Euro: la c(e)rise sur le gâteau
PostĂ© par Philippe Baron - 30 oct 2008 Ă 00:06La finalitĂ© de la crĂ©ation d’une monnaie unique en Europe n’a pas d’autre but que de renverser l’hĂ©gemonnie du dollar. Peu d’hommes politiques ou d’analystes Ă©conomiques le soulignent, et pourtant, quelle autre raison aurait poussĂ© tous les pays de l’Euroland Ă abandonner leur droit de battre monnaie? Faciliter les flux d’argent au sein de la CommunautĂ©? CrĂ©er un symbole de l’unitĂ© politique de l’Union? Le dĂ©bat lors de l’adoption par rĂ©ferendum du TraitĂ© de Maastricht portait sur tout, sauf sur l’essentiel: donner au monde un nouvel Ă©talon, plus sĂ»r, plus constant afin de remplacer le dollar amĂ©ricain dans les achanges entre pays: factures Ă©nergĂ©tiques, emprunts, rĂ©serves de change… Et par la mĂŞme faire vaciller le mode de vie amĂ©ricain, basĂ© sur le crĂ©dit quasi-illimitĂ©, puisque la dette US est exprimĂ©e en dollars US, et que donc pour faire baisser la dette, il suffit de faire baisser la monnaie qui sert de rĂ©fĂ©rence.
Et c’est pourquoi les 3 fameux critères de Maastricht (Croissance, endettement et inflation) Ă©taient si importants et si stricts, et pourquoi la Banque Centrale EuropĂ©enne a mis tant de temps Ă baisser ses taux, alors mĂŞme que les Etats, la France et son remuant PrĂ©sident Nicolas Sarkozy en tĂŞte, commençaient Ă s’impatienter devant l’inflexibilitĂ© des grands argentiers EuropĂ©ens.
Pourtant, la BCE a fini par craquĂ©. Les Etats avaient ouverts la voie en enfonçant les critères de stabilitĂ© avec une croissance en berne et un dĂ©ficit au-delĂ des limites tolĂ©rĂ©es. Et voilĂ que l’Euro suit Ă nouveau le dollar, au grĂ© des annonces de la FED, des donnĂ©es macro-Ă©conomiques et du prix du baril de brut lĂ©ger.
Est-ce pour autant que le plan imaginĂ© en 1987 par les signataires du pacte pour la monnaie unique est dĂ©finitivement abandonnĂ©? Etant donnĂ© les circonstances, on peut se dire que ce n’est que partie remise. Mais au moment oĂą le pouvoir d’achat est menacĂ©, la tentation du crĂ©dit facile est grande, surtout quand on est un Etat et que sa signature est solide.
Faut-il dans ce cas s’endetter davantage, quitte Ă crĂ©er un cercle vicieux en se laissant contaminer par la voie du rĂ©haussement de crĂ©dit? Hier on pensait les banques solides, aujourd’hui tout est remis en question. Seuls les Etats semblent Ă©pargnĂ©s, mais pour combien de temps, surtout s’ils suivent leurs banques et que celles-ci accumulent les mauvais rĂ©sultats? Pis, les bourdes et autres abus de confiance.
MĂŞme s’il fallait rĂ©agir en lâchant du lest, remonter la pente implique nĂ©cessairement une Ă©puration du système. un travail de titan puisqu’il s’agit lĂ d’empĂŞcher toute fuite de capital vers une ressource « pourrie »: niches fiscales, paradis fiscal, produits financiers hasardeux etc. Avec l’informatique et Internet, l’argent circule vite, et contrĂ´ler l’ensemble des flux est une gageure. Mais c’est pourtant ce Ă quoi nous devons tendre, afin de repartir sur des bons rails. Mais peut-ĂŞtre que d’ici lĂ notre adversaire dĂ©signĂ© aura lui aussi fait le mĂ©nage et converti une nation vivant Ă crĂ©dit qu’il fallait d’abord s’assurer de pouvoir rembourser un emprunt avant de le contracter. Cela, l’issue des urnes le 4 novembre prochain permettra d’y apporter des Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse.
A suivre dans un prochain post, Ă©videmment consacrĂ© au PrĂ©sident Obama (on peut dĂ©jĂ s’habituer Ă l’appeler ainsi, ça fera gagner du temps).
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