PAC: le grand défi de la gestion des ressources agricoles

Enfin, l’Union EuropĂ©enne a mis un terme aux 10% de jachère obligatoire. Pour le simple citoyen qui voit le prix des denrĂ©es alimentaires sans cesse augmenter, c’est un soulagement, car cela signifie augmentation des capacitĂ©s de production et donc baisse des prix. Il Ă©tait temps. Ce n’est qu’un symbole, mais important Ă  plus d’un titre. Premièrement la plupart des Ă©conomies nationales de l’Union subissent un regain d’inflation, qui justifie en grande partie la politique d’Euro fort menĂ©e par la Banque Centrale EuropĂ©enne. DeuxiĂ©mement, c’Ă©tait un signal fort envoyĂ© aux Eurosceptiques qui accusent la technocratie Bruxelloise de tous les maux, et notamment cette lourdeur qui freine toute rĂ©activitĂ© des producteurs face aux exigences du marchĂ©.

Pour autant, la bataille n’est pas terminĂ©e, car c’est maintenant aux quotas qu’il convient de s’attaquer. Non pas les quotas de pĂŞche, fixĂ©s davantage dans un souci de prĂ©servation des espèces, et qu’il n’est pas souhaitable de remettre en question, mais les quotas laitiers notamment qui brident notre agriculture, empĂŞchent les producteurs de lait d’Ă©couler davantage de leur liquide, qui s’avère de plus en plus prĂ©cieux dans un monde oĂą dĂ©sormais les pays Ă©mergents prĂ©tendent eux aussi Ă  une consommation occidentalisĂ©e, c’est-Ă -dire un approvisionnement par les circuits de distribution modernes: supermarchĂ©s, voire hypermarchĂ©s, comme c’est le cas pour l’enseigne Carrefour, solidement reprĂ©sentĂ©e en Chine.

Pour autant, la guerre des prix ne doit pas devenir une obsession, ou l’on risque de retomber dans les travers de l’agriculture intensive, qui avait Ă©tĂ© mise de cĂ´tĂ© pendant des annĂ©es au profit d’une recherche de qualitĂ© optimale. En effet, beaucoup de producteurs se sachant limitĂ©s quantitativement se sont prĂ©occupĂ©s d’Ă©laborer des produits de qualitĂ©, crĂ©ant une tendance lourde dans le comportement des consommateurs: la recherche d’authenticitĂ©, et donc de goĂ»t, ainsi que le « bio », vĂ©ritable achèvement de cette doctrine de la qualitĂ© ultime, l’aliment-mĂ©dicament, ou du moins sans effet nĂ©faste sur la santĂ©.

Non, bien sĂ»r, l’Europe ne devrait pas cĂ©der aux pressions du lobby pro-OGM, mais est-ce que la recherche de production de masse ne va pas relancer de vieux reflexes toujours bien ancrĂ©s dans les gènes de l’industrie agro-alimentaire? En ces pĂ©riodes difficles pour les consommateurs, la tentation est en effet grande de voir un peu de poudre de perlimpimpin resurgir Ă  nouveau et provoquer des scandales alimentaires d’un autre temps?

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