Nicolas Sarkozy, père de l’Europe?
PostĂ© par Philippe Baron - 10 juil 2008 Ă 16:01La prestation du Chef de l’Etat Français a Ă©tĂ© saluĂ© par tous, du moins sur la forme. Cet enthousiasme qui s’est dĂ©gagĂ© tout au long de son discours, son apparente dĂ©termination, notamment sur le cas de la Pologne, a Ă©tĂ© un signe fort. Fort de l’engagement du PrĂ©sident de la RĂ©publique Française pour avancer. La stratĂ©gie est la mĂŞme que lors des Ă©lections prĂ©sidentielles de 2007 en France: crĂ©er une dynamique, donner des signes d’ouverture, bref crĂ©er les conditions du dialogue et de la nĂ©gociation, pour mieux prendre les dĂ©cisions, quitte Ă crĂ©er du mĂ©contentement, mais pouvoir enfin se dire qu’on a fait avancer le schmilblick.
Car l’Europe, Ă l’aube de la PrĂ©sidence française, un sacrĂ© schmilblick, avec notamment le « non » irlandais, et le blocage des institutions qui en dĂ©coule. Mais le nouveau PrĂ©sident du Conseil l’a rappellĂ©, ainsi que le PrĂ©sident de la Commission JosĂ© Manuel Barroso, des Ă©lections lĂ©gislatives europĂ©ennes auront lieu en juin 2009, et il sera impĂ©ratif de donner une perspective claire aux Ă©lecteurs, quant aux consĂ©quences que pourraient avoir ces Ă©lections sur le fonctionnement de la Maison Europe. Autrement dit, il vaudrait mieux changer les règles du jeu avant de convoquer un nouveau Parlement EuropĂ©en, et permettre Ă©galement aux partis de se positionner dans la future organisation des 27 Etats membres.
A n’en pas douter, s’il rĂ©ussit ce pari-lĂ , Nicolas Sarkozy engrengera une grande victoire politique. Les chances pour qu’il y parvienne existent, et il peut notamment compter sur un Parlement particulièrement ouvert d’esprit, en tĂ©moigne la courtoisie des Ă©changes avec des euro-dĂ©putĂ©s de gauche (il a mĂŞme invitĂ© – en plaisantant – le PrĂ©sident des dĂ©putĂ©s Socialistes EuropĂ©ens Ă le rejoindre, puisqu’il avait dĂ©jĂ un socialiste Ă ses cĂ´tĂ©s, en dĂ©signant Bernard Kouchner).
Bien loin des querelles politico-politiciennes franco-françaises, Nicolas Sarkozy peut donc esperer que cet Ă©tat de grâce soit plus long que cleui accordĂ© par les Français après son accès Ă l’ElysĂ©e. La rĂ©cente libĂ©ration d’Ingrid BĂ©tancourt ne fait que renforcer sa crĂ©dibilitĂ©, car on sait certains voisins europĂ©ens, notamment – et surtout – les allemands, très sceptiques face Ă la mĂ©thode Sarkozy. Il est vrai qu’avec une telle personnalitĂ© (sans compter celle de son Ă©pouse), il ringardise copieusement la chancelière allemande, qui, en cas de succès de son homologue français, devrait de plus en plus souffrir de la comparaison.
L’Allemagne attendra donc la fin de la prĂ©sidence française pour faire les comptes, notamment sur le paquet Energie-climat, dont le PrĂ©sident français a fait la prioritĂ© absolue. En attendant, Daniel Cohn-Bendit a ouvert les hostilitĂ©s sur le thème des JO de PĂ©kin, reprochant Ă Nicolas Sarkozy sa prĂ©sence Ă la cĂ©rĂ©monie d’ouverture. Pour autant, tout l’hĂ©micycle s’est montrĂ© bienveillant pour les dĂ©bus de la prĂ©sidence française. il est vrai aussi qu’avec un peu d’objectivitĂ©, on ne voit pas pour l’instant de meilleur homme providentiel que Nicolas Sarkozy pour relancer la construction europĂ©ene.
Alors Ă quand la « monnetisation »?
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