L’Europe à la mode italienne

Lorsqu’on évoque la possibilité d’une intégration des pays membres de l’Union Européenne poussé à l’extrême, type Etats Unis d’Europe, se pose fatalement le problème de la langue. Pour les uns, il serait naturel de choisir l’anglais, qui est déjà la langue de travail de la plupart des entreprises transnationales.

Face à ce choix, de nombreuses voix s’élèvent pour s’opposer à l’Anglais, faisant valoir que l’Angleterre n’est pas le pays le plus exemplaire en matière d’intégration européenne, et le cas de la survivance de la Livre Sterling n’est qu’un exemples parmi les plus frappants.

Mais prendre l’une des langues du « couple-moteur » de la contruction européenne, que ce soit l’Allemand ou le Français pose également problème, tant les deux Etats veulent éviter que l’un ou l’autre ne devienne hégémoniaque sur le vieux continent.

Dans ce contexte, que nous reste-t-il? Imaginer un nouveau langage, un mélange de toutes les langues des 27? L’Esperanto? Le grec (ancien) ou le Latin? Cette dernière idée apparaitrait comme la plus neutre, puisqu’il s’agit d’une langue morte mais pratiquée à l’époque dans toute l’Europe. Mais puisque le Latin a évolué vers l’Italien, et que l’Italien est une langue vivante, pourquoi pas l’Italien?

L’un des obstacles à ce choix serait certainement le fait que l’Italien est la langue officiel, non seulement de l’Italie, mais du Vatican et de l’Eglise Catholique en général. C’est là que l’on réalise que les schismes successifs, les brouilles et les querelles de clocher finissent pas avoir des répercussions terribles sur la vie des peuples d’Europe. Au niveau du citoyen en effet, quelle différence fait-il, dans sa grande majorité, entre protestantisme et catholicisme? Heureusement, en France cet antagonisme religieux est beaucoup moins vivace qu’en Irlande. Or l’Irlande justement aurait besoin d’une intégration européenne accélérée afin de se démarquer de la tutelle britannique.

Au lien de cela, la fraternité Saint Pie X, fraîchement ré »intégrée par le pape Benoît XVI, vient d’ordonner 8 nouveaux prêtres à Ecône en Suisse. Vraisemblablement, 8 nouveaux prédicateurs qui vont s’empresser de fustiger la contraception et lavortement et tout ce qui d’après eux constitue un péché, et ce qui pour la plupart des eglises protestantes ne sont que des détails face aux véritables enjeux moraux du XXIéme siècle: l’exclusion, le sous-développement, la maladie, les guerres, les famines dans le monde…

L’italien en tant que langue est donc politiquement trop marquée du sceau du Saint-Siège, et c’est dommage, car l’Italie est aussi pionnière dans bien des domaines, que ce soit l’Industrie automobile, la mode, la gastronomie. Fidèle membre de l’Union depuis le début, elle a également la légitimité de l’origine de notre civilsation, largement inspirée du génie des Romains, avant que les Barbares venus de l’Est ne viennent replonger l’Occident dans le chaos jusqu’à la Renaissance, qui s’est manifestée en premier lieu… en Italie!

Sans être Italien, ni d’origine ni d’ascendance, l’Italien est objectivement la langue européenne par excellence. Facile à apprendre – au moins pour les latins, l’Italien pourrait s’imposer comme le compromis idéal. Pour preuve, la chaîne de télévision franco-allemande ne s’appelle ni « Art » ni « Kunst » mais « Arte »!

Et d’ailleurs le jour où une véritable chaîne de télévision européenne verra le jour, en quelle langue devra-t-elle émettre? Faudra-t-il des traductions simultanées dans toutes les langues de l’Union? Ou alors se poser la question de la langue Européenne universelle? Ecco…

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