A quoi sert l’identité nationale?
Posté par Philippe Baron - 8 nov 2009 à 17:09Le débat sur l’identité nationale est un vaste leurre, servant à légitimer une politique d’immigration particulièrement dure à l’encontre de tous les aspirants au voyage vers la Terre Promise, en l’occurrence un pays d’Europe de l’Ouest confronté lui-même à ses propres problématiques, mais toujours là pour s’afficher en grand aux côtés des autres pays industrialisés, que ce soit sur le plan politique, économique ou culturel.
Le piège tient dans le concept même de définition: définir, c’est forcément limiter. Pourquoi le simple fait de vouloir n’est-il pas suffisant? Cette volonté s’exprime dans les demandes de dossiers des candidats à l’immigration ou à l’asile politique. Cela devrait suffire. Bien sûr, un traitement administratif des demandes est nécessaire afin d’éliminer d’éventuels personnes recherchées ou ayant clairement affiché une hostilité à l’égard du peuple hôte. Mais l’accueil pourrait être étendu à bien des individus, bien des familles, tout n’est que problème de logistique et d’organisation. Car une fois rentrés sur le territoire national, ces nouveaux arrivants sont livrés à eux-mêmes ou dépendent d’une cellule familiale ou tribale ce qui accroit le risque de dérive communautariste.
En effet, la surpopulation n’est pas un problème en France, ou on compte en moyenne environ 100 habitants au km², à rapprocher de certains pays de l’Union Européenne comme les Pays-Bas qui enregistrent plus de 400 habitants au km². Bien sûr, cette densité constatée dans l’Hexagone varie en fonction des zones mais justement, alors qu’on parle d’exode rural et de desertification, cette afflux d’étrangers ne permettrait-il pas de rééquilibrer les zones rurales et urbaines, et permettrait aussi à l’agriculture de trouver là une main d’oeuvre motivée et habituée aux travaux des champs puisque bon nombre des nouveaux arrivants sont bien souvent d’anciens paysans poussés à l’immigration par la désertification ou d’autres phénomènes climatiques.
C’est ensuite dans le quotidien qu’immigrants et français de souche parviennent à franchir les obstacles d’un dialogue, socle de la nation de demain. Un quotidien fait de travail collectif, et de solidarité pour l’éducation et la santé. Cela présuppose également une absence d’aprioris négatifs sur ces nouveaux visages qui viennent se rajouter dans un décor auxquel il ne sont pas tout à fait habitués. Les mettre à l’aise, leur apprendre aussi les usages en vigueur, tel devrait être l’objet du débat, et non puiser dans les vieilles histoires des semblants de symboles d’unité qui excluent de fait tous ceux qui n’y adhèrent pas pleinement ou tout simplement qui les connaissent encore mal. C’est établir une hierarchie dans la société entre les tenants d’une identité intégrale et des individus lacés sur liste d’attente. Mais attention aux surprises, car la jeunesse et la motivation de certains « nouveaux français » pourrait bien faire qu’ils pourraient se placer dans cette hierarchie avant ceux qui s’estiment être de « bons français ».
Une page de publicité difficile à tourner
Posté par Philippe Baron - 25 juil 2009 à 00:22Depuis le début de l’année 2009, sur proposition du Président Sarkozy, les chaînes publiques françaises ne diffusent plus de spots de publicité après 20h30. Le but étant de proposer au téléspectateur des programmes de qualité, et de ce fait, ne devant pas subir de « saucissonage » publicitaire.
Pour conséquence, le groupe France Télévisions doit puiser davantage dans les recettes de la redevance et également réduire l’activité de sa régie interne, c’est-à -dire supprimer des emplois.
Pour autant, est-ce qu’une bonne soirée devant le petit écran est forcément encore meilleure lorsqu’il n’y a aucune coupure publicitaire? Alors même qu’au spectacle dit « vivant », l’entracte est de mise, là , aucune pause pour « souffler »: détourner le regard quelques instants de la lucarne magique, ne serait-ce que pour reposer les yeux, s’aérer, débattre du programme avec les personnes présentes, et plus prosaïquement, faire un besoin naturel ou satisfaire une envie quelconque… Non. Là mieux vaut réunir autour de soi tous les accessoires necessaires au confort individuel, voire s’équiper d’une sonde urinaire pour ne pas rater une miette du grand show orchestré par notre divin service public, régenté d’une main de fer par notre bien-aimé président de la République.
Pourtant, la publicité n’est pas condamnée à être un diktat subliminal sensé nous asservir à la consommation à outrance. Cela peut être un message à caractère informatif, sous une forme humoristique ou esthétiquement agréable à regarder. D’ailleurs, aujourd’hui avec les moyens de diffusion de la télévision actuelle, couplée à l’accès Internet par exemple, il est possible d’établir un flux d’information inversé, du récepteur au diffuseur. C’est par exemple de cette façon que le fournisseur d’accès Internet SFR, le fabricant de matériel de réception Netgem et l’institut de sondages Mediametrie ont mis en place le Hitview
qui permet d’obtenir en temps réel l’audience des chaines grâce à un retour à partir des Neufbox de SFR. Il est donc possible d’imaginer que dans un futur proche, les téléspectateurs pourront voter pour leurs spots TV préférés, et ainsi permettre aux régies de surfacturer les annonceurs « ennuyeux » par rapport aux annonceurs qui proposent des publicités plus attractives.
Ce type de relation, résolument révolutionnaire, permettrait aux chaînes publiques, et plus généralement aux chaînes « de contenu » de maintenir un niveau de qualité satisfaisant, y compris pendant les écrans publicitaires. De même, les sites Internet pourraient déjà mettre en place de telles pratiques en se basant sur le taux declic enregistré sur les bannières: un bon taux de clic démontrerait un intérêt des internautes pour l’offre de l’annonceur et signifierait donc une intrusion moindre dans la navigation sur le site support. Google a déjà mis en place un tel système via sa régie d’achat de mots clés Adwords, pénalisant au passage toute annonce n’ayant pas un attrait démontré pour les internautes qui effectuent une recherche sur le terme acheté par l’annonceur. Par exemple si sur la page de résultats du mot « aspirateur » se trouve une annonce pour du café, qui sera donc logiquement moins cliquée qu’une annonce concernant effectivement des aspirateurs, l’annonceur devra payer plus cher pour figurer en bonne position sur cette page, voire être complétement éliminé des annonces commerciales figurant sur la page de résultats pour une recherche sur le mot clé « aspirateur ».
Il est par ailleurs surprenant que cette pratique est déjà en usage dans la presse magazine, notamment féminine, où les éditeurs font parfois preuve de très grande largesse aux marques prestigieuses qui proposent des pages entières voire des double pages de publicité conçues par de grands photographes, avec des modèles de renom, afin d’associer leur titre à des campagnes de prestige et ainsi attirer d’autres annonceurs visant le haut de gamme, mais avec peut-être des messages plus exlicites commercialement parlant (on passe du parfum à la crème anti-rides, etc.).
Il existe donc un réservoir de financement largement sous exploité par les médias du service public, qui sous certaines conditions pourraient créer un nouveau marché pour une publicité maîtrisée et ainsi lui redonner des lettres de noblesse qu’un président en exercice a jugé bon d’égratigner plutôt que de chercher à en comprendre les subtilités.
Face à la crise: fuir, subir ou réagir
Posté par Philippe Baron - 17 juil 2009 à 19:02Des déficits qui se creusent, des réformes qui marquent le pas, et une situation qui s’enlise. Voilà le bilan après un an de crise financière qui se mue peu à peu en dépression généralisée, touchant peu à peu tous les compartiments de l’économie mondiale.
Les différents plans de relance n’y feront rien, les résultats des grandes entreprises mondiales seront dans le rouge, ou, au mieux, afficheront des taux de croissance bien inférieurs aux années précédentes. Face à ce marasme, les politiques mettent en place des aides sous diverses formes: primes à la casse et autres subventions, mais dont les effets commencent à s’estomper et qui coûtent cher. Surtout, ces aides ne font que prolonger l’illusion que les modèles économiques proposés jusque là sont encore viables, alors qu’à la lumière de la crise, de nombreux businesses apparaissent dépassés.
L’urgence porterait donc à innover, et innover encore. Seule l’introduction de nouvelles technologies permettront de surmonter ce cap difficile, en faisant diminuer les coûts et en attirant les consommateurs toujours à la recherche de produits ou de services encore plus performants.
A-t-on vu depuis un an des innovations révolutionnaires prendre le pas de façon définitive? Il n’en est rien pour l’instant. Par exemple dans l’automobile, les modèles hybrides sont encore perçus comme des prototypes et les quelques incitations des pouvoirs publics ne suffisent pas à inverser la donne.
Le risque, outre dans le cas des véhicules hybrides un surcroît de pollution, c’est de voir des chiffres de vente et une concurrence faussée par l’intervention de l’Etat. Et pendant ce temps-là des concurrents étrangers s’activent, saisissent les opportunités et s’imposent sur le marché, comme par exemple Apple avec son iPhone qui détrône aujourd’hui les ex-poids lourds du secteur, les Nokia et autres Sony Ericsson.
Face à la frilosité des industriels, les dirigeants des grands pays cèdent et continuent à soutenir à bouts de bras les fleurons des industries nationales. En suivant l’exemple Américain, puisque les USA continuent à s’endetter sachant qu’au moment de payer leurs dettes, le Tresor américain pourra toujours dévaluer sa monnaie et ne rembourser qu’avec une monnaie affaiblie, qui aura entraîné dans son sillage toutes les monnaies mondiales, y compris l’Euro.
Le risque sera de voir les monnaies de pays émergents s’enfoncer encore davantage, pour permettre à leurs entreprises exportatrices de continuer à inonder le marché mondial de leurs produits à bas coûts. Mécaniquement, ce phénomène se traduira par un appauvrissement des masses laborieuses, facilitant ainsi les tensions sociales qui commencent à apparaître dans des pays comme la Chine, où la question du conflit ethnique n’est qu’un paravent qui masque des problèmes sociétaux plus profonds.
La crise a donc ceci de tragique, c’est qu’elle retarde le développement de l’humanité dans son ensemble. Tout le monde est pénalisé et en premier lieu les générations futures à qui nous lèguerons une planète confrontée encore et toujours aux mêmes problèmes.
Alors qu’il y a 40 l’homme marchait sur la lune, traversait l’Atlantique à la vitesse du son, rêvait de voyages intersidéraux pour l’an 2000 et de paix et de prospérité dans le monde, nous en sommes réduits à nous battre pour sauver la planète de l’étouffement pour cause de réchauffement climatique, de pénurie alimentaire, de conflits inter ethniques, et de tant de maux qui hypothèquent encore davantage les chances pour notre monde de s’en sortir.
Il est donc temps de ne plus fuir, de ne plus subir mais de rassembler nos dernières forces pour mettre en place les solutions qui s’imposent après une réflexion à la fois technique et objective, dans un climat dépassionné mais résolument concentré. Et alors peut-être, pourrons nous à nouveau regarder vers les étoiles, non pour trouver un astre capable d’accueillir les rescapés d’une planète Terre dévastée par ses propres habitants, mais pour assouvir notre curiosité intellectuelle et notre soif de connaissance.
L’espoir vient une fois de plus de l’autre côté de l’Atlantique ou le président Obama semble avoir la méthode idoine. Pour preuve, la nouvelle stratégie de l’OTAN en Afghanistan: secure, hold, build (sécuriser, tenir et bâtir). Cela implique la fin des bombardements aériens qui causaient de nombreux dégâts collatéraux, mais davantage de soldats physiquement engagés sur le terrain, avec des chances de pertes plus élevées. Mais ce réalisme devrait s’avérer payant, et la stratégie pour juguler la crise devrait être du même ordre, ce slogan pouvant parfaitement s’adapter aux enjeux économiques et financiers actuels…
L’Europe à la mode italienne
Posté par Philippe Baron - 29 juin 2009 à 17:56Lorsqu’on évoque la possibilité d’une intégration des pays membres de l’Union Européenne poussé à l’extrême, type Etats Unis d’Europe, se pose fatalement le problème de la langue. Pour les uns, il serait naturel de choisir l’anglais, qui est déjà la langue de travail de la plupart des entreprises transnationales.
Face à ce choix, de nombreuses voix s’élèvent pour s’opposer à l’Anglais, faisant valoir que l’Angleterre n’est pas le pays le plus exemplaire en matière d’intégration européenne, et le cas de la survivance de la Livre Sterling n’est qu’un exemples parmi les plus frappants.
Mais prendre l’une des langues du « couple-moteur » de la contruction européenne, que ce soit l’Allemand ou le Français pose également problème, tant les deux Etats veulent éviter que l’un ou l’autre ne devienne hégémoniaque sur le vieux continent.
Dans ce contexte, que nous reste-t-il? Imaginer un nouveau langage, un mélange de toutes les langues des 27? L’Esperanto? Le grec (ancien) ou le Latin? Cette dernière idée apparaitrait comme la plus neutre, puisqu’il s’agit d’une langue morte mais pratiquée à l’époque dans toute l’Europe. Mais puisque le Latin a évolué vers l’Italien, et que l’Italien est une langue vivante, pourquoi pas l’Italien?
L’un des obstacles à ce choix serait certainement le fait que l’Italien est la langue officiel, non seulement de l’Italie, mais du Vatican et de l’Eglise Catholique en général. C’est là que l’on réalise que les schismes successifs, les brouilles et les querelles de clocher finissent pas avoir des répercussions terribles sur la vie des peuples d’Europe. Au niveau du citoyen en effet, quelle différence fait-il, dans sa grande majorité, entre protestantisme et catholicisme? Heureusement, en France cet antagonisme religieux est beaucoup moins vivace qu’en Irlande. Or l’Irlande justement aurait besoin d’une intégration européenne accélérée afin de se démarquer de la tutelle britannique.
Au lien de cela, la fraternité Saint Pie X, fraîchement ré »intégrée par le pape Benoît XVI, vient d’ordonner 8 nouveaux prêtres à Ecône en Suisse. Vraisemblablement, 8 nouveaux prédicateurs qui vont s’empresser de fustiger la contraception et lavortement et tout ce qui d’après eux constitue un péché, et ce qui pour la plupart des eglises protestantes ne sont que des détails face aux véritables enjeux moraux du XXIéme siècle: l’exclusion, le sous-développement, la maladie, les guerres, les famines dans le monde…
L’italien en tant que langue est donc politiquement trop marquée du sceau du Saint-Siège, et c’est dommage, car l’Italie est aussi pionnière dans bien des domaines, que ce soit l’Industrie automobile, la mode, la gastronomie. Fidèle membre de l’Union depuis le début, elle a également la légitimité de l’origine de notre civilsation, largement inspirée du génie des Romains, avant que les Barbares venus de l’Est ne viennent replonger l’Occident dans le chaos jusqu’à la Renaissance, qui s’est manifestée en premier lieu… en Italie!
Sans être Italien, ni d’origine ni d’ascendance, l’Italien est objectivement la langue européenne par excellence. Facile à apprendre – au moins pour les latins, l’Italien pourrait s’imposer comme le compromis idéal. Pour preuve, la chaîne de télévision franco-allemande ne s’appelle ni « Art » ni « Kunst » mais « Arte »!
Et d’ailleurs le jour où une véritable chaîne de télévision européenne verra le jour, en quelle langue devra-t-elle émettre? Faudra-t-il des traductions simultanées dans toutes les langues de l’Union? Ou alors se poser la question de la langue Européenne universelle? Ecco…
L’Homme qui Murmurait à l’Oreille des Syndicats
Posté par Philippe Baron - 23 juin 2009 à 11:27Le discours de politique intérieure du Président Sarkozy le 22 juin devant le Congrès à Versailles a été une fois de plus l’occasion pour le Chef de l’Etat de viser sans les nommer les conservateurs, les frileux, les partisans de l’immobilisme. Bien naïf celui qui pense que dans la dialectique présidentielle celui qui est désigné comme « conservateur » a un quelconque rapport avec la droite conservatrice, dont le héraut hier lors du débat qui suivit le discours fut le très lénifiant Henri de Raincourt, chef de file des sénateurs UMP qui fut on ne peut plus clair sur son engagement aux côtés du Président de la République.
Non, dans la bouche de Nicolas Sarkozy, les conservateurs, ce sont plutôt ceux qui s’appellent enux-mêmes les « forces de progrès », joli terme englobant à la fois PS et PC, écologistes et syndicalistes. Pour le Président, le progrès, c’est – en gros – le liberalisme, pour les autres, au contraire, c’est davantage de protection pour les salariés. Et on retombe dans le clivage sempiternel entre le social et l’économique. D’un côté des entreprises qui ont besoin de puissance pour investir et croître, de l’autre côté la masse des travailleurs qui voit les profits s’accumuler et leur situation se déteriorer.
Dans ce contexte parfois très tendu, surtout lorsqu’il y a en jeu des emplois, via des plans sociaux et des délocalisations, l’homme politique habile qu’est Nicolas Sarkozy, suivant sans doute la voie de son prédecesseur à l’Elysée Jacques Chirac, a adopté la seule stratégie permettant de maintenir la cohésion dans le pays: souffler le chaud et le froid. En effet, lorsqu’en face il y a menace, notamment de grève et de grogne sociale chronique, le passage en force n’est évidemment pas recommandé, l’Histoire récente fourmille d’exemples à ne pas suivre. Cette ligne de conduite apparaît encore pus claire lorsqu’on observe l’attitude du Chef de l’Etat face à un problème où la menace en face est beaucoup moins dangereuse: caïds des cités, femmes voilées façon burqa, chauffards, nationalistes corses… Bien retranché derrière sa garde rapprochée, le Président ne risque physiquement pas grand chose en fustigeant de tels ennemis. Par contre, s’en prendre à la masse, que ce soit des ouvriers, des fonctionnaires ou des étudiants, cela peut avoir des conséquences sur sa future réelection, qu’il prépare déjà en pesant ses mots et en faisant -encore une fois – appel aux autres formations politiques pour « l’aider » dans sa tâche de redressement de la France. Elle a bon dos la crise diront certains, et dans son discours, Nicolas Sarkozy lui-même en fait un argument: interpreter ce seisme financier comme un signal fort afin de commencer aujourd’hui les réformes qui permettront à la croissance de repartir plus vite et plus fort.
Mais dans ce combat, la politique du chef de l’Etat sera-t-elle suffisante? En effet, avec en point de mire une élection présidentielle, Nicolas Sarkozy aura-t-il l’audace de lancer des réformes parfois impopulaires (retraites, temps de travail…) mais nécessaires? Ses détracteurs – y compris dans son propre camp – ne manqueront pas de lui faire cette critique. Mais grâce à cela, il pourra peut-être prouver sa bonne foi au « peuple de gauche » (« regardez, ils me critiquent pace que je défends les droits des travailleurs! »), et ainsi sauver sa tête à la présidentielle de 2012…
Voter pour réussir
Posté par Philippe Baron - 16 juin 2009 à 13:24Les signes extérieurs de richesse, la bonne réputation, la présentation d’un individu, son expression, sont des facteurs d’intégration – voire de promotion – sociale. Certains de ces facteurs sont accessibles à tout un chacun: l’accès au savoir, à la culture, à l’information… D’autres – et c’est là toute la perversité de la vie dans une société de consommation – ne sont accessibles que contre monnaie sonnante et trébuchante: une habitation décente, une belle voiture, des vêtements élégants… Aujourd’hui notre façon de consommer est de plus en plus liée à notre envie de nous imposer socialement, en fonction de critères établis, notamment par les marques et la publicité en général. Le dénominateur commun étant le « succès »: tout le monde doit afficher sa réussite et malheur aux perdants, même si la cause des défavorisés, des exclus, des accidentés de la vie trouve un écho auprès d’une part significative de la population, la prise en compte de leur souffrance n’est absolument pas compatible avec les nouveaux codes de la société: fascination pour les paillettes, l’argent, le luxe, la célébrité… autant de valeurs à l’opposé de la misère dans laquelle se trouve bon nombre de gens.
Pour ceux qui peuvent encore se le payer, il reste les jeux de loterie, les jeux à gratter, les jeux-concours pour pouvoir rêver. Pour d’autres l’alcool voire la drogue. Même le tabac est devenu un instrument de rêve: en tirant une bouffée de Marlboro (Fumer Tue), le fumeur ingurgite en fait un lien gazeux avec la scuderia Ferrari, dont la marque au cow-boy est le principal sponsor. A quoi bon sinon sponsoriser une écure de Formule 1? Résultat: on nepeut pas s’acheter, ni même rouler, en Ferrari, mais on peut fumer une Marlboro qui est la marque que l’on voit sur la voiture de Kimi Raikonnen ou Felipe Massa…
De même,en politique, certains ont compris que le vote était un acte gratuit, et que même s’il ne se produit que quelques minutes par élection, l’impact de ce geste se prolonge bien au-delà de l’isoloir: combien révèlent, ne serait-ce qu’à demi-mot, pour quel candidat ils ont voté? A commencer par les candidats eux-mêmes, or celui qui fait de la politique, de par son charisme, parvient toujours à réussir à faire s’identifier à lui de nombreux simples citoyens, qui vont s’empresser de diffuser la bonne parle de leur candidat autour d’eux, et ainsi contribuer à instaurer une sorte de police de la pensée, traquant tout ce qui n’irait pas dans le sens de leur candidat.
Or lorsqu’un candidat s’affirme comme celui de la réussite et du succès, au-delà de son programme il devient une référence pour tous ceux qui veulent eux aussi faire partie du même rêve. Ceci conjugué à la gratuité de l’acte, l’explication de certains succès éléctoraux est tout trouvé: les gens ne votent plus en fonction de leurs intérêts, car ils refusent leur appartenance sociale et anticipent sur une ascension sociale lorsqu’ils votent pour un candidat qui se soucie avant tout de ceux qui sont déjà passé du bon côté de la barrière sociale.
L’exemple de la France est criant: en faisant le compte des cadeaux à l’élite financière de ce pays, la personne issue d’une milieu moyen et qui aurait voté UMP n’y retrouve pas son compte. Seule chance pour elle: de voir le gouvernement oeuvrer de telle sorte que l’activité économique permette une croissance suffisante – et équitable – des revenus. Ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle, crise financière oblige. Mais plutôt que de se voir comme exclu du systeme, l’individu en quête de devenir préferera s’afficher du côté des notables et des nantis, et certains parviennent comme cela à accéder à ce statut tant désiré et deviennent à leur tour des icones grâce à leur « success stories ».
Le président sortant le sait, et dans ses discours, il prend bien garde à inclure tous ses électeurs potentiels parmi « les gens biens » et à stygmatiser de façon très floue tous ceux qui ne le seraient pas. Il ne les définit jamais: ce n’est ni une question d’origine ethnique, ni d’extraction sociale, ni de localisation géographique, mais on se comprend. Certains dérapages (« racailles ») ou certaines prises de position aident le français moyen à visualiser un certain type d’individu. Mais est-il sur de ne jamais en faire partie? Ainsi, pour Nicolas Sarkozy, quelqu’un qui prendrait le volant apres 5 verres de vin serait un dangereux criminel. Or si l’on demandait à  quelques automobilistes pris avec un taux d’alcoolémie trop élevé pour qui ils ont voté, on retrouverait la même proportion que dans l’electorat UMP moyen. Autrement dit, le message n’est compris que lorsque cela nous arrange. Et toute l’abilieté du politicien est de faire croire à l’electorat que le « méchant », c’est « l’autre ».
L’un des mérites du Président de la République actuel est donc bien de décupalbiliser l’ensemble des français, et de leur faire oublier leur appartenance à leur classe sociale réelle, de les faire rêver avec un peu de faste et de charme. Mais l’opposition parviendra-t-elle à faire comme en 36 et sonner le rassemblement, qui passe donc par une nouvelle conscience de classe, une classe ouvrière new look, plus authentique et moins arrogante que la classe bourgeoise actuelle qui a trouvé en Nicolas Sarkozy un guide spirituel parfait, y compris au-delà de ses propres frontières d’argent et de pouvoir.
L’abonnement Euro Millions
Posté par Philippe Baron - 9 juin 2009 à 11:19En ces temps de crise, chaque individu ou presque conserve au fond de lui-même l’espoir de gagner un jour le gros lot à la loterie. Et l’espérance de gain d’un jeu comme Euro Millions est désormais l’offre la plus alléchante pour le joueur français,car non seulement un gain de minimum 15 Millions d’Euros et jusqu’à 115 millions, voire davantage, permet non seulement de se mettre soi-même et ses proches définitivement à l’abri du besoin, même du besoin de travailler, mais aussi il confère un certain »pouvoir » au gagnant car dans ce monde où l’argent domine la quasi-totalité des débats, quelques millions d’Euros sont des arguments de poids. Par exemple il pourrait permettre à celui qui n’était hier encore qu’un modeste salarié de devenir un actionnaire majoritaire de l’entreprise qui l’emploie. Et de renverser les roles pourquoi pas.
L’argent résoud de nombreux problèmes, mais encore faut-il jouer. Combien de personnes rêvent de gagner mais ne pensent pas à jouer. Pourtant la Française des Jeux permet de s’abonner aux tirages de ses différents jeux dont l’Euro Millions. En plus d’apporter un réel service aux accros de la loterie, la Française Des Jeux pourrait ainsi faire évoluer son modèle économique vers un modèle proche des opérateurs téléphoniques ou Internet, qui peuvent prévoir avec exactitude les rentrées d’argent fixes sur les exercices à venir. Et ainsi éviter les incidents cycliques, tout en étant disponible dans les points de vente habituels pour parer à tout pic de la demande occasionnelle.
De plus ce type d’abonnement est un produit rêvé pour tout responsable marketing: grosse campagne TV/Radio, et surtout marketing direct on line et offline ce qui permet d’abaisser les couts d’acquisition client et finaliser les « touches » avec les prospects interessés. Offre exclusive internet (gratuit 3 mois,puis 15€/mois, avec multitude d’avantages…), force de vente sur le terrain en porte-à -porte, foire et salons et autres sorties d’hypermarchés.
Combien de gens refuseraient de payer 50 centimes par jour pour ne pas rater l’opportunité de leur vie? Si ça se trouve le destin frappe à leur porte, et ils n’entendraient pas? 50 centimes, qu’est ce que c’est? Mais toutes ces sommes additionées permettraient soit d’augmenter encore davantage la cagnotte soit de rajouter un second tirage hebdomadaire. Si 10 millions de français souscrivent, ça ferait 5 millions de plus par jour, largement de quoi satisfaire tous les appétits de nos concitoyens en matière d’argent.
Alors pourquoi ce service reste-t-il confiné à une option marmi d’autres sur le site officiel FDJeux.com? A l’heure où les sites de paris sportifs en ligne explosent et viennent concurrencer directement l’opérateur historique des jeux de hasard, et ou la demande du public pour des jeux d’argent explose, il faudrait peut-être dépoussiérer cette vieille institution et lui donner l’impulsion pour entrer dans le siecle avec les armes les plus modernes.
Bonn chance à eux, bonne chance à nous, mais personellement je vais attendre les 3 mois gratuits avant de souscrire:).
Lettre à un ami antipathique
Posté par Philippe Baron - 8 juin 2009 à 12:34Cher François Bayrou,
 Je te considère mon ami car nous partageons de nombreuses idées. Et je pensais que sur la forme, tu étais un modèle du genre (agrégé de lettres) et ton dernier bouquin en est la preuve, aussi bien au niveau de l’écriture que du contenu. Par contre tu viens de faire la démonstration que les méthodes douteuses, les coups de poker, et surtout les attaques personnelles, ça ne marchait pas en politique (surtout quand c’est mal maîtrisé).
Moi non plus je ne me reconnais pas dans le personnage de Dany. En Mai 68, je n’étais pas né mais ma nature est ainsi faite que pour moi, être rebelle, c’est aussi pouvoir être rebelle à la rebellion. Sans pour autant tenter de briser un mouvement en marche – car c’était le sens de l’Histoire, et moi je ne suis pas convaincu que Mai 68 ait été un errement dans l’évolution de la société française. Au contraire, c’est une soupape de sécurité qui s’est ouverte à se moment là , et je ne blâmerais oersonne pour s’être engouffré dans la brèche. Des révolutionnaires, il en faut et je pensais que tu en étais un au fond, à tel point qu’en lisant ton livre Abus de Pouvoir (Plon), il me venait le chant « Ah ça ira, ça ira » et je trouvais la réponse à la question d’un spectacle de Robert Hossein donné il y a quelques années , où le metteur en scène demandait au public si oui ou non il aurait fallu décapiter Marie-Antoinette. Au chapitre IV d’Abus de Pouvoir, je me voyais porter la tête de Carla au bout d’une pique sans aucun scrupule ni remord.
Ce que j’apprécie chez toi, c’est ton évolution: un beau produit de l’éducation à la française, républicain et chrétien à la fois, modéré, juste, intègre et je pensais que tout naturellement le qualificatif de « tolérant » viendrais s’adjoindre automatiquement à la liste des qualités. Mais ce débat qui tourne court avec le leader d’Europe Ecologie démontre qu’il te manque encore quelque chose pour être l’homme providentiel que les Français honnêtes, informés et équilibrés attendent.
Au moment où j’écris ces lignes, j’ignore quelle ligne de conduite tu comptes adopter. Continuer à jouer les trouble fêtes sachant qu’en faisant basculer le MODEM d’un côté ou de l’autre tu peux faire ou défaire une majorité (à la présidentielle par exemple), même si ton score faiblard a méchamment hyothéqué tes chances et réduit ta marge de manoeuvre. Ou si tu comtpes faire quelque chose pour assumer ta faute et prouver à l’opinion que tu n’es pas comme cela, et laver ta faute pour réapparaître grandi plutôt qu’affaibli après cette mésaventure.
Pour cela, si je peux te donner un conseil, c’est d’aller (re)voir ton ami Alain Juppé qui lui aussi du assumer longtemps une faute (dissolution de l’Assemblée) et qui a du effectuer sa traversée du désert (version Grand Nord Canadien) pour revenir en pleine forme, sympa et presque jovial, et surtout avec un discours ecolo hyper tendance car il n’y a pas que ta sortie sur les soi-disants penchants de Cohn-Bendit qui a favorisé le score d’Europe Ecologie, il y a aussi une urgence, palpable dans toute l’Europe, pour véritablement passer des paroles aux actes. C’est ce qu’on te demandait, et pas de prononcer ces mots très durs à l’égard de celui qui est ton jumeau vert sur l’échiquier politique français.
Alors maintenant prends des vacances, éclate toi, redécouvre les choses simples de la vie, ouvre toi à d’autres cultures, d’autres formes de pensée, sors de ta campagne (dans tous les sens du terme!), parce que dans les 12% d’électeurs potentiels d’apresles sondages pré-électoraux, il y en a quelques uns – dont moi – qui ne sont pas tout à fait ce qu’on pourrait d’appeler des culs-bénis: chrétiens, juifs ou musulmans: oui, croyants: certainement, pratiquants: beaucoup moins. A ce sujet, les 26-27-28 juin il y a le festival Solidays à Paris, tu devrais aller y faire un tour histoire de kiffer la vibe et oublier la boulette. Et si t’es gentil Diam’s écrira une chanson sur/pour toi.
L’égalitarisme en question
Posté par Philippe Baron - 3 juin 2009 à 18:14C’est en approfondissant le débat sur l’université que la question peut se poser, lorsque des critiques s’élèvent pour refuser que seuls les étudiants issus de familles fortunés ainsi que les boursiers « méritants » n’aient accès à un enseignement supérieur de qualité. François Bayrou par exemple estime que même les étudiants « moins méritants » puissent également bénéficier de l’enseignement supérieur public à un coût abordable pour les familles.
Ce débat pose en fait la question de l’avantage tiré de la fortune acquise. Si celle-ci ne sert pas à se procurer des avantages, à quoi sert-elle? Si elle ne sert pas à cela, qu’est-ce qui peut motiver le citoyen moyen à chercher à améliorer sa condition, et notamment à faire fortune?
La question se poserait moins dans un pays où le luxe n’est pas une industrie aussi stratégique qu’en France. On pourrait alors se résoudre à un égalitarisme plus ou moins poussé, grâce à un lissage des revenus par la pression fiscale et assurant une redistribution des richesses. C’est un choix, car là encore se poserait la question de la motivation à gagner plus, sachant que le « gagner plus » est ce qui constitue pour un pays le socle de sa croissance.
Or en France, de nombreux produits – et services – s’adressent à une clientèle haut-de-gamme: mode, joaillerie, horlogerie, équipement de la maison, tourisme, services à la personne… Ce sont d’ailleurs des secteurs très interessants car en plus d’une forte valeur ajoutée, ils sont difficilement délocalisables. Que ce soit la maroquinerie ou la parfumerie, le « made in France » est une condition sine qua non pour une crédibilité au niveau de l’offre de prestige.
Alors devons-nous nous résigner à ne voir que de riches étrangers consommer ces produits? Devons-nous combattre sans retenue tous ceux qui, citoyens français domiciliés en France se « payent le luxe » de ceci ou cela? Ou bien se dire « tant mieux pour eux »? Sachant que tout un chacun, par la chance, le travail ou l’héritage peut ou pourra un jour se payer aussi « le luxe ».
Trop souvent, des opinions négatives se manifestent à l’égard des « riches », mais encore faut-il faire le distingo entre le riche dont la maxime serait « le malheur des uns fait le bonheur des autres », et le riche dont la fortune s’est faite grâce à un talent, des efforts et de la réussite. Si le premier est effectivement discutable, le second l’est moins, surtout si une fiscalité harmonieuse permet de redistribuer une partie de ses revenus à la communauté. Et plus il y aura de riches, et plus il y aura de richesses à redistribuer.
La crise financière pousse certains esprits bien pensants à une forme de démagogie, au moins aussi critiquable que la démagogie qui consiste à dire que ce sont les riches qui font avancer le pays, ce qui justifierait pas exemple l’adoption d’un bouclier fiscal…
Le débat est donc bien un choix de société: une société avec des catégories socio-professionelles bien lissées, ou une société qui permet aux chanceux de profiter de leur fortune en toute quiétude. L’intérêt de cette dernière option étant davantage de donner envie à ceux qui n’en sont pas là d’y parvenir un jour plutot que de donner l’image d’un pays ultra-liberal.
Maintenant se pose la question de la façon dont l’individu fait fortune, et donc s’assurer que tous les moyens immoraux sont des impasses pour qui veut se faire de l’argent facilement. Et se pose aussi la question de la perception du travailleur, de l’employé, de la mère au foyer, notamment dans une société où l’argent fait figure de baromètre de la réussite. Ce qui est souvent le cas, mais c’est toute la différence entre égalitarisme et égalité: la dignité humaine ne saurait être amoindrie pour cause de ressources insuffisantes. Et c’est donc pour cela qu’il apparait paradoxal de vouloir à tout prix pousser aux études des étudiants « moins méritants », alors que justement la société cherche à valoriser le travail manuel ou de façon générale tous les postes à forte composante technique, par rapport aux professions dites « intellectuelles ».
Dans le débat sur l’université, la priorité est de fournir autant de places que necessaire en fonction des débouchés de la filière, puis de fixer un barême équitable donnant droit à des bourses de différents montants en fonction de la situation de la famille de l’étudiant. De cette façon une sélection par le niveau peut être effectuée: les riches paieront la totalité des droits d’inscription, les moins riches une partie, et les défavorisés quasiment rien.
Si concernant l’unversité le débat peut être ramené à un débat technique, la question du choix de société, elle, se pose toujours. Et se posera au moins jusqu’à ce que les notions de droite et de gauche existeront. Et comme cette question est un peu celle de la poule et de l’oeuf, elle se posera encore bien longtemps.
Pour l’ouverture du marché du découvert bancaire à la concurrence
Posté par Philippe Baron - 8 mai 2009 à 10:03Quelques années en arrière, le Crédit Mutuel s’affichait encore en tant que « CMDP », pour Caisse Mutuelle de Dépôt et de Prêt. La banque a finalement opté pour un nom commercial plus parlant, mais les deux abréviations désormais orhelines n’en sont pas moins importantes. Il s’agit surtout du fait qu’elles sont réunies côte à côte, sous la bannière du mutualisme, car l’ambition des fondateurs du Crédit Mutuel et de sa jumelle allemande la Raiffeisenbank était de garantir aux adhérents un traitement équitable pour les activités de dépôt et de prêt, puisqu’ils sont eux-même sociétaires de l’entreprise. Des valeurs plus que jamais d’actualité en ces temps de crise, et qui ont certainement contribué à mettre à l’abri la Credit Mutuel des secousses de la crise, par rapport à la concurrence du moins.
Mais pour restaurer la confiance, ne faudrait-il pas aller plus loin aujourd’hui et complètement dissocier les activités de dépôt et de prêt. En effet, lorqu’une banque cumule les deux activités, son seul souci vis-à -vis de la situation financière de ses clients est la solvabilité. Qu’il soit à découvert ou en positif sur son compte, peu importe pour la banque qui gagne sur tous les tableaux. Or en ces temps difficiles, le particulier est en droit d’en attendre plus, notamment dans le but d’améliorer son pouvoir d’achat. Si la même banque n’était pas celle du dépôt et du prêt, lorsqu’un client est à découvert, la banque de dépôt s’efforcerait de faire le maximum pour que la personne revienne dans le vert en prodiguant des conseils personnalisés par exemple: le conseiller pourrait analyser la consommation de ses clients en analysant les relevés de compte et donner des conseils de gestion, proposer des idées pour faire des economies, apporter une aide juridique, déceler les opportunités et les menaces qui guettent les budgets des ménages, etc. Son but étant ici de maximiser les dépôts afin de disposer d’importantes liquidités qui seront placées en produits financiers divers, à l’exception du financement des comptes négatifs de ses clients.
La situation présente esten fait un abus de position dominante. Le client dépose son argent dans une banque mais n’a pas le choix lorsqu’il est à découvert, il doit passer par la même banque. Le choix d’une banque concurrente à ce stade n’est pas permis, alors que la mise en concurrence des divers organismes de crédit pourrait contribuer à faire baisser les charges qui pèsent sur le client.
Il existe donc deux voies possibles, la première consistant à séparer les activités de dépôt et de prêt, quitte à exercer l’activité de dépôt pour les particuliers et l’activité de prêt pour les entreprises seulement, ou vice versa, et la seconde à mettre en concurrence les organismes de crédit lorsque le client d’une banque est à découvert. En tout cas, le mélange des genres ici devient de lus en plus discutables, car même la solvabilité que chaque banque devrait défendre n’est plus garantie par celles-ci, qui préfèrent vendre les produits financiers du moment, même si ceux-ci comportent des risques qui peuvent s’avérer fatals. En tout cas, la cote de popularité de nos amis banquiers auraient bien besoin de tels aménagements qui les réconcilieraient définitivement avec les citoyens.
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