Géorgie on my mine

On entend souvent l’expression attribuée à De Gaulle « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural ». Certes, mais quid de l’Asie Centrale, de ces nouveaux états indépendants comme la Georgie qui sont peut-être situés géographiquement en Asie mais dont la culture est davantage européenne. Davantage hellenistique par exemple qu’Asiatique au sens extrême-oriental du terme. Et puis les Européens ne sont-ils pas en grande majorité des Caucasiens?:) Nonobstant ce fait purement anecdotique, la Géorgie est autant Européenne que la Serbie, la Bulgarie ou la Moldavie. En réponse à la question de savoir si – en temps de paix – la Géorgie pourrait prétendre à entrer dans l’Union européenne, la réponse serait que ce serait très certainement plus facile qu’avec la Turquie.

Seulement la Géorgie a du mal – et c’est un euphémisme – a s’affranchir de la tutelle du voisin soviétique. Pardon, je voulais dire Russe, mais au vu des méthodes employés ces derniers jours, on pourrait se poser la question. Quelles que soient les motivations des Russes, et le fait d’imposer Dimitri Medvedev comme nouveau leader de la Fédération n’est pas la moindre (tout apparatchik de ce rang se doit d’avoir sa petite guerre, comme Brejnev l’Afghanistan, Poutine la Tchétchénie, Staline l’Allemagne…), la Géorgie n’est pas prête de rejoindre les 27. Alors quelle solution pour ces états du Caucase et d’Asie Centrale, qui ont faim de stabilité et de prospérité?

Malheureusement, la solution ne passera que par une résistance acharnée des populations locales, et de leur diaspora, pour sensibiliser par tous moyens l’opinion russe à leur problème et faire abandonner aux nostalgiques de l’Empire leurs velléités expansionnistes. Il reste à voir si les Géorgiens emploieront la manière forte à l’image de leur voisins Tchétchènes, ou une méthode plus pacifiste – mais plus lente et aléatoire, à la croisée des chemins du Dalaï-Lama et de Viktor Iouchtchenko, l’autre ennemi intime du Kremlin à ce jour…

Renoncer à l’empire… c’est certainement le dernier pays, après la France, le Royaume-Uni, le Japon et quelques autres… a devoir se faire à cette idée, mais tant que dans l’opinion publique il y aura des nostalgiques de la Grande Russie, le chemin vers l’indépendance totale de toutes ces ex-Républiques de l’URSS sera tortueux et semé d’embuches (et de mines…).

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