Face à la crise: fuir, subir ou réagir
Posté par Philippe Baron - 17 juil 2009 à 19:02Des déficits qui se creusent, des réformes qui marquent le pas, et une situation qui s’enlise. Voilà le bilan après un an de crise financière qui se mue peu à peu en dépression généralisée, touchant peu à peu tous les compartiments de l’économie mondiale.
Les différents plans de relance n’y feront rien, les résultats des grandes entreprises mondiales seront dans le rouge, ou, au mieux, afficheront des taux de croissance bien inférieurs aux années précédentes. Face à ce marasme, les politiques mettent en place des aides sous diverses formes: primes à la casse et autres subventions, mais dont les effets commencent à s’estomper et qui coûtent cher. Surtout, ces aides ne font que prolonger l’illusion que les modèles économiques proposés jusque là sont encore viables, alors qu’à la lumière de la crise, de nombreux businesses apparaissent dépassés.
L’urgence porterait donc à innover, et innover encore. Seule l’introduction de nouvelles technologies permettront de surmonter ce cap difficile, en faisant diminuer les coûts et en attirant les consommateurs toujours à la recherche de produits ou de services encore plus performants.
A-t-on vu depuis un an des innovations révolutionnaires prendre le pas de façon définitive? Il n’en est rien pour l’instant. Par exemple dans l’automobile, les modèles hybrides sont encore perçus comme des prototypes et les quelques incitations des pouvoirs publics ne suffisent pas à inverser la donne.
Le risque, outre dans le cas des véhicules hybrides un surcroît de pollution, c’est de voir des chiffres de vente et une concurrence faussée par l’intervention de l’Etat. Et pendant ce temps-là des concurrents étrangers s’activent, saisissent les opportunités et s’imposent sur le marché, comme par exemple Apple avec son iPhone qui détrône aujourd’hui les ex-poids lourds du secteur, les Nokia et autres Sony Ericsson.
Face à la frilosité des industriels, les dirigeants des grands pays cèdent et continuent à soutenir à bouts de bras les fleurons des industries nationales. En suivant l’exemple Américain, puisque les USA continuent à s’endetter sachant qu’au moment de payer leurs dettes, le Tresor américain pourra toujours dévaluer sa monnaie et ne rembourser qu’avec une monnaie affaiblie, qui aura entraîné dans son sillage toutes les monnaies mondiales, y compris l’Euro.
Le risque sera de voir les monnaies de pays émergents s’enfoncer encore davantage, pour permettre à leurs entreprises exportatrices de continuer à inonder le marché mondial de leurs produits à bas coûts. Mécaniquement, ce phénomène se traduira par un appauvrissement des masses laborieuses, facilitant ainsi les tensions sociales qui commencent à apparaître dans des pays comme la Chine, où la question du conflit ethnique n’est qu’un paravent qui masque des problèmes sociétaux plus profonds.
La crise a donc ceci de tragique, c’est qu’elle retarde le développement de l’humanité dans son ensemble. Tout le monde est pénalisé et en premier lieu les générations futures à qui nous lèguerons une planète confrontée encore et toujours aux mêmes problèmes.
Alors qu’il y a 40 l’homme marchait sur la lune, traversait l’Atlantique à la vitesse du son, rêvait de voyages intersidéraux pour l’an 2000 et de paix et de prospérité dans le monde, nous en sommes réduits à nous battre pour sauver la planète de l’étouffement pour cause de réchauffement climatique, de pénurie alimentaire, de conflits inter ethniques, et de tant de maux qui hypothèquent encore davantage les chances pour notre monde de s’en sortir.
Il est donc temps de ne plus fuir, de ne plus subir mais de rassembler nos dernières forces pour mettre en place les solutions qui s’imposent après une réflexion à la fois technique et objective, dans un climat dépassionné mais résolument concentré. Et alors peut-être, pourrons nous à nouveau regarder vers les étoiles, non pour trouver un astre capable d’accueillir les rescapés d’une planète Terre dévastée par ses propres habitants, mais pour assouvir notre curiosité intellectuelle et notre soif de connaissance.
L’espoir vient une fois de plus de l’autre côté de l’Atlantique ou le président Obama semble avoir la méthode idoine. Pour preuve, la nouvelle stratégie de l’OTAN en Afghanistan: secure, hold, build (sécuriser, tenir et bâtir). Cela implique la fin des bombardements aériens qui causaient de nombreux dégâts collatéraux, mais davantage de soldats physiquement engagés sur le terrain, avec des chances de pertes plus élevées. Mais ce réalisme devrait s’avérer payant, et la stratégie pour juguler la crise devrait être du même ordre, ce slogan pouvant parfaitement s’adapter aux enjeux économiques et financiers actuels…
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