficiles, aux moeurs rudes et à la tolérance pas toujours très lisible. Pourtant, ce n’est pas en cantonnant les faciès différents dans les villes que le racisme latent et profond qui anime parfois certains de nos compatriotes tendra à disparaître, mais en contraire, en allant provoquer la différence, en créant du contact pour libérer l’électricité ambiante et finalement laisser passer l’orage et créer la société européenne de demain.
On le voit, apporter un rééquilibrage entre villes et campagnes est non seulement une nécessité écologique, une opportunité économique mais aussi une manière de recréer du lien social entre différentes composantes – parfois opposées – de la nation.
Signe des temps, Sully le super intendant des Finances qui a été l’un des argentiers les plus efficaces que la France ait connu, permettant à ses souverains de guerroyer partout en Europe sans se soucier de l’état du Tresor, ce grand serviteur de l’Etat donc, se vit finalement tomber en disgâce et du se contenter de la charge de gouverneur du Poitou. Comme une certaine Ségolène Royal… Faut-il y voir un signe?
Quel futur pour l’industrie automobile?
Posté par Philippe Baron - 11 fév 2009 à 14:35Toute crise est perçue comme une période difficile, où les mauvaises nouvelles s’enchaînent pour finalement se concrétiser sous la forme de plans de restructurations, pour ne pas dire licenciements, qui se traduisent ensuite socialement par des ménages fragilisés, peinant à assurer aux enfants au quotidien de quoi leur assurer un avenir meilleur.
Pourtant, certains n’hésitent pas à définir les crises comme avant tout des facteurs de mutation de la société. Le voir sous un angle si optimiste peut laisser penser que ces personnes ne subissent pas les dommages collatéraux de la crise énoncés plus haut. Mais en regardant les causes, les effets et surtout les remèdes des crises passées, on ne peut que finalement se résoudre à accepter la crise comme un signe de changement, foncièrement positif, au même titre que la concurrence pour une entreprise, qui face à l’adversité se doit de se réinventer en permanence, en redéfinissant sa stratégie en fonction des contraintes nouvelles.
A l’heure des bilans, l’industrie automobile est en crise dans tous les pays occidentaux, avec des chutes de ventes de voitures neuves sans précédent. Seuls quelques constructeurs, low-cost comme Dacia ou à l’inverse très haut-de-gamme parviennent à sortir leur épingle du jeu. Coincés entre des impératifs de baisse des coûts de production et une necessité de maintenir des prix de vente attractifs, les constructeurs européens et notamment français devront faire preuve d’imagination. Aujourd’hui, et ce depuis quelques années, c’est le design qui est mis en avant pour séduire le public. Tantôt clairement novateur, tantôt ultra-conformiste, les constructeurs jouent sur l’aspect du produit, tant au niveau des lignes que du concept du véhicule: monospaces compacts, coupés 5 portes, utilitaires de loisir, micro-citadine, break sportif, la notion de « crossover » (fusion de différents types de véhicules) est ce qui porte le marché actuel, très à l’écoute des besoins des consommateurs.
Aujourd’hui face à la crise, on peut se demander si ce marketing est-il bien utile et si on ne ferait pas de tout sacrifier aux coûts de production pour finalement ne se focaliser que sur le prix de vente. Mais ne serait-ce pas là un changement de stratégie qui n’apporterait rien de nouveau puisque le low-cost est un marché deja existant et sur lequel des constructeurs sont déjà bien positionnés. L’effet « image de marque » pourrait jouer (une Renault au prix d’une Dacia…), mais combien de temps avant que la marque ne se banalise? Même si un constructeur pourrait « recycler » dans le low-cost une de ses marques aujourd’hui inutilisée (Talbot), on le voit bien, l’image de marque dans l’automobile reste un élément essentiel du patrimoine de l’entreprise, une image de marque qui s’est forgée au cours des décennies à travers des victoires dans les sports mécaniques, des campagnes de publicité, des modèles mythiques, bref, une Histoire avec un grand H et il suffit de visiter certains musées de l’automobile pour s’en convaincre.
Alors aujourd’hui comment capitaliser sur cette marque pour conquérir de nouveaux marchés? C’est la question que ne se posent pas les constructeurs qui continuent à plancher sur les véhicules du futur, chasse aux émissions de carbone oblige. Pourtant, c’est là que se situent les relais de croissance: en dématerialisant le produit et en étendant le savoir-faire des entreprises à des domaines qui leur étaient jusque là étrangers.
Par exemple, la conception d’un véhicule se fait maintenant grâce à l’outil informatique et les images de synthèse. Pourquoi ne pas utiliser ce savoir-faire pour pénétrer l’univers du jeu video, grâce à un mix des deux à travers une simulation qui s’apparenterait à un jeu de stratégie dont le but serait de concevoir sa propre voiture, à la manière de ses jeux de voitures sur console où le joueur peut modifier les pièces, la couleur, la configuration, etc.
Couplé à un autre savoir-faire, celui du financement, cela peut rendre le jeu très interessant. Imaginez un enfant, plutôt que de lui acheter des jouets dont il finit par se lasser, les parents, les grands parents souscrivent à un abonnement par prélèvement automatique permettant de verser une somme de quelques euros tous les mois sur un compte bloqué et rémunéré et qui alimente le jeu de simulation de création de véhicule via Internet. Ainsi, en grandissant l’enfant peut déjà visualiser le véhicule qu’il pourra s’acquérir une fois son permis de conduire obtenu. Troc, bonus, jeux lui permettent de maximiser son budget. L’interactivité permet de faire remonter au constructeur les besoins des consommateurs de demain, et il créé un lien de fidélisation unique.
Ainsi, un enfant qui perçoit 40 euros par mois pendant 15 ans aura à ses 18 ans près de 8000 Euros, de quoi s’acheter sa première voiture. En epargnant moins, il attendra plus longtemps, le temps de passer son permis, trouver un emploi, etc… Les familles le font pour le logement (Plan epargne Logement), pourquoi pas le véhicule? Et pourquoi pas un coup de pouce de l’état comme pour le logement? (Défiscalisation)….
Ainsi, sans investir dans des centres de production coûteux et en se servant au maximum des compétences présentes en interne, les constructreurs pourront toucher de nouveaux consommateurs: les enfants et les grands parents, ils pourront compter sur des rentrées financières regulières et prévoir très longtemps à l’avance les modèles à produire dans les usines. Enfin, plutôt que de prêter de l’argent aux consommateurs, ils pourront disposer d’une importante source de financement pour des projets futurs, et préparer plus que jamais l’automobile de demain, qui non seulement ne polluera pas, mais ne tuera plus, car il n’est pas question de mettre entre les mains de nos enfants des armes, mais bien des objets de plaisir avant tout.
Obama Sapiens Sapiens…
Posté par Philippe Baron - 19 jan 2009 à 02:03Homo Sapiens Sapiens, voici le nom scientifique de l’espèce à laquelle appartient le 44eme Président des Etats-Unis d’Amérique. Et si vous lisez cet article, il y a de fortes chances que vous fassiez également partie de cette espèce. En fait, les connaissances scientifiques actuelles peremttent de dire que cette proportion de chances est de 100%. En fait, Barrack Obama, tout comme vous et moi, fait partie de l’espèce humaine, de genre mâle, donc un homme tout simplement.
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Bien sûr, il y a eu d’autres hommes avant lui qui ont suscité de l’espoir comme aujourd’hui Barrack Obama: de Jesus à Gandhi, de Mahomet à Nelson Mandela, et bien d’autres encore, mais ils n’étaient que des hommes, et c’est ce qui créait l’espoir parmi leurs contemporains et au-delà . Mais aujourd’hui, dans un contexte « multi-crise » (financière, économique, écologique, climatique, etc.), l’attente est énorme, et le candidat aujourd’hui élu n’est peut-être pas préparé à répondre à cette demande, tout comme son prédecesseur George W. Bush n’était pas prêt à gérer le choc du 11 septembre.
Nul doute qu’il s’inspirera sûrement de l’action du Président Sarkozy, qui sans afficher pour le moment des résultats concrets, semble être perçu de façon positive tant par les opinions publiques que les medias en général qui semblent bien être sous le charme d’un homme « d’action », mais en fait surtout très habile dans le discours et la manoeuvre politique. Avec son programme à lui, qui sera fait pour l’interieur de relance économique et pour l’extétieur de finir la présence US en Irak.
Mais sauf à capitaliser sur son image pour maintenir la confiance et l’illusion d’être une super-puissance, aura-t-il le temps – et la volonté – de réformer une société avant tout malade de ses excès? A commencer par l’absence d’éducation qui est la cause première de tous les maux de cette grande nation: crime, drogue, alcoolisme, malbouffe, pollution, etc. Le seul espoir vraiment réaliste est évidemment la fin des préjugés raciaux qui sévissent avec force dans ce qu’on appelle pourtant le melting-pot. Et c’est déjà énorme! Et pourquoi pas une révolution des mentalités qui pourrait d’ailleurs déboucher sur d’autres mini-révolutions dans tous les domaines.
D’ailleurs une crise comme celle que nous vivons est une période favorable pour remettre en question des vérités gravées dans le marbre depuis des années, voire des siècles. Et pourquoi pas une vraie révolution? La tension sociale est à son comble, les foyers de conflits se sont quasiment tous embrasés, la dépression économique couve partout, les gouvernements sont en panne de tout: liquidités, idées, soutien populaire…
Bref, un mandat qui s’annonce explosif pour le premier président Noir des Etats-Unis, qui sera de plus attendu au tournant par une très forte minorité blanche conservatrice, ainsi qu’une minorité noire qui ne l’a pas reconnu comme l’un des leurs à proprement parler, n’étant pas descendant d’esclaves. Il n’a d’ailleurs donné aucun signe à « sa » communauté, et ce sera très certainement l’un des moments forts des débuts de son mandat. Un moment certainement déjà pensé, soupesé et acté. Où l’on verra aussi si le programme du candidat Démocrate est à l’image de celui qui le porte ou un composite des lobbies qui ont financé sa campagne, ficelé par une armada de conseillers, qui lui ont déjà suggéré de renoncer à son Blackberry (téléphone portable) pour des raison de sécurité…
En tout cas les premiers jours, les premières semaines suivant son investiture seront passonantes à suivre, et l’on pourra peut-être déjà savoir si Barrack Obama pourra rentrer dans l’Histoire qutrement que seulement pour être le premier Président Américain de couleur, ce qui serait le comble pour quelqu’un qui aspire justement à l’abolition des résidus de ségrégation qui sévisse encore ça et là …
Strasbourg l’alsacienne, Strasbourg la française, Strasbourg l’européenne
Posté par Philippe Baron - 31 déc 2008 à 17:56Strasbourg: la ville des routes, telle pourrait être la traduction la plus judicieuse, et qui illustre parfaitement le rôle stratégique de cette ville aux mille visages, aux mille passés et aux mille devenirs…
Prenez une carte de l’Europe, visualisez les principales zones urbanisées (par exemple une photo satellite prise la nuit): un axe se dégage très nettement. Il va du nord de l’Italie (Milan, Turin…) aux Pays-Bas, en passant par la vallée du Rhône, la Suisse, et tout l’axe Rhénan jusqu’à Rotterdam. De part et d’autre, les zones urbanisées sont plus diffuses, plus espacées. Paris par exemple est une capitale isolée, au milieu d’un bassin essentiellement agricole. D’ailleurs Paris ne s’est-il pas construit autour du commerce lié à l’agriculture, les paysans ayant vendu leurs fruits et légumes ou leurs bestiaux sur les foires allant s’encanailler du côté de Pigalle, puis se rattrapaient en ramenant à leurs épouses toilettes et parfums qui firent la réputation de la Ville Lumière de par le monde… Un peu cliché me direz-vous mais le Salon de l’Agriculture n’est-il pas encore aujourd’hui la plus grande manifestation annuelle de la capitale?
Par contre Paris se situe sur une autre route qui vient croiser l’axe Rome-Londres encore une fois à Strasbourg. Ce second axe regroupe des villes plus espacées mais majeures sur le plan politique: de Lisbonne à Moscou, en passant par Madrid, Berlin, Varsovie… Alors que le premier axe est un axe historique et naturel, le second se dessine au fil du temps et de l’évolution des transports et des relations internationales. En ne cessant de grandir, il renforce la voûte européenne Sud-Ouest/Nord-Ouest.
Car en Europe, au-delà des clivages Nord/Sud et Est/Ouest, il faut davantage tenir compte des réalités historiques et culturelles qui viennent nuancer cette vision un peu simpliste. Si de tels clivages étaient réels, la construction européenne aurait-elle pu réellement s’effectuer avec des pays Nordiques et des pays Méditerannéens? Par exemple l’Italie, pays « latin » conserve au Nord des populations de tradition germanique (Tirol), tout comme les Roumains sont culturellement plus latins que slaves…
Ce qui est interessant lorsqu’on prolonge l’axe Sud-Est/Nord-Ouest, c’est qu’à chaque extrêmité, on y trouve des régions qui ont un cruel besoin d’Europe: l’Ulster au Nord-Ouest et les Balkans au Sud-Est. Renforcer cette ligne de force, et la prolonger permettrait d’englober davantage des peuples fragilisés au sein d’une communauté soucieuse de leur sécurité et de leur épanouissement.
Le souci du maintien de la paix est à l’origine de l’Europe politique, car l’expérience a démontré qu’elle n’est jamais vraiment acquise. La crise (financière, économique…) actuelle pourrait fragiliser des relations déjà parfois compliquées y compris entre pays membres de l’UE. Les tensions entre Ukraine et Russie le montrent, tout comme la crise Géorgienne de l’été 2008. Dans ce contexte, les problèmes interculturels rencontrés par nos amis Belges sont un mauvais exemple, et la position de Bruxelles au sein de l’Europe parait fragilisée. Alors que Strasbourg est toujours le symbole fort de la réconciliation franco-allemande. Une capitale qui souderait définitivement ces deux pays apparait plus que souhaitable, tant l’Europe a besoin du couple franco-allemand.
Pourtant Strasbourg est une ville française, ne nous y trompons pas, mais avec l’avantage d’être ouverte aux deux cultures française et allemande. Et pour un allemand, travailler à Strasbourg, cela peut vouloir aussi signifier vivre de l’autre côté du Rhin, à seulement une pognée de kilomètres du centre ville de la capitale alsacienne.
Pour le parisien, ou le français « de l’intérieur » comme disent les alsaciens, l’ouverture récente d’une ligne TGV permet de désenclaver cette région riche en ressources tant humaines que naturelles. Attachés à leur ville en tant que capitale européenne, les Strasbourgeois restent pour autant discrets, travailant dans l’ombre pour donner la meilleure image possible de leur ville t de leur région. Des efforts très importants sont faits à tous les niveaux en matière de respect de l’environnement, urbanisme, santé et éducation. Un civisme très germanique certes, mais une farouche volonté de ne pas être assimilé au grand voisin d’outre-Rhin. Sans haine toutefois, juste un besoin de marquer sa différence, à défaut de bénéficier d’une aussi large autonomie telle que celle dont jouissent les Catalans, les Ecossais ou les Bavarois… Mais comme en Corse, la fidelité à la République est toujours le fait de la majorité silencieuse. Et ici on ne joue pas du pain de plastic pour faire écouter ses révendications, mais plutôt par l’humour, un humour parfois imperméable pour les autres français, peut-être un fait exprès, pour garder un jardin secret et des douleurs enfouies au fond d’eux-mêmes. Mais cet humour ainsi que nombre de curiosités locales restent des sujets interessants pour l’européen qui séjourne en Alsace…
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