Retour à la nature contre exode rural
Posté par Philippe Baron - 20 fév 2009 à 20:03Tout le monde connaît la phrase de Sully, Ministre des Finances du roi Henri IV, qui écrivait dans ses Mémoires ‘Labourage et pâturages sont les deux mamelles de la France ». Délicieusement désuète, le point de vue de Sully prend une tournure tout de suite plus actuelle lorsqu’on cite la phrase en entier: « Pâturage et labourage sont les deux mamelles dont la France est alimentée, les vraies mines et trésors du Pérou ». Si aujourd’hui l’Eldorado est un fantasme mort avec les civilisation pré-colombiennes, le mythe de l’or est encore toujours aussi présent dans l’inconscient collectif, a fortiori en temps de crise et les cours du métal précieux actuellement font prendre la mesure de la gravité de la situation présente.
La ruée vers l’or à laquelle nous assistons, conditionnée par le déficit de crédit des autres placements, est comparable aux autres ruées vers l’or, qui font oublier aux chercheurs de fortune les bases même de leur équilibre social et économique. Pour les plus chanceux, la pépite tant convoitée, pour les autres la paupérisation et le désespoir.
Alors que les Etats engouffrent des milliards dans d’hypothétiques plans de relance, ne serait-il pas temps de revenir aux fondamentaux, qui plus est dans un contexte de necessité écologique, qui font des villes des enfers livrés aux affres de la pollution sous toutes ses formes: atmosphère, eau, énergie…
Pourtant, combien sont-ils aujourd’hui à habiter dans des cités dortoirs alors même que leurs parents vivaient à la campagne, élevant du bétail, faisant pousser du grain? Et pourtant la Révolution Verte sensée nourrir la planète entière ne semble plus tenir ses promesses et d’un régime de surproduction en Europe, la situation bascule peu à peu vers une insuffisance chronique, faisant bondir les prix des matières premières agricoles: céréales, lait, fruits et légumes, viandes…
Tout en prenant garde à ne pas déroger aux traités sur le Commerce Mondial limitant les aides de l’Etat aux agriculteurs, ne faudrait-il pas réorienter les efforts des gouvernements européens vers une aide massive non pas à l’agriculture, mais aux zones rurales, permettant de réinjecter dans ces zones délaissées par les populations les plus jeunes, de la population active, des familles, des enfants, et donc un futur pour les services publics (Poste, écoles…), les services de santé, le petit commerce local (boulangeries, boucheries…), etc.
Les grandes villes parviennent à créer par exemple des zones franches, abaissant sensiblement les charges dès lors que le personnel réside dans les limites de la zone. Pourquoi limiter ces aides aux zones urbaines? Au contraire, il faudrait décourager les personnes issues de ces grands ensembles – de toutes façons voués à la démolition à terme – et les encourager à s’installer dans des zones rurales, en y recréant de l’emploi (agriculture, petite industrie, services…) grâce à une fiscalité attractive.
Ces immigrés que l’on est venu chercher Afrique du Nord, ces sans-papiers qui errent de petit boulot en petit boulot et au noir, ces réfugiés politiques asiatiques, afghans ou irakiens, ne sont-ils pas pour la plupart à la base des paysans? Des paysans qui ne demanderaient pas mieux que de travailler la terre pour un salaire décent plutot que de faire le sale boulot des français et vivre terrés comme des rats dans les villes?
L’autre conséquence, c’est aussi d’amener peu à peu une population exogène dans des contrées parfois difficiles, aux moeurs rudes et à la tolérance pas toujours très lisible. Pourtant, ce n’est pas en cantonnant les faciès différents dans les villes que le racisme latent et profond qui anime parfois certains de nos compatriotes tendra à disparaître, mais en contraire, en allant provoquer la différence, en créant du contact pour libérer l’électricité ambiante et finalement laisser passer l’orage et créer la société européenne de demain.
On le voit, apporter un rééquilibrage entre villes et campagnes est non seulement une nécessité écologique, une opportunité économique mais aussi une manière de recréer du lien social entre différentes composantes – parfois opposées – de la nation.
Signe des temps, Sully le super intendant des Finances qui a été l’un des argentiers les plus efficaces que la France ait connu, permettant à ses souverains de guerroyer partout en Europe sans se soucier de l’état du Tresor, ce grand serviteur de l’Etat donc, se vit finalement tomber en disgâce et du se contenter de la charge de gouverneur du Poitou. Comme une certaine Ségolène Royal… Faut-il y voir un signe?
Quel futur pour l’industrie automobile?
Posté par Philippe Baron - 11 fév 2009 à 14:35Toute crise est perçue comme une période difficile, où les mauvaises nouvelles s’enchaînent pour finalement se concrétiser sous la forme de plans de restructurations, pour ne pas dire licenciements, qui se traduisent ensuite socialement par des ménages fragilisés, peinant à assurer aux enfants au quotidien de quoi leur assurer un avenir meilleur.
Pourtant, certains n’hésitent pas à définir les crises comme avant tout des facteurs de mutation de la société. Le voir sous un angle si optimiste peut laisser penser que ces personnes ne subissent pas les dommages collatéraux de la crise énoncés plus haut. Mais en regardant les causes, les effets et surtout les remèdes des crises passées, on ne peut que finalement se résoudre à accepter la crise comme un signe de changement, foncièrement positif, au même titre que la concurrence pour une entreprise, qui face à l’adversité se doit de se réinventer en permanence, en redéfinissant sa stratégie en fonction des contraintes nouvelles.
A l’heure des bilans, l’industrie automobile est en crise dans tous les pays occidentaux, avec des chutes de ventes de voitures neuves sans précédent. Seuls quelques constructeurs, low-cost comme Dacia ou à l’inverse très haut-de-gamme parviennent à sortir leur épingle du jeu. Coincés entre des impératifs de baisse des coûts de production et une necessité de maintenir des prix de vente attractifs, les constructeurs européens et notamment français devront faire preuve d’imagination. Aujourd’hui, et ce depuis quelques années, c’est le design qui est mis en avant pour séduire le public. Tantôt clairement novateur, tantôt ultra-conformiste, les constructeurs jouent sur l’aspect du produit, tant au niveau des lignes que du concept du véhicule: monospaces compacts, coupés 5 portes, utilitaires de loisir, micro-citadine, break sportif, la notion de « crossover » (fusion de différents types de véhicules) est ce qui porte le marché actuel, très à l’écoute des besoins des consommateurs.
Aujourd’hui face à la crise, on peut se demander si ce marketing est-il bien utile et si on ne ferait pas de tout sacrifier aux coûts de production pour finalement ne se focaliser que sur le prix de vente. Mais ne serait-ce pas là un changement de stratégie qui n’apporterait rien de nouveau puisque le low-cost est un marché deja existant et sur lequel des constructeurs sont déjà bien positionnés. L’effet « image de marque » pourrait jouer (une Renault au prix d’une Dacia…), mais combien de temps avant que la marque ne se banalise? Même si un constructeur pourrait « recycler » dans le low-cost une de ses marques aujourd’hui inutilisée (Talbot), on le voit bien, l’image de marque dans l’automobile reste un élément essentiel du patrimoine de l’entreprise, une image de marque qui s’est forgée au cours des décennies à travers des victoires dans les sports mécaniques, des campagnes de publicité, des modèles mythiques, bref, une Histoire avec un grand H et il suffit de visiter certains musées de l’automobile pour s’en convaincre.
Alors aujourd’hui comment capitaliser sur cette marque pour conquérir de nouveaux marchés? C’est la question que ne se posent pas les constructeurs qui continuent à plancher sur les véhicules du futur, chasse aux émissions de carbone oblige. Pourtant, c’est là que se situent les relais de croissance: en dématerialisant le produit et en étendant le savoir-faire des entreprises à des domaines qui leur étaient jusque là étrangers.
Par exemple, la conception d’un véhicule se fait maintenant grâce à l’outil informatique et les images de synthèse. Pourquoi ne pas utiliser ce savoir-faire pour pénétrer l’univers du jeu video, grâce à un mix des deux à travers une simulation qui s’apparenterait à un jeu de stratégie dont le but serait de concevoir sa propre voiture, à la manière de ses jeux de voitures sur console où le joueur peut modifier les pièces, la couleur, la configuration, etc.
Couplé à un autre savoir-faire, celui du financement, cela peut rendre le jeu très interessant. Imaginez un enfant, plutôt que de lui acheter des jouets dont il finit par se lasser, les parents, les grands parents souscrivent à un abonnement par prélèvement automatique permettant de verser une somme de quelques euros tous les mois sur un compte bloqué et rémunéré et qui alimente le jeu de simulation de création de véhicule via Internet. Ainsi, en grandissant l’enfant peut déjà visualiser le véhicule qu’il pourra s’acquérir une fois son permis de conduire obtenu. Troc, bonus, jeux lui permettent de maximiser son budget. L’interactivité permet de faire remonter au constructeur les besoins des consommateurs de demain, et il créé un lien de fidélisation unique.
Ainsi, un enfant qui perçoit 40 euros par mois pendant 15 ans aura à ses 18 ans près de 8000 Euros, de quoi s’acheter sa première voiture. En epargnant moins, il attendra plus longtemps, le temps de passer son permis, trouver un emploi, etc… Les familles le font pour le logement (Plan epargne Logement), pourquoi pas le véhicule? Et pourquoi pas un coup de pouce de l’état comme pour le logement? (Défiscalisation)….
Ainsi, sans investir dans des centres de production coûteux et en se servant au maximum des compétences présentes en interne, les constructreurs pourront toucher de nouveaux consommateurs: les enfants et les grands parents, ils pourront compter sur des rentrées financières regulières et prévoir très longtemps à l’avance les modèles à produire dans les usines. Enfin, plutôt que de prêter de l’argent aux consommateurs, ils pourront disposer d’une importante source de financement pour des projets futurs, et préparer plus que jamais l’automobile de demain, qui non seulement ne polluera pas, mais ne tuera plus, car il n’est pas question de mettre entre les mains de nos enfants des armes, mais bien des objets de plaisir avant tout.
Obama Sapiens Sapiens…
Posté par Philippe Baron - 19 jan 2009 à 02:03Homo Sapiens Sapiens, voici le nom scientifique de l’espèce à laquelle appartient le 44eme Président des Etats-Unis d’Amérique. Et si vous lisez cet article, il y a de fortes chances que vous fassiez également partie de cette espèce. En fait, les connaissances scientifiques actuelles peremttent de dire que cette proportion de chances est de 100%. En fait, Barrack Obama, tout comme vous et moi, fait partie de l’espèce humaine, de genre mâle, donc un homme tout simplement.
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Bien sûr, il y a eu d’autres hommes avant lui qui ont suscité de l’espoir comme aujourd’hui Barrack Obama: de Jesus à Gandhi, de Mahomet à Nelson Mandela, et bien d’autres encore, mais ils n’étaient que des hommes, et c’est ce qui créait l’espoir parmi leurs contemporains et au-delà . Mais aujourd’hui, dans un contexte « multi-crise » (financière, économique, écologique, climatique, etc.), l’attente est énorme, et le candidat aujourd’hui élu n’est peut-être pas préparé à répondre à cette demande, tout comme son prédecesseur George W. Bush n’était pas prêt à gérer le choc du 11 septembre.
Nul doute qu’il s’inspirera sûrement de l’action du Président Sarkozy, qui sans afficher pour le moment des résultats concrets, semble être perçu de façon positive tant par les opinions publiques que les medias en général qui semblent bien être sous le charme d’un homme « d’action », mais en fait surtout très habile dans le discours et la manoeuvre politique. Avec son programme à lui, qui sera fait pour l’interieur de relance économique et pour l’extétieur de finir la présence US en Irak.
Mais sauf à capitaliser sur son image pour maintenir la confiance et l’illusion d’être une super-puissance, aura-t-il le temps – et la volonté – de réformer une société avant tout malade de ses excès? A commencer par l’absence d’éducation qui est la cause première de tous les maux de cette grande nation: crime, drogue, alcoolisme, malbouffe, pollution, etc. Le seul espoir vraiment réaliste est évidemment la fin des préjugés raciaux qui sévissent avec force dans ce qu’on appelle pourtant le melting-pot. Et c’est déjà énorme! Et pourquoi pas une révolution des mentalités qui pourrait d’ailleurs déboucher sur d’autres mini-révolutions dans tous les domaines.
D’ailleurs une crise comme celle que nous vivons est une période favorable pour remettre en question des vérités gravées dans le marbre depuis des années, voire des siècles. Et pourquoi pas une vraie révolution? La tension sociale est à son comble, les foyers de conflits se sont quasiment tous embrasés, la dépression économique couve partout, les gouvernements sont en panne de tout: liquidités, idées, soutien populaire…
Bref, un mandat qui s’annonce explosif pour le premier président Noir des Etats-Unis, qui sera de plus attendu au tournant par une très forte minorité blanche conservatrice, ainsi qu’une minorité noire qui ne l’a pas reconnu comme l’un des leurs à proprement parler, n’étant pas descendant d’esclaves. Il n’a d’ailleurs donné aucun signe à « sa » communauté, et ce sera très certainement l’un des moments forts des débuts de son mandat. Un moment certainement déjà pensé, soupesé et acté. Où l’on verra aussi si le programme du candidat Démocrate est à l’image de celui qui le porte ou un composite des lobbies qui ont financé sa campagne, ficelé par une armada de conseillers, qui lui ont déjà suggéré de renoncer à son Blackberry (téléphone portable) pour des raison de sécurité…
En tout cas les premiers jours, les premières semaines suivant son investiture seront passonantes à suivre, et l’on pourra peut-être déjà savoir si Barrack Obama pourra rentrer dans l’Histoire qutrement que seulement pour être le premier Président Américain de couleur, ce qui serait le comble pour quelqu’un qui aspire justement à l’abolition des résidus de ségrégation qui sévisse encore ça et là …
Un canal transsaharien pour sauver l’Afrique
Posté par Philippe Baron - 19 déc 2008 à 17:363500 km. C’est environ la distance qui sépare la Mer Rouge de l’Atlantique. A part les caravanes de dromadaire, des véhicules tout terrain et quelques fêlés sans autre moyen de locomotion que leurs jambes, personne ne s’aventure sur un tel trajet, préférant de loin l’avion ou le bateau, du moins lorsqu’il n’y a pas de pirates à l’horizon.
La piraterie justement, ce fléau qui tel une épidémie de peste ou de tuberculose vient faire parler d’elle, menaçant les routes maritimes commerciales et semant la terreur tout autour de la Corne de l’Afrique. En y envoyant leur flotte, des Etats tels que la France ou la Chine protègent une zone vitale pour leur approvisionnement pour les uns et pour leurs exportations pour les autres. Les forces en présence devraient faire pencher l’issue de cette parenthèse flibustière nettement en faveur des forces de marine régulière. Quoique sait-on jamais, avec lespirates…
En tout cas une stabilité dans la région permettrait d’y voir plus clair et notamment de lancer pourquoi pas des projets d’envergure pour le développement. Le rêve fou d’un canal partant de la rive occidentale (Egypte) et traversant tout le désert dans le sens de la largeur jusqu’en Mauritanie auraitpourtant des retombées très significatives sur de nombreux aspects qui pèsent sur la problèmatique africaine.
Tout d’abord, apporter l’eau au coeur du désert, c’est apporter la vie. Ainsi irrigué, la zone du canal serait un périmètre amené à prospérer. Un cycle de l’eau bien étudié permettrait d’apporter la pluie dans les zones les plus reculées du Sahara, et peu à peu contribuer à changer le désert… en une oasis géante!
De plus avec la montée des eaux, un canal de plus de 3500 km de long représente des metres cube d’eau pris sur la mer, ce qui aurait pour conséquence de faire baisser le niveau de la mer à l’échelle du globe: de quoi faire adhérer des pays commme les Maldives, les Pays-Bas ou l’Italie (Venise). Un rapide calcul permet de réaliser qu’un canal transsaharien de 3500km de long, 100m de large et 25m de profondeur (un minimum!) représente environ 0.6% des 1347000000km cube d’eau contenue dans tous les océans du globe.
Creuser plus profond, ou créer des étendues artificielles au milieu du désert pourrait permettre de pousser à 1%, et donc de faire diminuer d’autant le niveau des oceans.
Le canal devra être assez large pour faire passer les gros transporteurs, voire les supertankers, et ainsi la flotte commerciale aura un raccourci entre le Moyen Orient et l’Atlantique. La fin malheureuse du Canal de Suez prouve que cet axe est toujorus hautement stratégique. Il permettra aussi à toute une population de se fixer le long du canal, un cours d’eau étant toujours synonyme de prospérité, et cela surtout en Egypte: un canal traversant Est-Ouest serait pour les Egyptiens un bienfait au moins aussi profitable que le Nil l’a été pendant des siècles, voire des millénaires!
Le projet en lui-même est assez colossal, mais permettra de donner du travail non seulement aux locaux, mais à nos grandes entreprises françaises et européennes: Vinci, Bouygues, Eiffage, Lafarge, mais aussi Würth, Liebherr, etc. Et pourquoi pas utiliser le savoir-faire acquis lors de la percée du tunnel sous la Manche et associer Eurotunnel?
Dès lors que le rêve devient projet, les idées ne manquent pas. Et si c’est faisable, il faut le faire. Depuis des années, relier la france et la Grande-Bretagne à pied sec était une utopie. Au XXème siècle ce fut une réalité, comme le fut le Canal de Suez et de Panama au XIXème. Le XXIème siècle doit il seulement être un siècle de crise perpétuelle? Ou finiront-nous par voir le bout du tunnel? Ou du canal devrais-je dire…
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De Kyoto à Carrefour en passant par la case Web
Posté par Philippe Baron - 4 déc 2008 à 20:04Comment contribuer à réduire de manière significative les émissions de CO2 dans notre pays? Pourquoi ne pas prendre des mesures fortes pour accompagner le développement des courses en ligne? Au-delà du fait que cela évite de perdre un temps précieux à déambuler dans les allées des centres commerciaux, cela peut avoir un impact très important sur notre environnement, et pas uniquement en termes d’émission de gaz à effet de serre.
Combien sommes-nous chaque semaine à prendre notre véhicule pour aller faire nos courses de la semaine? 5? 10? 15 millions de français? Prenons l’estimation basse: 5 millions de véhicules qui parcourent une distance moyenne d’environ 10 km (aller-retour) pour se rendre dans une grande surface. Soit 50 millions de km par semaine, soit pour 50 semaines pour un an (arrondissons!) 2,5 Mds de km. Si l’on multiplie par l’emission moyenne de CO2 par km, environ 200g, on atteint la somme faramineuse de 500 000 tonnes de CO2 par an!
Pourtant il existe dans de nombreuses villes la possibilité de faire ses courses sur Internet. Cette façon de s’approvisionner ne cesse de conquérir de nouvelles parts de marché, mais le frein des frais de livraison empêche ce secteur de véritablement décoller. Or devant le spectacle pathétique d’un samedi aux courses, on ne peut s’empêcher de croire à la fin prochaine de ce mode de consommation: attente aux caisses, ensachage, transport des acs à la voiture, chargement dans le coffre, puis acheminement vers le domicile. Sans compter la chasse à la place de parking lorsque celui-ci est complet!
Et à propos du parking, celui-ci est également à l’origine de graves pollutions des sols, des liquides toxiques s’échappant des moteurs à l’arrêt s’infiltrent dans les sols et viennent polluer les nappes phréatiques. Supprimer ces espaces bitumés permettraient de regagner des espaces verts, et stopper cette pollution insidieuse, qui s’étant pourtant sur des Km² à travers la France!
Le fait de passer par un système de livraison permettrait de faire baisser significativement le nombre de trajets effectués entre les particuliers et la grande surface, puisque le véhicule de livraison ferait une tournée plutôt que des allers-retours incessants. Et si en plus c’est un véhicule électrique ou non-polluant, ce sont des tonnes de CO² en moins dans notre atmosphère. Sans compter la baisse du trafic sur les routes, les accidents en moins, l’usure des véhicules, etc.
C’est donc une proposition forte à faire avancer du côté des pouvoirs publics afin que des aides soient consenties aux consommateurs utilisant les services de livraison de courses à domicile, en subventionnant par exemple des « codes promos » équivalent aux frais de livraison, ou d’un montant permettant d’en diminuer le coût.
A terme ce système amènera progressivement à la disparition de certains métiers de la grande distribution, hôtesses de caisse en tête, mais il a été démontré maintes fois que le progrès technique n’est en rien destructeur d’emplois, au contraire, et d’une manière ou d’une autre les sites assurant ce type de prestation devront maintenir une relation privilégiée avec le client, sous forme de chat ou autre.
On se consolera sans doute en s’imaginant prendre sa voiture uniquement pour des déplacements librement consentis, sur des routes dont le tracé invite au plaisir de conduire, et si possible sans rejeter la contrepartie gazeuse de ce plaisir dans l’environnement!
Sunday working sunday*…
Posté par Philippe Baron - 3 déc 2008 à 20:41Le dimanche reste un symbole fort: à quoi bon travailler sans jours de repos à la clé, pour profiter un peu de la vie et du confort qu’est sensé nous procurer notre travail et la merveilleuse société de consommation dans laquelle nous vivons.
Mais peu à peu des fissures sont apparues dans ce grand et beau symbole: la laïcité, et l’émergence de religions qui reconnaissent d’autres jours comme jour de repos (musulmans le vendredi et samedi pour les juifs), les professions qui ne peuvent pas s’arrêter de travailler, quel que soit le jour de la semaine: services d’urgences (hopitaux, pompiers, police, gendarmerie…), les militaires et les sociétés de surveillance, les personnels des médias (TV, radio, journaux…), le secteur de l’Hotellerie/Restauration et du Tourisme en général, qui représente une foultitude de petits métiers, du pilote de ligne au réceptionniste mais aussi de l’agent de péage au pompiste, etc.
Puis, par extension, ce sont des commerces situés dans des lieux touristiques qui ont commencé à ouvrir: boulangeries, patisseries, boutiques de souvenirs, petite restauration, cafés, bars… Et comme tous ces métiers représentent finalement une bonne part de la population active, il a fallu faire fonctionner des services, publics ou privés, pour permettre à ces travailleurs du dimanche de pouvoir opérer normalement: transports en commun, restauration collective etc.
Là -dessus, l’industrie y est allé également de son coup de canif en instaurant des équipes le week-ends sur les chaînes de production afin d’amortir plus rapidement les investissements dans l’outil de travail.
Au final, il ne reste plus beaucoup de catégories professionelles qui sont sures de ne pas travailler un dimanche. Le dimanche est donc en passe de devenir un jour comme les autres, avec comme argument massue le fait que cela créé de la croissance, donc de l’emploi, mais qu’aussi de plus en plus de gens apprécient de pouvoir profiter du dimanche pour faire ses courses ou son shopping, téléphoner à son banquier ou récupérer ses chemises au pressing. D’ailleurs le succès de l’e-commerce, ou le dimanche est un jour comme un autre, montree qu’il y a une demande forte.
On pourrait aussi envisager que des services publics comme la Poste, la Sécurité Sociale ou la CAF, ainsi que les mairies et préfectures soient également ouvertes le dimanche. Pourquoi pas, puisqu’on est dans un Etat laïque? Dominique de Villepin à l’époque où il était Premier Ministre avait émis le souhait que les administrations ouvertes au public le soient sur des plages d’horaires plus larges. Il n’avait pas parlé du dimanche, mais le poblème des horaires de travail ne se limite pas au dimanche, le travail de nuit ou le samedi pose également des problèmes de même nature, notamment pour les familles.
Pourtant, sortir de ce débat pourrait être envisageable, et cela sous deux conditions:
- Première condition: fixer une bonne fois pour toutes des horaires standard, qui prennent en compte l’horaire de la société en général (ouverture/fermeture des écoles, horaires diurnes…), soit de 8h du matin à 19h, c’est-à -dire une tranche de 10 heures pendant laquelle l’employeur peut fixer librement son horaire de base en respectant la législation sur le temps de travail (35h), soit par exemple, de 8h à 17h avec 1 heure de pause déjeuner, ou 9h à 17h30 avec une demi-heure depause déjeuner, etc… Et ce du lundi au vendredi.
En dehors de ces horaires, une majoration devrait être versée au salarié, par exemple si l’employeur souhaite le retenir jusqu’à 20h, le salarié toucherait 10% de plus sur la dernière heure travaillée. 10% ou davantage, selon un barême à fixer entre syndicats et patronat, le but étant que le travail du dimanche soit rémunéré de façon suffisamment attractive pour l’employé, et de façon suffisamment dissuasive pour l’employeur pour qu’il n’abuse pas de sa main d’oeuvre si son activité ne lui permet pas de rentabiliser ses charges de personnel dominical.
- Deuxième condition: que la base du volontariat soit effectivement respectée par l’employeur. Toute forme de discrimination vis-à -vis d’un employé qui n’aurait pas accepté de venir travailler en dehors des horaires cadre ne saurait être un motif de licenciement ou d’absence de promotion au sein de l’entreprise.
Le dimanche, ainsi que le samedi et le week-end en général doit être un repère pour la société, un rendez-vous donné aux autres, parents, amis, voisins, pour échanger et communiquer. Enfermé dans le carcan du travail 7 jours sur 7, ou même « libéré » alors que les autres ne le sont pas, n’est pas une situation très envieuse, et à long terme, la motivation même des personnels pourraient en être affectée. Tout comme le salaire, le temps libre ménagé par l’employeur est un facteur de bien-être de l’employé, le dénier serait une grave erreur, car quand le salarié se remet en question et qu’il réflechit au sens de la vie, sa réponse il ne la trouve que rarement dans son imaginaire professionnel, mais plutôt dans ce qu’il puise lorsqu’il est au repos, entouré des siens.
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*Sunday working sunday: dimanche travailler dimanche
Euro: la c(e)rise sur le gâteau
Posté par Philippe Baron - 30 oct 2008 à 00:06La finalité de la création d’une monnaie unique en Europe n’a pas d’autre but que de renverser l’hégemonnie du dollar. Peu d’hommes politiques ou d’analystes économiques le soulignent, et pourtant, quelle autre raison aurait poussé tous les pays de l’Euroland à abandonner leur droit de battre monnaie? Faciliter les flux d’argent au sein de la Communauté? Créer un symbole de l’unité politique de l’Union? Le débat lors de l’adoption par réferendum du Traité de Maastricht portait sur tout, sauf sur l’essentiel: donner au monde un nouvel étalon, plus sûr, plus constant afin de remplacer le dollar américain dans les achanges entre pays: factures énergétiques, emprunts, réserves de change… Et par la même faire vaciller le mode de vie américain, basé sur le crédit quasi-illimité, puisque la dette US est exprimée en dollars US, et que donc pour faire baisser la dette, il suffit de faire baisser la monnaie qui sert de référence.
Et c’est pourquoi les 3 fameux critères de Maastricht (Croissance, endettement et inflation) étaient si importants et si stricts, et pourquoi la Banque Centrale Européenne a mis tant de temps à baisser ses taux, alors même que les Etats, la France et son remuant Président Nicolas Sarkozy en tête, commençaient à s’impatienter devant l’inflexibilité des grands argentiers Européens.
Pourtant, la BCE a fini par craqué. Les Etats avaient ouverts la voie en enfonçant les critères de stabilité avec une croissance en berne et un déficit au-delà des limites tolérées. Et voilà que l’Euro suit à nouveau le dollar, au gré des annonces de la FED, des données macro-économiques et du prix du baril de brut léger.
Est-ce pour autant que le plan imaginé en 1987 par les signataires du pacte pour la monnaie unique est définitivement abandonné? Etant donné les circonstances, on peut se dire que ce n’est que partie remise. Mais au moment où le pouvoir d’achat est menacé, la tentation du crédit facile est grande, surtout quand on est un Etat et que sa signature est solide.
Faut-il dans ce cas s’endetter davantage, quitte à créer un cercle vicieux en se laissant contaminer par la voie du réhaussement de crédit? Hier on pensait les banques solides, aujourd’hui tout est remis en question. Seuls les Etats semblent épargnés, mais pour combien de temps, surtout s’ils suivent leurs banques et que celles-ci accumulent les mauvais résultats? Pis, les bourdes et autres abus de confiance.
Même s’il fallait réagir en lâchant du lest, remonter la pente implique nécessairement une épuration du système. un travail de titan puisqu’il s’agit là d’empêcher toute fuite de capital vers une ressource « pourrie »: niches fiscales, paradis fiscal, produits financiers hasardeux etc. Avec l’informatique et Internet, l’argent circule vite, et contrôler l’ensemble des flux est une gageure. Mais c’est pourtant ce à quoi nous devons tendre, afin de repartir sur des bons rails. Mais peut-être que d’ici là notre adversaire désigné aura lui aussi fait le ménage et converti une nation vivant à crédit qu’il fallait d’abord s’assurer de pouvoir rembourser un emprunt avant de le contracter. Cela, l’issue des urnes le 4 novembre prochain permettra d’y apporter des éléments de réponse.
A suivre dans un prochain post, évidemment consacré au Président Obama (on peut déjà s’habituer à l’appeler ainsi, ça fera gagner du temps).
La Suisse, Etat criminogène?
Posté par Philippe Baron - 13 oct 2008 à 22:24Alors qu’un appel universel et solennel résonne aux quatre coins du monde en faveur d’une moralisation de la finance, il va de soi qu’un contrôle accru des Etats sur les échanges monétaires internationaux ne peut se faire que si les Etats qui garantissent sur leur territoire le secret bancaire face volte-face.
Le secret bancaire n’est pas le seul fait de la Suisse, le Luxembourg ou l’Autriche par exemple l’utilisent également pour attirer des dépositaires fortunés souhaitant rester discrets… Pourtant, c’est bien la Suisse qui se fait regulièrement pointer du doigt: or des Nazis, blanchîment des mafias, Al Qaeda, etc…
Essayer de comprendre pourquoi la Suisse est LE paradis fiscal par excellence est relativement complexe, car le secret bancaire n’estpas le seul argument. En voici quelques autres
- Le secret bancaire n’est en fait pas « absolu ». C’est une obligation professionelle pour un banquier de rester discret sur les activités de ses clients. Mais depuis 1991, les comptes anonymes sont interdits. Pourtant, des intermédiaires peuvent prendre le relais et ainsi devenir les titulaires des comptes tut en travaillant pour un client… anonyme! Dans tous les cas, la justice d’un pays tiers aura toutes les peines du monde à y retrouver ses petits. Les Etats-Unis ont toutefois fait une demande officielle au gouvernement Suisse pour une levée du secret bancaire sur certains comptes suspectés d’évasion fiscale, demande qui a été reçue positivement par les instances fédérales.
- Le Suisse, au contraire des ÃŽles Bahamas par exemple, n’est pas stricto sensu off-shore, c’est un pays au coeur de l’Europe, entre l’Italie et l’Allemagne, entre l’Autriche et la France. A 3h de la Côte d’Azur, au pied des pistes de ski… La Suisse offre toutes les commodités pour satisfaire les exigences de toute personne fortunée. Car un paramètre déterminant lorsqu’il s’agit d’enrichissement personnel est que dans la majorité des cas, l’argent « sale » ne pourra pas être rapatrié dans le pays d’origine du fraudeur, car le fisc lui demanderait l’origine des fonds qui lui permettent d’assurer son train de vie… Alors qu’en Suisse, de nombreuses opportunités existent pour celui qui souhaite dépenser son argent sans avoir à rendre de comptes: villa au bord du Lac Léman, séjour dans un palace à Gstaad ou Zermatt, montres de prestige (la porter au poignet permet de passer la douane sans problème), et jusqu’au chocolat.
Prenons par exemple l’histoire de ce chef d’Etat Africain qui n’avait pas un mais deux boeing privés en permanence sur un aeroport suisse: l’un pour lui, l’autre pour sa femme. Interieur soigné, robinetterie en or, etc… C’est infiniment plus pratique de laisser son avion privé en Suisse plutôt que de le rapatrier dans son pays où le peuple et les medias se poseraient la question de savoir d’où proviennnent les fonds qui ont permis à ce serviteur de la Nation de se payer un tel luxe…
On le voit c’est toute une économie qui repose sur de l’argent sale finalement. Pour autant, il y a du talent en Suisse, comme le prouvent un Roger Federer, ou les équipiers du bateau Alinghi, vainqueur de la Coupe de l’America en 2003 et 2007, des entreprises mondialement connues comme Nestlé bien sûr, mais aussi Novartis, Hoffmann-Laroche, Zürich Assurances. Et même sans le secret bancaire, serait-ce pour autant la faillite assurée pour l’Union des Banques Suisses (UBS) ou Credit Suisse? Et par extension la faillite de tout un pays? Ce serait mal connaître le peuple Suisse, qui a cependant tendance à ignorer les ressources dont il pourrait disposer s’il était confronté aux même contraintes que les économies de leurs voisins avec qui elles partagent pourtant déjà la langue.
Et comment ne pas se demander pourquoi la Suisse est-elle encore le siège international de grandes organisations comme l’ONU, le CIO, la Croix-Rouge Internationale, la FIFA? Derrière l’apparente neutralité, ne se cache-t-il pas une passivité coupable, une complicité qui, sous le coup de butoir du bouillonement engendré par la crise financière actuelle, finira par faire scandale?
C’est justement pour éviter le scandale et salir la réputation de tout un peuple qui rejette absolument toute idée criminelle, directe ou indirecte, qu’il faut espérer que lors des prochaines votations auxquelles les électeurs helvétiques auront à prendre part, des décisions courageuses seront proposées et validées par les urnes. Ou par l’épée.
Bonus et Malthus
Posté par Philippe Baron - 13 sept 2008 à 17:37La venue du Pape Benoît XVI en France constitue toujours un évènement qui contribue à raviver le débat sur les questions d’actualité sur lesquelles l’Eglise tient un discours qui va à l’encontre des moeurs actuelles.
Avec comme « slogan » la phrase « Tournons nous vers la Source de la Vie » inscrite sur l’autel installé Place des Invalides ce samedi 13 septembre, c’est encore ce combat « pour la vie » qui transparait en filigrane de ce mot d’ordre, que l’on peut compendre par « retour à Jesus » mais aussi « non à la mort », au sens très large puisque l’Eglise s’oppose à toute forme de contraception, et a fortiori à l’avortement.
Pourtant une question se pose, maintenant que la crise alimentaire sévit, due en grande partie à l’explosion démographique des pays émergents: que fera-t-on lorsque, outre le problème alimentaire, il n’y aura même plus assez de place pour que plusieurs milliards d’individus puissent coexister tout simplement.
On peut deviner la position de l’Eglise sur cette question, qui s’en remet à Dieu dans ces cas-là .
Mais si d’ici là l’Humanité ne trouve pas d’autre planète habitable, ou le moyen de rendre une planète a priori hostile habitable, il y a fort à parier que nous serons confronté rapidement à un problème de place, y compris apres avoir reconquis du terrain sur les oceans etc.
Le controle des naissances apparait alors comme une necessité vitale, car la croyance en un Dieu de justice et d’amour impose à l’Homme une gestion rigoureuse de son héritage, car l’Humanité n’est pas l’addition d’individus mais une communauté de destin qui doit faire face à l’adversité pour poursuivre son évolution.
Autrement dit, entre la promotion des moyens contraceptifs et le suicide de parents n’ayant plus les moyens de garantir à leurs enfant une vie possible sur terre, il n’y a pas à balancer.
Mais pour l’instant, nous en somems au bonus/malus institué par M. Borloo, et qui semble efficace puisque les ventes de 4×4, les prix des hydrocarbures aidant, ont fortement chuté (juste au moment ou les marques françaises se lançaient sur ce créneau) et que le Ministre de l’Ecologie prevoit d’étendre ce système à d’autres familles de produits.
Cela n’est pas sans rappeler la politique anti-nataliste du gouvernement chinois, qui ne s’embarasse pas des bulles papales. Mais personne ne s’en plaindra d’un strict point de vue économique.
Géorgie: un problème caucasien?
Posté par Philippe Baron - 2 sept 2008 à 19:43Quiconque suit les séries US, a au moins entendu parler du terme « caucasien », utilisé dans les services de police pour décrire un individu que l’on qualifiait autrefois « de race blanche ».
Aujourd’hui, la mixité est telle que le terme de blanc ne signifie plus grand chose, sauf par opposition à noir peut-être, ou encore à « latino ». L’afflux massif de populations « blanche et assimilée » à conduit les autorités américaines à trouver un terme qui ne soit ni suprémaciste ni péjoratif. Le terme « caucasien », à la fois précis et vague, s’est imposé dans ce langage politiquement correct.
A la lumière de ce qui se passe en ce moment en Géorgie, au coeur du Caucase donc, on peut comprendre le trouble jeté dans les pays occidentaux par cette crise, car finalement, elle touche l’Occident en son sein: le Caucase. Vu comme cela, le conflit paraît bien loitain à tous les pays d’Afrique, qui ont leurs propres problèmes à régler, mais aussi l’Amerique Latine et le Sud-Est Asiatique. C’est un peu une revanche, un problème de riches sur fond de prise de contrôle des axes du gaz et des autres matières premières dont l’Asie centrale regorge.
L’issue du contentieux paraît d’autant plus incertaine que tous les ingrédients sont là pour le faire durer: un relation ambigue entre la Géorgie et son colossal voisin, l’existence d’une certaine légitimité en faveur de l’agresseur (population majoritairement favorable, jurisprudence du Kosovo…), une Union Européenne sous pression sur fond de crise énergétique, un Kremlin soutenu massivement par la population et le Parlement, un allié (les USA) voulant éviter toute initiative malheureuse… Or c’est justement des initiatives qui permettront, non pas de trouver une sortie de crise car elle est là pour durer (au moins aussi longtemps que l’existence d’un gazoduc sera justifié dans cette partie du Monde), mais au moins un modus vivendi permettant à chacun de ne pas se sentir (trop) humilié.
On pense bien sûr à la Géorgie, qui a déjà concédé une défaite militaire. Mais ne dit-on pas « c’est le plus intelligent qui cède »? Dans les cours de récréation, certes, mais rentrée oblige… Pourtant la présence d’une force multinationale paraît peu probable: d’une part parce que en face, c’est la Russie et personne ne souhaite envoyer ses soldats face à une telle armée, et puis parce que le fait d’entretenir une force sous mandat de l’ONU aux portes de l’Europe est plutôt gênant pour tous ceux dans la région qui aspirent à intégrer un jour l’eldorado de l’Europe.
Pourtant, dans cet ensemble géographique où vit majoritairement une population que d’aucuns qualifient volontiers de « caucasiens », il serait définitivement temps de s’interesser à ces peuples qui nous ressemblent tant et dont nous nous sentons pourtant si éloignés. Ossètes, Ingouches, Kazakhs, Abkhazes, Georgiens, Azeris, Arméniens… Qui sont-ils vraiments ces fameux Caucasiens? Quelle est leur histoire? Quel est leur avenir, à part servir de prête-nom à un type de faciès? Car l’issue de la crise est aussi dans la compréhension mutuelle des peuples, les notres y compris.
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