L’Homme qui Murmurait à l’Oreille des Syndicats

Le discours de politique intérieure du Président Sarkozy le 22 juin devant le Congrès à Versailles a été une fois de plus l’occasion pour le Chef de l’Etat de viser sans les nommer les conservateurs, les frileux, les partisans de l’immobilisme. Bien naïf celui qui pense que dans la dialectique présidentielle celui qui est désigné comme « conservateur » a un quelconque rapport avec la droite conservatrice, dont le héraut hier lors du débat qui suivit le discours fut le très lénifiant Henri de Raincourt, chef de file des sénateurs UMP qui fut on ne peut plus clair sur son engagement aux côtés du Président de la République.

Non, dans la bouche de Nicolas Sarkozy, les conservateurs, ce sont plutôt ceux qui s’appellent enux-mêmes les « forces de progrès », joli terme englobant à la fois PS et PC, écologistes et syndicalistes. Pour le Président, le progrès, c’est – en gros – le liberalisme, pour les autres, au contraire, c’est davantage de protection pour les salariés. Et on retombe dans le clivage sempiternel entre le social et l’économique. D’un côté des entreprises qui ont besoin de puissance pour investir et croître, de l’autre côté la masse des travailleurs qui voit les profits s’accumuler et leur situation se déteriorer.

Dans ce contexte parfois très tendu, surtout lorsqu’il y a en jeu des emplois, via des plans sociaux et des délocalisations, l’homme politique habile qu’est Nicolas Sarkozy, suivant sans doute la voie de son prédecesseur à l’Elysée Jacques Chirac, a adopté la seule stratégie permettant de maintenir la cohésion dans le pays: souffler le chaud et le froid. En effet, lorsqu’en face il y a menace, notamment de grève et de grogne sociale chronique, le passage en force n’est évidemment pas recommandé, l’Histoire récente fourmille d’exemples à ne pas suivre. Cette ligne de conduite apparaît encore pus claire lorsqu’on observe l’attitude du Chef de l’Etat face à un problème où la menace en face est beaucoup moins dangereuse: caïds des cités, femmes voilées façon burqa, chauffards, nationalistes corses… Bien retranché derrière sa garde rapprochée, le Président ne risque physiquement pas grand chose en fustigeant de tels ennemis. Par contre, s’en prendre à la masse, que ce soit des ouvriers, des fonctionnaires ou des étudiants, cela peut avoir des conséquences sur sa future réelection, qu’il prépare déjà en pesant ses mots et en faisant -encore une fois – appel aux autres formations politiques pour « l’aider » dans sa tâche de redressement de la France. Elle a bon dos la crise diront certains, et dans son discours, Nicolas Sarkozy lui-même en fait un argument: interpreter ce seisme financier comme un signal fort afin de commencer aujourd’hui les réformes qui permettront à la croissance de repartir plus vite et plus fort.

Mais dans ce combat, la politique du chef de l’Etat sera-t-elle suffisante? En effet, avec en point de mire une élection présidentielle, Nicolas Sarkozy aura-t-il l’audace de lancer des réformes parfois impopulaires (retraites, temps de travail…) mais nécessaires? Ses détracteurs – y compris dans son propre camp – ne manqueront pas de lui faire cette critique. Mais grâce à cela, il pourra peut-être prouver sa bonne foi au « peuple de gauche » ( »regardez, ils me critiquent pace que je défends les droits des travailleurs! »), et ainsi sauver sa tête à la présidentielle de 2012…

Voter pour réussir

Les signes extérieurs de richesse, la bonne réputation, la présentation d’un individu, son expression, sont des facteurs d’intégration – voire de promotion – sociale. Certains de ces facteurs sont accessibles à tout un chacun: l’accès au savoir, à la culture, à l’information… D’autres – et c’est là toute la perversité de la vie dans une société de consommation – ne sont accessibles que contre monnaie sonnante et trébuchante: une habitation décente, une belle voiture, des vêtements élégants… Aujourd’hui notre façon de consommer est de plus en plus liée à notre envie de nous imposer socialement, en fonction de critères établis, notamment par les marques et la publicité en général. Le dénominateur commun étant le « succès »: tout le monde doit afficher sa réussite et malheur aux perdants, même si la cause des défavorisés, des exclus, des accidentés de la vie trouve un écho auprès d’une part significative de la population, la prise en compte de leur souffrance n’est absolument pas compatible avec les nouveaux codes de la société: fascination pour les paillettes, l’argent, le luxe, la célébrité… autant de valeurs à l’opposé de la misère dans laquelle se trouve bon nombre de gens.

Pour ceux qui peuvent encore se le payer, il reste les jeux de loterie, les jeux à gratter, les jeux-concours pour pouvoir rêver. Pour d’autres l’alcool voire la drogue. Même le tabac est devenu un instrument de rêve: en tirant une bouffée de Marlboro (Fumer Tue), le fumeur ingurgite en fait un lien gazeux avec la scuderia Ferrari, dont la marque au cow-boy est le principal sponsor. A quoi bon sinon sponsoriser une écure de Formule 1? Résultat: on nepeut pas s’acheter, ni même rouler, en Ferrari, mais on peut fumer une Marlboro qui est la marque que l’on voit sur la voiture de Kimi Raikonnen ou Felipe Massa…

De même,en politique, certains ont compris que le vote était un acte gratuit, et que même s’il ne se produit que quelques minutes par élection, l’impact de ce geste se prolonge bien au-delà de l’isoloir: combien révèlent, ne serait-ce qu’à demi-mot, pour quel candidat ils ont voté? A commencer par les candidats eux-mêmes, or celui qui fait de la politique, de par son charisme, parvient toujours à réussir à faire s’identifier à lui de nombreux simples citoyens, qui vont s’empresser de diffuser la bonne parle de leur candidat autour d’eux, et ainsi contribuer à instaurer une sorte de police de la pensée, traquant tout ce qui n’irait pas dans le sens de leur candidat.

Or lorsqu’un candidat s’affirme comme celui de la réussite et du succès, au-delà de son programme il devient une référence pour tous ceux qui veulent eux aussi faire partie du même rêve. Ceci conjugué à la gratuité de l’acte, l’explication de certains succès éléctoraux est tout trouvé: les gens ne votent plus en fonction de leurs intérêts, car ils refusent leur appartenance sociale et anticipent sur une ascension sociale lorsqu’ils votent pour un candidat qui se soucie avant tout de ceux qui sont déjà passé du bon côté de la barrière sociale.

L’exemple de la France est criant: en faisant le compte des cadeaux à l’élite financière de ce pays, la personne issue d’une milieu moyen et qui aurait voté UMP n’y retrouve pas son compte. Seule chance pour elle: de voir le gouvernement oeuvrer de telle sorte que l’activité économique permette une croissance suffisante – et équitable – des revenus. Ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle, crise financière oblige. Mais plutôt que de se voir comme exclu du systeme, l’individu en quête de devenir préferera s’afficher du côté des notables et des nantis, et certains parviennent comme cela à accéder à ce statut tant désiré et deviennent à leur tour des icones grâce à leur « success stories ».

Le président sortant le sait, et dans ses discours, il prend bien garde à inclure tous ses électeurs potentiels parmi « les gens biens » et à stygmatiser de façon très floue tous ceux qui ne le seraient pas. Il ne les définit jamais: ce n’est ni une question d’origine ethnique, ni d’extraction sociale, ni de localisation géographique, mais on se comprend. Certains dérapages ( »racailles ») ou certaines prises de position aident le français moyen à visualiser un certain type d’individu. Mais est-il sur de ne jamais en faire partie? Ainsi, pour Nicolas Sarkozy, quelqu’un qui prendrait le volant apres 5 verres de vin serait un dangereux criminel. Or si l’on demandait à quelques automobilistes pris avec un taux d’alcoolémie trop élevé pour qui ils ont voté, on retrouverait la même proportion que dans l’electorat UMP moyen. Autrement dit, le message n’est compris que lorsque cela nous arrange. Et toute l’abilieté du politicien est de faire croire à l’electorat que le « méchant », c’est « l’autre ».

L’un des mérites du Président de la République actuel est donc bien de décupalbiliser l’ensemble des français, et de leur faire oublier leur appartenance à leur classe sociale réelle, de les faire rêver avec un peu de faste et de charme. Mais l’opposition parviendra-t-elle à faire comme en 36 et sonner le rassemblement, qui passe donc par une nouvelle conscience de classe, une classe ouvrière new look, plus authentique et moins arrogante que la classe bourgeoise actuelle qui a trouvé en Nicolas Sarkozy un guide spirituel parfait, y compris au-delà de ses propres frontières d’argent et de pouvoir.

L’abonnement Euro Millions

En ces temps de crise, chaque individu ou presque conserve au fond de lui-même l’espoir de gagner un jour le gros lot à la loterie. Et l’espérance de gain d’un jeu comme Euro Millions est désormais l’offre la plus alléchante pour le joueur français,car non seulement un gain de minimum 15 Millions d’Euros et jusqu’à 115 millions, voire davantage, permet non seulement de se mettre soi-même et ses proches définitivement à l’abri du besoin, même du besoin de travailler, mais aussi il confère un certain »pouvoir » au gagnant car dans ce monde où l’argent domine la quasi-totalité des débats, quelques millions d’Euros sont des arguments de poids. Par exemple il pourrait permettre à celui qui n’était hier encore qu’un modeste salarié de devenir un actionnaire majoritaire de l’entreprise qui l’emploie. Et de renverser les roles pourquoi pas.

L’argent résoud de nombreux problèmes, mais encore faut-il jouer. Combien de personnes rêvent de gagner mais ne pensent pas à jouer. Pourtant la Française des Jeux permet de s’abonner aux tirages de ses différents jeux dont l’Euro Millions. En plus d’apporter un réel service aux accros de la loterie, la Française Des Jeux pourrait ainsi faire évoluer son modèle économique vers un modèle proche des opérateurs téléphoniques ou Internet, qui peuvent prévoir avec exactitude les rentrées d’argent fixes sur les exercices à venir. Et ainsi éviter les incidents cycliques, tout en étant disponible dans les points de vente habituels pour parer à tout pic de la demande occasionnelle.



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De plus ce type d’abonnement est un produit rêvé pour tout responsable marketing: grosse campagne TV/Radio, et surtout marketing direct on line et offline ce qui permet d’abaisser les couts d’acquisition client et finaliser les « touches » avec les prospects interessés. Offre exclusive internet (gratuit 3 mois,puis 15€/mois, avec multitude d’avantages…), force de vente sur le terrain en porte-à-porte, foire et salons et autres sorties d’hypermarchés.

Combien de gens refuseraient de payer 50 centimes par jour pour ne pas rater l’opportunité de leur vie? Si ça se trouve le destin frappe à leur porte, et ils n’entendraient pas? 50 centimes, qu’est ce que c’est? Mais toutes ces sommes additionées permettraient soit d’augmenter encore davantage la cagnotte soit de rajouter un second tirage hebdomadaire. Si 10 millions de français souscrivent, ça ferait 5 millions de plus par jour, largement de quoi satisfaire tous les appétits de nos concitoyens en matière d’argent.

Alors pourquoi ce service reste-t-il confiné à une option marmi d’autres sur le site officiel FDJeux.com? A l’heure où les sites de paris sportifs en ligne explosent et viennent concurrencer directement l’opérateur historique des jeux de hasard, et ou la demande du public pour des jeux d’argent explose, il faudrait peut-être dépoussiérer cette vieille institution et lui donner l’impulsion pour entrer dans le siecle avec les armes les plus modernes.

Bonn chance à eux, bonne chance à nous, mais personellement je vais attendre les 3 mois gratuits avant de souscrire:).



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Lettre à un ami antipathique

Cher François Bayrou,

 Je te considère mon ami car nous partageons de nombreuses idées. Et je pensais que sur la forme, tu étais un modèle du genre (agrégé de lettres) et ton dernier bouquin en est la preuve, aussi bien au niveau de l’écriture que du contenu. Par contre tu viens de faire la démonstration que les méthodes douteuses, les coups de poker, et surtout les attaques personnelles, ça ne marchait pas en politique (surtout quand c’est mal maîtrisé).

Moi non plus je ne me reconnais pas dans le personnage de Dany. En Mai 68, je n’étais pas né mais ma nature est ainsi faite que pour moi, être rebelle, c’est aussi pouvoir être rebelle à la rebellion. Sans pour autant tenter de briser un mouvement en marche – car c’était le sens de l’Histoire, et moi je ne suis pas convaincu que Mai 68 ait été un errement dans l’évolution de la société française. Au contraire, c’est une soupape de sécurité qui s’est ouverte à se moment là, et je ne blâmerais oersonne pour s’être engouffré dans la brèche. Des révolutionnaires, il en faut et je pensais que tu en étais un au fond, à tel point qu’en lisant ton livre Abus de Pouvoir (Plon), il me venait le chant « Ah ça ira, ça ira » et je trouvais la réponse à la question d’un spectacle de Robert Hossein donné il y a quelques années , où le metteur en scène demandait au public si oui ou non il aurait fallu décapiter Marie-Antoinette. Au chapitre IV d’Abus de Pouvoir, je me voyais porter la tête de Carla au bout d’une pique sans aucun scrupule ni remord.

Ce que j’apprécie chez toi, c’est ton évolution: un beau produit de l’éducation à la française, républicain et chrétien à la fois, modéré, juste, intègre et je pensais que tout naturellement le qualificatif de « tolérant » viendrais s’adjoindre automatiquement à la liste des qualités. Mais ce débat qui tourne court avec le leader d’Europe Ecologie démontre qu’il te manque encore quelque chose pour être l’homme providentiel que les Français honnêtes, informés et équilibrés attendent.

Au moment où j’écris ces lignes, j’ignore quelle ligne de conduite tu comptes adopter. Continuer à jouer les trouble fêtes sachant qu’en faisant basculer le MODEM d’un côté ou de l’autre tu peux faire ou défaire une majorité (à la présidentielle par exemple), même si ton score faiblard a méchamment hyothéqué tes chances et réduit ta marge de manoeuvre. Ou si tu comtpes faire quelque chose pour assumer ta faute et prouver à l’opinion que tu n’es pas comme cela, et laver ta faute pour réapparaître grandi plutôt qu’affaibli après cette mésaventure.

Pour cela, si je peux te donner un conseil, c’est d’aller (re)voir ton ami Alain Juppé qui lui aussi du assumer longtemps une faute (dissolution de l’Assemblée) et qui a du effectuer sa traversée du désert (version Grand Nord Canadien) pour revenir en pleine forme, sympa et presque jovial, et surtout avec un discours ecolo hyper tendance car il n’y a pas que ta sortie sur les soi-disants penchants de Cohn-Bendit qui a favorisé le score d’Europe Ecologie, il y a aussi une urgence, palpable dans toute l’Europe, pour véritablement passer des paroles aux actes. C’est ce qu’on te demandait, et pas de prononcer ces mots très durs à l’égard de celui qui est ton jumeau vert sur l’échiquier politique français.

Alors maintenant prends des vacances, éclate toi, redécouvre les choses simples de la vie, ouvre toi à d’autres cultures, d’autres formes de pensée, sors de ta campagne (dans tous les sens du terme!), parce que dans les 12% d’électeurs potentiels d’apresles sondages pré-électoraux, il y en a quelques uns – dont moi – qui ne sont pas tout à fait ce qu’on pourrait d’appeler des culs-bénis: chrétiens, juifs ou musulmans: oui, croyants: certainement, pratiquants: beaucoup moins. A ce sujet, les 26-27-28 juin il y a le festival Solidays à Paris, tu devrais aller y faire un tour histoire de kiffer la vibe et oublier la boulette. Et si t’es gentil Diam’s écrira une chanson sur/pour toi.

L’égalitarisme en question

C’est en approfondissant le débat sur l’université que la question peut se poser, lorsque des critiques s’élèvent pour refuser que seuls les étudiants issus de familles fortunés ainsi que les boursiers « méritants » n’aient accès à un enseignement supérieur de qualité. François Bayrou par exemple estime que même les étudiants « moins méritants » puissent également bénéficier de l’enseignement supérieur public à un coût abordable pour les familles.

Ce débat pose en fait la question de l’avantage tiré de la fortune acquise. Si celle-ci ne sert pas à se procurer des avantages, à quoi sert-elle? Si elle ne sert pas à cela, qu’est-ce qui peut motiver le citoyen moyen à chercher à améliorer sa condition, et notamment à faire fortune?

La question se poserait moins dans un pays où le luxe n’est pas une industrie aussi stratégique qu’en France. On pourrait alors se résoudre à un égalitarisme plus ou moins poussé, grâce à un lissage des revenus par la pression fiscale et assurant une redistribution des richesses. C’est un choix, car là encore se poserait la question de la motivation à gagner plus, sachant que le « gagner plus » est ce qui constitue pour un pays le socle de sa croissance.

Or en France, de nombreux produits – et services – s’adressent à une clientèle haut-de-gamme: mode, joaillerie, horlogerie, équipement de la maison, tourisme, services à la personne… Ce sont d’ailleurs des secteurs très interessants car en plus d’une forte valeur ajoutée, ils sont difficilement délocalisables. Que ce soit la maroquinerie ou la parfumerie, le « made in France » est une condition sine qua non pour une crédibilité au niveau de l’offre de prestige.

Alors devons-nous nous résigner à ne voir que de riches étrangers consommer ces produits? Devons-nous combattre sans retenue tous ceux qui, citoyens français domiciliés en France se « payent le luxe » de ceci ou cela? Ou bien se dire « tant mieux pour eux »? Sachant que tout un chacun, par la chance, le travail ou l’héritage peut ou pourra un jour se payer aussi « le luxe ».

Trop souvent, des opinions négatives se manifestent à l’égard des « riches », mais encore faut-il faire le distingo entre le riche dont la maxime serait « le malheur des uns fait le bonheur des autres », et le riche dont la fortune s’est faite grâce à un talent, des efforts et de la réussite. Si le premier est effectivement discutable, le second l’est moins, surtout si une fiscalité harmonieuse permet de redistribuer une partie de ses revenus à la communauté. Et plus il y aura de riches, et plus il y aura de richesses à redistribuer.

La crise financière pousse certains esprits bien pensants à une forme de démagogie, au moins aussi critiquable que la démagogie qui consiste à dire que ce sont les riches qui font avancer le pays, ce qui justifierait pas exemple l’adoption d’un bouclier fiscal…

Le débat est donc bien un choix de société: une société avec des catégories socio-professionelles bien lissées, ou une société qui permet aux chanceux de profiter de leur fortune en toute quiétude. L’intérêt de cette dernière option étant davantage de donner envie à ceux qui n’en sont pas là d’y parvenir un jour plutot que de donner l’image d’un pays ultra-liberal.

Maintenant se pose la question de la façon dont l’individu fait fortune, et donc s’assurer que tous les moyens immoraux sont des impasses pour qui veut se faire de l’argent facilement. Et se pose aussi la question de la perception du travailleur, de l’employé, de la mère au foyer, notamment dans une société où l’argent fait figure de baromètre de la réussite. Ce qui est souvent le cas, mais c’est toute la différence entre égalitarisme et égalité: la dignité humaine ne saurait être amoindrie pour cause de ressources insuffisantes. Et c’est donc pour cela qu’il apparait paradoxal de vouloir à tout prix pousser aux études des étudiants « moins méritants », alors que justement la société cherche à valoriser le travail manuel ou de façon générale tous les postes à forte composante technique, par rapport aux professions dites « intellectuelles ».

Dans le débat sur l’université, la priorité est de fournir autant de places que necessaire en fonction des débouchés de la filière, puis de fixer un barême équitable donnant droit à des bourses de différents montants en fonction de la situation de la famille de l’étudiant. De cette façon une sélection par le niveau peut être effectuée: les riches paieront la totalité des droits d’inscription, les moins riches une partie, et les défavorisés quasiment rien.

Si concernant l’unversité le débat peut être ramené à un débat technique, la question du choix de société, elle, se pose toujours. Et se posera au moins jusqu’à ce que les notions de droite et de gauche existeront. Et comme cette question est un peu celle de la poule et de l’oeuf, elle se posera encore bien longtemps.

Pour l’ouverture du marché du découvert bancaire à la concurrence

Quelques années en arrière, le  Crédit Mutuel s’affichait encore en tant que « CMDP », pour Caisse Mutuelle de Dépôt et de Prêt. La banque a finalement opté pour un nom commercial plus parlant, mais les deux abréviations désormais orhelines n’en sont pas moins importantes. Il s’agit surtout du fait qu’elles sont réunies côte à côte, sous la bannière du mutualisme, car l’ambition des fondateurs du Crédit Mutuel et de sa jumelle allemande la Raiffeisenbank était de garantir aux adhérents un traitement équitable pour les activités de dépôt et de prêt, puisqu’ils sont eux-même sociétaires de l’entreprise.  Des valeurs plus que jamais d’actualité en ces temps de crise, et qui ont certainement contribué à mettre à l’abri la Credit Mutuel des secousses de la crise, par rapport à la concurrence du moins.

Mais pour restaurer la confiance, ne faudrait-il pas aller plus loin aujourd’hui et complètement dissocier les activités de dépôt et de prêt. En effet, lorqu’une banque cumule les deux activités, son seul souci vis-à-vis de la situation financière de ses clients est la solvabilité. Qu’il soit à découvert ou en positif sur son compte, peu importe pour la banque qui gagne sur tous les tableaux. Or en ces temps difficiles, le particulier est en droit d’en attendre plus, notamment dans le but d’améliorer son pouvoir d’achat. Si la même banque n’était pas celle du dépôt et du prêt, lorsqu’un client est à découvert, la banque de dépôt s’efforcerait de faire le maximum pour que la personne revienne dans le vert en prodiguant des conseils personnalisés par exemple: le conseiller pourrait analyser la consommation de ses clients en analysant les relevés de compte et donner des conseils de gestion, proposer des idées pour faire des economies, apporter une aide juridique, déceler les opportunités et les menaces qui guettent les budgets des ménages, etc. Son but étant ici de maximiser les dépôts afin de disposer d’importantes liquidités qui seront placées en produits financiers divers, à l’exception du financement des comptes négatifs de ses clients.

La situation présente esten fait un abus de position dominante. Le client dépose son argent dans une banque mais n’a pas le choix lorsqu’il est à découvert, il doit passer par la même banque. Le choix d’une banque concurrente à ce stade n’est pas permis, alors que la mise en concurrence des divers organismes de crédit pourrait contribuer à faire baisser les charges qui pèsent sur le client.

Il existe donc deux voies possibles, la première consistant à séparer les activités de dépôt et de prêt, quitte à exercer l’activité de dépôt pour les particuliers et l’activité de prêt pour les entreprises seulement, ou vice versa, et la seconde à mettre en concurrence les organismes de crédit lorsque le client d’une banque est à découvert. En tout cas, le mélange des genres ici devient de lus en plus discutables, car même la solvabilité que chaque banque devrait défendre n’est plus garantie par celles-ci, qui préfèrent vendre les produits financiers du moment, même si ceux-ci comportent des risques qui peuvent s’avérer fatals. En tout cas, la cote de popularité de nos amis banquiers auraient bien besoin de tels aménagements qui les réconcilieraient définitivement avec les citoyens.

Manifeste Pour Une Justice Républicaine

La chose publique s’appelle ainsi à cause de la complexité de sa nature: tellement indescriptible qu’elle en est réduite à l’état de chose, sans plus de précisions, car définir, c’est forcément limiter. La définition repose donc entièrement sur la notion de « public », ce qui laisse entrevoir que ce concept de République découle directement de l’Humanisme des Lumières, voire d’un Humanisme antérieur encore, mais toujours fondé sur le caractère sacré de l’Humain, du respect de la dignité humaine, de son integrité physique et de son potentiel à s’améliorer afin de donner suite à l’évolution tel que l’Histoire nous la retrace de nos origines à nos jours.

L’un des préceptes fondateur de cet humanisme républicain, ce sont les Droits de l’Homme et du Citoyen, et ces notions de liberté, d’égalité et de fraternité. Dans ce contexte philosophique, qu’est-ce qui justifie le pouvoir des juges en matière de décision pénale? En d’autres termes, de quel droit une cour de justice peut-elle décider de priver de liberté un individu? Il s’agit bien sûr d’une procédure extrêmement encadrée, où la défense a tout lieu d’expliquer, d’argumenter, de produire des élements à décharge pour l’accusé. Pour autant, le verdict apparaît comme une sanction: un jugement de valeur qui ne prend pas en compte l’aspect humain de la condamnation, faisant tout simplement de l’accusé une victime. La décision de justice est perçue comme un châtiment. Dans notre République laïque, la justice se substitue donc à Dieu et porte un jugement moral sur les actes des citoyens, car l’existence de Dieu n’étant pas prouvée, et donc le châtiment post-mortem étant purement hypothétique, il est donc juste de prononcer ici-bas une sanction à la hauteur du crime commis. Voilà résumée la philosophie de la justice française en ce début de XXIe siècle. N’est-il pas un peu obsolète? N’y a-t-il pas quelque chose qui cloche dans ce raisonnement? Surtout au vu des nombreux problèmes qui découlent de l’enfermemement systématique: suicide, promiscuité, viols, mauvais traitements et dans bien des cas, la récidive. Mais que faire, si l’on veut maintenir la paix civile et la sécurité? Peut-être pourrions-nous commencer à percevoir la justice non pas comme un instrument de châtiment, mais au contraire comme un service public, tant pour les victimes que pour les citoyens jugés eux-même.

Pour parvenir à réviser notre point de vue sur la Justice, il faut commencer à visualiser une société dans laquelle il n’y aurait plus de système judiciaire: les prisonniers neutralisés par les services de police seraient relâchés, au grand dam des victimes et de leurs proches. Que se passerait-il ensuite? Un phénomène naturel appellé la vindicte populaire. Du petit cambrioleur au grand escroc, du braqueur de banque au dealer, du violeur au pédophile, ils seraient tous visés par des victimes organisés en milice armées prêtes à se faire justice eux-mêmes, avec tous les débordements que cela implique. Vu sous cet angle, la justice dans une démocratie sert avant tout à éviter cela. On peut même dire que son rôle est dans un premier temps de protéger l’auteur des faits d’une éventuelle agression de la part d’une victime en colère, ou de tout autre personne affectée par le délit commis.

En allant un peu plus loin, il suffirait de limiter le rôle de laj ustice à cette notion de protection pour envisager une redéfinition du rôle du juge. Il ne s’agirait plus de punir en rendant un verdict, mais d’estimer le temps necessaire pour s’assurer que les parties civiles et leurs soutiens ne soient plus tentés d’avoir recours à la violence pour se venger d’un drame survenu à cause de l’accusé. La difficulté ici réside dans le fait qu’il est beaucoup plus facile pour une juridiction de recourir à des effets pour envelopper le verdict d’une dimension punitive, plutôt que de se poser la question à chaud de la durée d’un chagrin d’une mère, d’un père pour son enfant disparu par exemple. Pourtant, au fil des ans, le deuil se fait. Une famille touchée par un drame où il y a une responsabilité mise en évidence doit tourner la page pour avancer. La perte d’un proche fait partie de la vie, mais c’est tellement facile à dire et tellement dur à vivre qu’il est parfoir préférable de se dire que puisqu’on a le droit de jeter une personne en prison pour un crime, autant le faire pour se sentir soulagé de ce poids. Pour autant, comme le souligne volontiers la défense à quasiment chaque procès, le fait de condamner quelqu’un ne ramène pas à la vie l’être cher. De plus, la prison n’est plus simplement synonyme de privation de libertés. Les rapports successifs, les témoignages, les livres d’ex-taulards révèlent que la vie en prison est un enfer permanent, faisant d’une peine de prison une peine multiple: coups, intimidation, racket, viol, autant de brimades et de blessures profondes qui viennent alourdir la sentence prononcée par la cour de justice. Pourtant aucun ne juge en prononçant le verdict final ne précise que l’accusé reconnu coupable est condamné à X années de prison, ou à se suicider entre ses quatre murs.

La prison doit donc être un lieu qui protège avant tout l’intégrité physique et morale de l’individu qui y est enfermé, afin de l’aider sur le chemin de la rédemption, du pardon et de l’intégration après sa sortie. Et le magistrat ne doit pas juger le coeur des hommes mais prendre en compte la gravité des faits et le degré des responsabilité de l’accusé pour déterminer en fonction de critères psychologiques objectifs et de manière très technique la durée pendant laquelle l’accusé serait susceptible d’être à son tour victime de représailles. Si l’accusé représente une menace pour la société, ce que peuvent établir des experts, là encore ce n’est pas un châtiment qu’il faut appliquer, mais une mesure de sûreté qui consistera à maintenir l’individu récalcitrant en détention, avec obligation de soins, car le fait de ne pas pouvoir maitriser son agressivité est assurément une forme de démence.

En changeant notre manière de voir la justice, et en considérant la prison non pas comme un enfer sur terre mais un lieu d’accueil pour personnes en danger, la question de la surpopulation carcérale trouve là des réponses à sa crise actuelle. combien de délinquants croupissent dans des cellules alors que les victimes sont passées à autre chose. Peut-être même qu’elles auront pardonné et s’inquiètent du sort des personnes contre qui elles avaient porté plainte.

L’Etat lui-même peut pardonner, comme le Président de la République qui à l’occasion d’un 14 juillet ou des Fêtes de fin d’année accorde sa grâce à quelques chanceux. Car le fait de libérer des gens a pour conséquence première de libérer de l’espace, de créer des conditions d’enfermement un peu plus dignes, de soulager le travail des fonctionnaires qui travaillent dans ces centrales ou ces maisons d’arrêt. La rancoeur, l’habitude et l’autoritarisme ont des prix bien lourds à payer, et malheur à celui qui faute, quelles que soient les circonstances, le vécu de la personne et les maux dont il a été lui-même victime. La défense tentera bien de faire baisser le tarif, mais au final lorsqu’on a commis une infraction, à nouveau la morale sévit, aucune excuse n’est admise, la tolérance zero est de rigueur, et ceux qui ont ce pouvoir de décider du sort d’un prévenu savent-ils seulement que peut-être que oui, Dieu existe et qu’eux aussi pourront faire l’objet d’un procès un jour, et peut-être même de leur vivant. Cela arrive parfois, il serait interessant d’avoir l’avis de ce juge d’instruction, Fabrice Burgaud, reconnu coupable d’avoir envoyé à tort une série d’accusés en prison pour actes pédophiles…

Le karma de nos emplois

Alors que s’achève la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée,  dite Durban II, dans un climat de désunion affiché (boycott des délégations US et israeliennes, propos orientés – et discutables - du président iranien Mahmoud Ahmadinejad), ce qui est un comble pour un sommet placé sous l’égide des « Nations unies », le simple citoyen peut se demander à quoi tout cela rime, puisque d’une part aucune action ne découle de la déclaration finale, notamment sur les conflits en cours ayant pour toile de fond des rivalités entre ethnies (Darfour, Côte d’Ivoire, République Démocratique du Congo…), et d’autre part, la priorité actuelle ne devrait-elle pas légitimement revenir au traitement de la crise financière qui menace directement nos emplois et, nous le savons, rien de tel qu’une crise économique pour exacerber le sentiment nationaliste et xénophobe (Allemagne années 30, etc.). D’ailleurs, le G20 a eu un impact beaucoup plus significatif sur l’opinion mondiale que Durban II, car à la clé, ce sont plus de 1000 milliards de Dollars qui ont été débloqués pour relancer l’économie mondiale. Pur les « potes » victimes du racisme au quotidien, ce ne seront que des mots, choisis dans le vocabulaire onusien de manière à ne froisser personne. S’il y avait eu un régime ouvertement raciste à l’heure actuelle encore en activité sur cette planète, il y aurait eu consensus très certainement. Mais le phénomène du racisme n’est plus une affaire d’Etat, comme il pouvait l’être encore en Afrique du Sud avant la fin de l’Apartheid. Le racisme est un problème de société, sur lequel les Etats peuvent agir indirectement, mais c’est avant tout un effort de chacun pour dépasser et faire dépasser les préjugés qui subsistent encore, malgré les leçons du passé.

Pourtant, le racisme est à l’origine de bien des maux, y compris au niveau économique. Le repli identitaire empêche en effet de voir l’impact de notre attitude sur les populations les plus fragiles, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de nos frontières. La pire attitude consiste à rester indifférent à la détresse des pays les moins avancés. Nos vieux préjugés, hérités de notre passé colonial, nous poussent à penser que cette situation est normale, que c’est parce que « l’Africain n’est pas encore rentré dans l’Histoire », alors qu’au contraire, il en est à l’origine, et aujourd’hui nous le traitons toujours en esclave en semi-liberté, placé sous le contrôle des multinationales qui puisent dans ces pays les matières premières à leurs bénéfices exponentiels.

Un exemple saisissant illustre ce racisme ordinaire, teinté d’ignorance et de fausse bonne conscience. Lors de l’émission ‘On n’est pas couché’ animé par Laurent Ruquier le 4 avril 2009, le chroniqueur Eric Zemmour s’en est pris à l’ex-juge Eva Joly qui avait instruit de nombreuses affaires de corruption dans des pays africains. Pour lui, condamner la corruption dans ces pays-là revenait à laisser le champ libre aux entreprises américaines (voir l’integralité de l’interview ici: http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=22442). Mais qu’est ce qu’il en sait? De source sûre, il se trouve justement que dans un pays africain, une entreprise candienne doit renoncer à un marché dans le domaine du transport car l’actionnaire principal ne souhaite pas faire figurer dans son bilan de façon détournée des sommes affectées à la corruption de fonctionnaires locaux. en effet, notamment depuis l’affaire Enron, les entreprises Nord Américaines sont excessivement prudentes avec l’argent « sale », le maquillage des comptes, etc. On rappelle que suite à l’affaire Enron, c’est toute la société Andersen Consulting, dont la fonction est d’auditer les comptes de ses clients, qui a du mettre la clé sous la porte. Aux US, reproduire un tel scenario est à exclure définitivement. Mais qu’en est-il en France? Les entreprises françaises (Bouygues, Total, Areva, Bourbon, Bolloré, Technip…) seraient-elles encore présentes sur le continent africain si les normes comptables devaient être respectées à la lettre? En effet, quel est le meilleur moyen d’encourager la corruption? Y céder ou la refuser? Cette entreprise canadienne a fait son choix, tirant un trait sur de juteux contrats et laissant la place à son concurrent français. Mais ces normes comptables s’internationalisent et l’impunité pour de telles pratiques, mêmes couvertes par des pseudo-intellectuels de droite français, ne devrait pas durer, si toutefois l’indépendance de la justice continue être garantie dans notre pays.

Car au final, la corruption, même si elle génère des revenus pour quelques privilégiés, est largement responsable de la situation catastrophique de ces pays, qui du coup ne peuvent pas avoir accès aux biens de consommation, même les plus élémentaires. En l’absence de débouchés, ce sont donc directement des emplois dans les pays producteurs et exportateurs qui sont touchés. Bien sûr, sur le marché africain ce ne sont pas tellement des produits « made in France » qui sont convoités, mais des articles plus abordables, fabriqués en Chine ou dans d’autres pays d’Asie du Sud-Est. Mais là aussi, un certain racisme sévit, et on en parle peu, car il s’agit d’un racisme davantage « social » qu’ethnique.

En effet, comment expliquer que la Chine ce soit l’eldorado des exportateurs européens, alors que ce pays arrive à produire avec les coûts de main d’oeuvre les plus bas de la planète? La réponse est que le « marché » chinois, ce sont les 150 millions de personnes assimilées à la classe moyenne, qui dispose au moins d’un niveau de vie comparable au notre (environ $1000/mois), et qui a donc accès aux joies de la société de consommation: logement, véhicule, équipement, voyages… Les 90% de la population restante est confinée aux tâches subalternes, avec salaire de misère et précarité absolue. Pour le Chinois privilégié, cet écart est justifié: ces nouveaux prolétaires sont des misérables paysans, sans éducation ni culture, qui doivent s’adapter à la vie moderne en passant par l’épreuve du labeur à l’atelier. D’ailleurs le pouvoir en place est largement complice, en maintenant une monnaie – le Yuan - artificiellement basse afin de rester compétitif à l’export, quitte à continuer à sous-payer le travailleur pauvre. Peu importe, puisque cette politique permet à la classe dirigeante d’inonder les circuits de distribution du monde entier de leurs produits.

D’autres exemples de par le monde montrent que c’est encore le malheur des uns qui fait le bonheur des autres, alors même que des solutions existent pour enrayer ces cercles vicieux, puisqu’enrichir son voisin, c’est avant tout en faire un client, un partenaire. Nous ne parlerons pas non plus des autres formes de discrimination, envers les femmes ou les homosexuels, qui font que beaucoup de pays dans le monde restent en marge de la grande civilisation globale que peut-être certains utopistes présents lors de la conférence Durban II ont tenté de défendre, en vain. Mais si les médias et l’ensemble des personnes concernées mettaient en évidence la relation étroite qui existe entre haine de l’autre et précarité, peut-être que les opinions commenceraient à changer. Les conflits d’intérêts qui opposent à l’heure actuelle les etats montrent que nous en sommes encore très loin.

Expo : « Les minorités nationales, souffle de diversité, souffle d’Europe »

Plaquette Exposition Minorites

La convention-cadre pour la protection des minorités nationale, entrée en vigueur le 01 février 1998, est l’un des traités les plus complets ayant pour objet la protection des droits des personnes appartenant à des minorités nationales.

C’est au travers d’un reportage en Vojvodine, que le photographe Sandro Weltin est allé à la rencontre des nombreuses minorités de cette région de Serbie, pour tenter de saisir cette réalité d’identités complexes. Cette exposition offre un regard sur ces minorités nationales qui sont parties prenantes d’une Europe diverse et multiculturelle.

Pot de finissage le vendredi 17 avril à 18 h 30, en présence des artistes

Entrée libre

Exposition ouverte du mardi au vendredi, de 14 h à 20 h et tous les jours de représentation (samedi, dimanche et lundi inclus) de 14 h à l’issue des spectacles

MAILLON-WACKEN
PARC DES EXPOSITIONS
PLACE DU WACKEN
STRASBOURG
TÉL. 03 88 27 61 81
WWW.LE-MAILLON.COM
Renseignements sur le site du conseil de l’Europe www.coe.int/MinoritiesExpo

Le grand casting de la politique française

Sans méthode réellement scientifique mais sur un panel de 7000 personnes (tous internautes, ce qui fausse légèrement les critères de représentativité), le journal gratuit Metro et la radio RMC ont organisé un sondage pour déterminer les personnalités du monde politique (au sens large) les plus à-même de conduire le pays à travers cette crise que nous traversons actuellement. Et voici le résultat:

  • Premier Ministre: François Bayrou 48 %
  • Ministre de l’Éducation: Ségolène Royal 40 %
  • Ministre de la Santé : Patrick Pelloux 42 %
  • Ministre de l’Intérieur : Manuel Valls 55 %
  • Ministre de la Culture : Bernard Pivot 46 %
  • Ministre de la Justice : Robert Badinter 43 %
  • Ministre de l’Économie et de l’Emploi: Dominique Strauss-Khan 61 %
  • Ministre des Affaires Etrangères: Dominique De Villepin 56 %
  • Ministre de l’Écologie: Nathalie Kosciusko-Morizet 42 %
  • Ministre de l’Intégration: Rama Yade 45 %
  • Ministre des Sports: Yannick Noah 37 %

A la lecture des résultats, on ressent le malaise d’une partie de la population vis-à-vis des choix politiques exprimés lors de la dernière élection présidentielle. A part les deux « copines » du gouvernement, Nathalie Kozciusko-Morizet et Rama Yade, aucun membre du gouvernement actuel. Et on notera l’absence de Bernard Kouchner, pourtant plébiscité lors de chaque consultation pour élire l’homme politique le plus populaire. Aucune personnalité issue de l’UMP non plus, si ce n’est un certain Dominique Marie François René Galouzeau de Villepin, plus connu sous le nom de Dominique de Villepin.

C’est donc François Bayrou, un opposant modéré, qui montre qu’entre un gauchisme forcené (Besancenot) et un libéralisme à l’efficacité aujourd’hui complètement remise en question, il existe un espace cohérent et réaliste qui sans changer le monde mettra tout de même une dose de bonne gestion et d’honnêteté intellectuelle (voire d’honnêteté tout court) dans un monde politique qui ne bouge plus que sous les caméras dociles des grands médias et aux micros des journalistes complaisants.  Face à Nicolas Sarkozy, François Bayrou se veut le tenant d’une autre voie pour gouverner le pays, sans toutefois remettre en cause  en profondeur les institutions, les règles de l’économie, les traités internationaux (l’adhésion à l’Union Européenne…), l’Etat de Droit, la Constitution, etc.

Pour l’accompagner dans sa mission, les participants à l’enquête ont choisi des personnalités fortes: Ségolène Royal, Dominique de Villepin, tous deux minoritaires dans leur propre camp, mais jouissant d’une cote de popularité élevée auprès des français. Mais peut-on imaginer une équipe formée d’invidualités aussi marquées et marquantes? Peut-on faire cohabiter une Ségolène Royal qui n’hésite pas à intervenir sur tous les sujets, dans tous les pays alors qu’elle n’est « que » présidente de la région Poitou-Charentes avec un Dominique de Villepin, l’homme du CPE, aujourd’hui sans mandat mais disant tout haut ce que l’ancien Président pense tout bas?

Ces personnalités accepteraient-elles de revenir dans l’executif avec un simple portefeuille ministeriel? Dominique de Villepin se baignerait-il deux fois dans le même fleuve? Et Ségolène Royal s’attaquerait-elle au mammouth, au risque de voir sa cote – notamment aupres des enseignants majoritairement PS – s’écrouler définitivement? Endosser des responsabilités à un moment critique, ce serait une belle leçon de courage politique. Encore faut-il que ce courage soit suivi d’une action réfléchie et performante.

L’ennui c’est qu’un tel gouvernement ne pourrait voir le jour qu’en… 2012! A moins d’une dissolution (et comptons sur notre Président actuel pour ne pas (re-)faire cette erreur!), les prochaines élections législatives – et présidentielles – sont prévues pour 2012. D’ici là, les experts en économie, Dominique Strauss-Kahn en tête, prévoit une reprise de la croissance – à condition que le système bancaire soit assaini. Après l’annonce du G20 de remettre 1000 milliards de dollars sur la table, via un FMI aux pouvoirs renforcés, on peut raisonnablement espérer que d’ici 3 ans, les choses auront en effet mûri, les perspectives se seront embellies et le pouvoir actuel pourra tirer un bilan extrêmement flatteur, puisque ce n’est personne d’autre que lui, notre président, qui nous aura sorti du pétrin, qui aura pesé dans les rencontres internationales pour imposer les solutions qu’il préconisait et qui sera donc brillament réélu au terme d’une campagne menée tambour battant, fidèle à sa réputation et à ses habitudes.

De plus, le résultat du sondage ne dit pas quelle personnalité pour être Président. Peut-être les internautes auraient-ils répondu Sarkozy? En tout cas, si ce n’est pas le cas et qu’autant de gens en France souhaitent changer radicalement de gouvernement, il ne reste plus que la manière forte. Certains ont déjà commencé à Strasbourg lors du sommet de l’OTAN, mais ces manifestants partagent-ils les mêmes utopies que l’internaute moyen? Et celui-ci pourra-t-il un jour passer du clavier au pavé? En tout cas en voici toujours un de plus, dans la mare, aux canards, et pas enchaîné non plus celui-là. A bon entendeur…

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