Le Saint-Siège sur Ground Zero

Le Saint Siège, lieu où réside la Papauté est actuellement situé à Rome, dans l’état souverain du Vatican, enclave concédée par l’Etat Italien selon les termes de l’accord de Latran. Mais rien – dans le livre de référence de l’Eglise Catholique, la Bible – rien donc n’empêche le Saint Siège d’être déplacé ailleurs. Ce fut d’ailleurs le cas lorsque le Roi de France Philippe le Bel amena le Pape en France, en Avignon.

Rome fut choisie au départ par l’apôtre Pierre car c’était la capitale de l’Empire qui règnait sur le monde connu. Pour diffuser la bonne parole, il fallait être au coeur de la civilisation. D’autres apôtres évangèlisèrent un peu partout, d’Ephèse à Antioche, d’Athènes à Corinthe, dans tous les lieux qui comptaient intellectuellement et politiquement, mais Rome était la forteresse ultime, là où l’enseignement de Jesus de Nazareth prenait tout son sens, dans un monde à la fois brillant mais corrompu par le pouvoir et l’argent.

Aujourd’hui, Rome est toujours une capitale importante, mais surotut à cause de la présence de nombre d’édiles et de religieux de tous horizons qui en font incontestablement une capitale mondiale de la spiritualité, de la connaissance et des Arts si l’on ajoute à la présence depuis des sièces du pape en exercice, l’héritage romain, puis celui de la Renaissance et de la politique italienne en général puisque Rome est aussi la capitale politique de l’Italie.

Mais même en italie, des villes comme Milan, Turin ou encore Florence, Venise, Gênes, Sienne, Pïse, Bologne, Naples, Parme, etc. concurrencent Rome l’éternelle de plus en plus, et la ville sature: pollution, transport, logement, à l’instar d’autres grandes métropoles méditerannéenes, Rome est au bord de l’asphixie.

Or aujourd’hui le combat pour l’évangélisation des masses n’est plus le même que celui que menait Pierre au temps des premiers chrétiens. Il n’est plus le même non plus qu’il y a encore un siècle lorsque les Pères blancs accompagnaient la colonisation des territoires inexplorés d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine. Aujourd’hui le combat est ailleurs. Il ne s’agit pas de faire du prosélytisme, mais c’est un constat que chaque citoyen laïque peut faire: l’émergence des sectes pose un problème grave dans de nombreux pays. Même si la liberté de culte doit être respectée, les charlatans profiant de la naïveté de certains tirent des profits honteux du commerce des âmes. Dans ce combat, l’Eglise catholique, tout comme les églises protestantes, l’Islam et le Judaïsme modéré, a un rôle à jouer. Or ce n’est pas en Italie que les dérives sectaires sont le plus à craindre, le pays étant catholique à plus de 90% et ce n’est pas le denier du culte, quelques pièces dans un panier au moment de la quête du dimanche qui viendront fragiliser les finances de familles modestes.

Les yeux se tournent irrémédiablement vers les Etats-Unis, ce nouveau continent où la liberté est le maître mot – et tant mieux – mais où toutes sortes de pratiques immorales se développent et notamment dans le domaine qui nous interesse parlant de religion: les dérives sectaires. Scientologie, David Koresh et avant lui Charles Manson, sans compter des myriades de petites « Ã©glises » qui auraient parfois bien besoin de replacer leurs approches contestables dans un contexte théologique plus proche des vérités bibliques. Non pas que l’exégèse catholique soit le dogme unique, mais la confrontation de certaines idées avec celles de l’Eglise catholique, et notamment une Eglise catholique emmenée par un imminent théologien de formation, permettrait de relever le niveau du débat inter-religieux. En tout cas, si l’Eglise Catholique voulait sonner le rappel des troupes, nul doute que l’Amérique du Nord doit être la cible prioritaire.

Or le 21 septembre 2001, un évènement est venu semer le trouble dans les esprits, tant il fut ignoble dans son exécution et brutal dans son résultat. Il s’agit bien sûr de l’attentat du World Trade Center, qui a réduit en cendres les tours jumelles les plus hautes de Manhattan, véritable symbole de l’occident. Un message sans équivoque de la part de ceux qui se disent etre dictés par la Foi.

Alors quel symbole éclatant ce serait si des ruines des Twin Towers émergeait un lieu unique prêt à accueillir le Saint Siège des siècles à venir, entre Wall Street et le siège de l’Onu, face à la statue de la Liberté, qui éclaire le monde et dont les premiers rayons inonderaient la Cité Papale.

Pour les modalités, l’entente cordiale entre Benoît XVI, Silvio Berlusconi et George W. Bush permettrait d’effectuer un déménagement dnas lesmeilleurs conditions. Pour les modalités, le Saint-Siège pourrait vendre quelques acquis afin de racheter le terrain, l’Italie récupère la colline du Vatican pour y installler pourquoi pas le siège de la future Union pour la Méditerrannée (quel symbole!). Bref, tout le monde est content y compris les gardes Suisses qui pourraient en profiter pour adopter une tenue un peu plus contemporaine, en empruntant quelsques éléments du policeman du NYPD.

Bon, y a du boulot, mais pas d’obstacle majeur. Alors à quand le changement d’adresse?

 

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