Une page de publicité difficile à tourner

Depuis le début de l’année 2009, sur proposition du Président Sarkozy, les chaînes publiques françaises ne diffusent plus de spots de publicité après 20h30. Le but étant de proposer au téléspectateur des programmes de qualité, et de ce fait, ne devant pas subir de « saucissonage » publicitaire.

Pour conséquence, le groupe France Télévisions doit puiser davantage dans les recettes de la redevance et également réduire l’activité de sa régie interne, c’est-à-dire supprimer des emplois.

Pour autant, est-ce qu’une bonne soirée devant le petit écran est forcément encore meilleure lorsqu’il n’y a aucune coupure publicitaire? Alors même qu’au spectacle dit « vivant », l’entracte est de mise, là, aucune pause pour « souffler »: détourner le regard quelques instants de la lucarne magique, ne serait-ce que pour reposer les yeux, s’aérer, débattre du programme avec les personnes présentes, et plus prosaïquement, faire un besoin naturel ou satisfaire une envie quelconque… Non. Là mieux vaut réunir autour de soi tous les accessoires necessaires au confort individuel, voire s’équiper d’une sonde urinaire pour ne pas rater une miette du grand show orchestré par notre divin service public, régenté d’une main de fer par notre bien-aimé président de la République.

Pourtant, la publicité n’est pas condamnée à être un diktat subliminal sensé nous asservir à la consommation à outrance. Cela peut être un message à caractère informatif, sous une forme humoristique ou esthétiquement agréable à regarder. D’ailleurs, aujourd’hui avec les moyens de diffusion de la télévision actuelle, couplée à l’accès Internet par exemple, il est possible d’établir un flux d’information inversé, du récepteur au diffuseur. C’est par exemple de cette façon que le fournisseur d’accès Internet SFR, le fabricant de matériel de réception Netgem et l’institut de sondages Mediametrie ont mis en place le Hitview
qui permet d’obtenir en temps réel l’audience des chaines grâce à un retour à partir des Neufbox de SFR. Il est donc possible d’imaginer que dans un futur proche, les téléspectateurs pourront voter pour leurs spots TV préférés, et ainsi permettre aux régies de surfacturer les annonceurs « ennuyeux » par rapport aux annonceurs qui proposent des publicités plus attractives.

Ce type de relation, résolument révolutionnaire, permettrait aux chaînes publiques, et plus généralement aux chaînes « de contenu » de maintenir un niveau de qualité satisfaisant, y compris pendant les écrans publicitaires. De même, les sites Internet pourraient déjà mettre en place de telles pratiques en se basant sur le taux declic enregistré sur les bannières: un bon taux de clic démontrerait un intérêt des internautes pour l’offre de l’annonceur et signifierait donc une intrusion moindre dans la navigation sur le site support. Google a déjà mis en place un tel système via sa régie d’achat de mots clés Adwords, pénalisant au passage toute annonce n’ayant pas un attrait démontré pour les internautes qui effectuent une recherche sur le terme acheté par l’annonceur. Par exemple si sur la page de résultats du mot « aspirateur » se trouve une annonce pour du café, qui sera donc logiquement moins cliquée qu’une annonce concernant effectivement des aspirateurs, l’annonceur devra payer plus cher pour figurer en bonne position sur cette page, voire être complétement éliminé des annonces commerciales figurant sur la page de résultats pour une recherche sur le mot clé « aspirateur ».

Il est par ailleurs surprenant que cette pratique est déjà en usage dans la presse magazine, notamment féminine, où les éditeurs font parfois preuve de très grande largesse aux marques prestigieuses qui proposent des pages entières voire des double pages de publicité conçues par de grands photographes, avec des modèles de renom, afin d’associer leur titre à des campagnes de prestige et ainsi attirer d’autres annonceurs visant le haut de gamme, mais avec peut-être des messages plus exlicites commercialement parlant (on passe du parfum à la crème anti-rides, etc.).

Il existe donc un réservoir de financement largement sous exploité par les médias du service public, qui sous certaines conditions pourraient créer un nouveau marché pour une publicité maîtrisée et ainsi lui redonner des lettres de noblesse qu’un président en exercice a jugé bon d’égratigner plutôt que de chercher à en comprendre les subtilités.

Face à la crise: fuir, subir ou réagir

Des déficits qui se creusent, des réformes qui marquent le pas, et une situation qui s’enlise. Voilà le bilan après un an de crise financière qui se mue peu à peu en dépression généralisée, touchant peu à peu tous les compartiments de l’économie mondiale.

Les différents plans de relance n’y feront rien, les résultats des grandes entreprises mondiales seront dans le rouge, ou, au mieux, afficheront des taux de croissance bien inférieurs aux années précédentes. Face à ce marasme, les politiques mettent en place des aides sous diverses formes: primes à la casse et autres subventions, mais dont les effets commencent à s’estomper et qui coûtent cher. Surtout, ces aides ne font que prolonger l’illusion que les modèles économiques proposés jusque là sont encore viables, alors qu’à la lumière de la crise, de nombreux businesses apparaissent dépassés.

L’urgence porterait donc à innover, et innover encore. Seule l’introduction de nouvelles technologies permettront de surmonter ce cap difficile, en faisant diminuer les coûts et en attirant les consommateurs toujours à la recherche de produits ou de services encore plus performants.

A-t-on vu depuis un an des innovations révolutionnaires prendre le pas de façon définitive? Il n’en est rien pour l’instant. Par exemple dans l’automobile, les modèles hybrides sont encore perçus comme des prototypes et les quelques incitations des pouvoirs publics ne suffisent pas à inverser la donne.

Le risque, outre dans le cas des véhicules hybrides un surcroît de pollution, c’est de voir des chiffres de vente et une concurrence faussée par l’intervention de l’Etat. Et pendant ce temps-là des concurrents étrangers s’activent, saisissent les opportunités et s’imposent sur le marché, comme par exemple Apple avec son iPhone qui détrône aujourd’hui les ex-poids lourds du secteur, les Nokia et autres Sony Ericsson.

Face à la frilosité des industriels, les dirigeants des grands pays cèdent et continuent à soutenir à bouts de bras les fleurons des industries nationales. En suivant l’exemple Américain, puisque les USA continuent à s’endetter sachant qu’au moment de payer leurs dettes, le Tresor américain pourra toujours dévaluer sa monnaie et ne rembourser qu’avec une monnaie affaiblie, qui aura entraîné dans son sillage toutes les monnaies mondiales, y compris l’Euro.

Le risque sera de voir les monnaies de pays émergents s’enfoncer encore davantage, pour permettre à leurs entreprises exportatrices de continuer à inonder le marché mondial de leurs produits à bas coûts. Mécaniquement, ce phénomène se traduira par un appauvrissement des masses laborieuses, facilitant ainsi les tensions sociales qui commencent à apparaître dans des pays comme la Chine, où la question du conflit ethnique n’est qu’un paravent qui masque des problèmes sociétaux plus profonds.

La crise a donc ceci de tragique, c’est qu’elle retarde le développement de l’humanité dans son ensemble. Tout le monde est pénalisé et en premier lieu les générations futures à qui nous lèguerons une planète confrontée encore et toujours aux mêmes problèmes.

Alors qu’il y a 40 l’homme marchait sur la lune, traversait l’Atlantique à la vitesse du son, rêvait de voyages intersidéraux pour l’an 2000 et de paix et de prospérité dans le monde, nous en sommes réduits à nous battre pour sauver la planète de l’étouffement pour cause de réchauffement climatique, de pénurie alimentaire, de conflits inter ethniques, et de tant de maux qui hypothèquent encore davantage les chances pour notre monde de s’en sortir.

Il est donc temps de ne plus fuir, de ne plus subir mais de rassembler nos dernières forces pour mettre en place les solutions qui s’imposent après une réflexion à la fois technique et objective, dans un climat dépassionné mais résolument concentré. Et alors peut-être, pourrons nous à nouveau regarder vers les étoiles, non pour trouver un astre capable d’accueillir les rescapés d’une planète Terre dévastée par ses propres habitants, mais pour assouvir notre curiosité intellectuelle et notre soif de connaissance.

L’espoir vient une fois de plus de l’autre côté de l’Atlantique ou le président Obama semble avoir la méthode idoine. Pour preuve, la nouvelle stratégie de l’OTAN en Afghanistan: secure, hold, build (sécuriser, tenir et bâtir). Cela implique la fin des bombardements aériens qui causaient de nombreux dégâts collatéraux, mais davantage de soldats physiquement engagés sur le terrain, avec des chances de pertes plus élevées. Mais ce réalisme devrait s’avérer payant, et la stratégie pour juguler la crise devrait être du même ordre, ce slogan pouvant parfaitement s’adapter aux enjeux économiques et financiers actuels…

L’Homme qui Murmurait à l’Oreille des Syndicats

Le discours de politique intérieure du Président Sarkozy le 22 juin devant le Congrès à Versailles a été une fois de plus l’occasion pour le Chef de l’Etat de viser sans les nommer les conservateurs, les frileux, les partisans de l’immobilisme. Bien naïf celui qui pense que dans la dialectique présidentielle celui qui est désigné comme « conservateur » a un quelconque rapport avec la droite conservatrice, dont le héraut hier lors du débat qui suivit le discours fut le très lénifiant Henri de Raincourt, chef de file des sénateurs UMP qui fut on ne peut plus clair sur son engagement aux côtés du Président de la République.

Non, dans la bouche de Nicolas Sarkozy, les conservateurs, ce sont plutôt ceux qui s’appellent enux-mêmes les « forces de progrès », joli terme englobant à la fois PS et PC, écologistes et syndicalistes. Pour le Président, le progrès, c’est – en gros – le liberalisme, pour les autres, au contraire, c’est davantage de protection pour les salariés. Et on retombe dans le clivage sempiternel entre le social et l’économique. D’un côté des entreprises qui ont besoin de puissance pour investir et croître, de l’autre côté la masse des travailleurs qui voit les profits s’accumuler et leur situation se déteriorer.

Dans ce contexte parfois très tendu, surtout lorsqu’il y a en jeu des emplois, via des plans sociaux et des délocalisations, l’homme politique habile qu’est Nicolas Sarkozy, suivant sans doute la voie de son prédecesseur à l’Elysée Jacques Chirac, a adopté la seule stratégie permettant de maintenir la cohésion dans le pays: souffler le chaud et le froid. En effet, lorsqu’en face il y a menace, notamment de grève et de grogne sociale chronique, le passage en force n’est évidemment pas recommandé, l’Histoire récente fourmille d’exemples à ne pas suivre. Cette ligne de conduite apparaît encore pus claire lorsqu’on observe l’attitude du Chef de l’Etat face à un problème où la menace en face est beaucoup moins dangereuse: caïds des cités, femmes voilées façon burqa, chauffards, nationalistes corses… Bien retranché derrière sa garde rapprochée, le Président ne risque physiquement pas grand chose en fustigeant de tels ennemis. Par contre, s’en prendre à la masse, que ce soit des ouvriers, des fonctionnaires ou des étudiants, cela peut avoir des conséquences sur sa future réelection, qu’il prépare déjà en pesant ses mots et en faisant -encore une fois – appel aux autres formations politiques pour « l’aider » dans sa tâche de redressement de la France. Elle a bon dos la crise diront certains, et dans son discours, Nicolas Sarkozy lui-même en fait un argument: interpreter ce seisme financier comme un signal fort afin de commencer aujourd’hui les réformes qui permettront à la croissance de repartir plus vite et plus fort.

Mais dans ce combat, la politique du chef de l’Etat sera-t-elle suffisante? En effet, avec en point de mire une élection présidentielle, Nicolas Sarkozy aura-t-il l’audace de lancer des réformes parfois impopulaires (retraites, temps de travail…) mais nécessaires? Ses détracteurs – y compris dans son propre camp – ne manqueront pas de lui faire cette critique. Mais grâce à cela, il pourra peut-être prouver sa bonne foi au « peuple de gauche » (« regardez, ils me critiquent pace que je défends les droits des travailleurs! »), et ainsi sauver sa tête à la présidentielle de 2012…

Lettre à un ami antipathique

Cher François Bayrou,

 Je te considère mon ami car nous partageons de nombreuses idées. Et je pensais que sur la forme, tu étais un modèle du genre (agrégé de lettres) et ton dernier bouquin en est la preuve, aussi bien au niveau de l’écriture que du contenu. Par contre tu viens de faire la démonstration que les méthodes douteuses, les coups de poker, et surtout les attaques personnelles, ça ne marchait pas en politique (surtout quand c’est mal maîtrisé).

Moi non plus je ne me reconnais pas dans le personnage de Dany. En Mai 68, je n’étais pas né mais ma nature est ainsi faite que pour moi, être rebelle, c’est aussi pouvoir être rebelle à la rebellion. Sans pour autant tenter de briser un mouvement en marche – car c’était le sens de l’Histoire, et moi je ne suis pas convaincu que Mai 68 ait été un errement dans l’évolution de la société française. Au contraire, c’est une soupape de sécurité qui s’est ouverte à se moment là, et je ne blâmerais oersonne pour s’être engouffré dans la brèche. Des révolutionnaires, il en faut et je pensais que tu en étais un au fond, à tel point qu’en lisant ton livre Abus de Pouvoir (Plon), il me venait le chant « Ah ça ira, ça ira » et je trouvais la réponse à la question d’un spectacle de Robert Hossein donné il y a quelques années , où le metteur en scène demandait au public si oui ou non il aurait fallu décapiter Marie-Antoinette. Au chapitre IV d’Abus de Pouvoir, je me voyais porter la tête de Carla au bout d’une pique sans aucun scrupule ni remord.

Ce que j’apprécie chez toi, c’est ton évolution: un beau produit de l’éducation à la française, républicain et chrétien à la fois, modéré, juste, intègre et je pensais que tout naturellement le qualificatif de « tolérant » viendrais s’adjoindre automatiquement à la liste des qualités. Mais ce débat qui tourne court avec le leader d’Europe Ecologie démontre qu’il te manque encore quelque chose pour être l’homme providentiel que les Français honnêtes, informés et équilibrés attendent.

Au moment où j’écris ces lignes, j’ignore quelle ligne de conduite tu comptes adopter. Continuer à jouer les trouble fêtes sachant qu’en faisant basculer le MODEM d’un côté ou de l’autre tu peux faire ou défaire une majorité (à la présidentielle par exemple), même si ton score faiblard a méchamment hyothéqué tes chances et réduit ta marge de manoeuvre. Ou si tu comtpes faire quelque chose pour assumer ta faute et prouver à l’opinion que tu n’es pas comme cela, et laver ta faute pour réapparaître grandi plutôt qu’affaibli après cette mésaventure.

Pour cela, si je peux te donner un conseil, c’est d’aller (re)voir ton ami Alain Juppé qui lui aussi du assumer longtemps une faute (dissolution de l’Assemblée) et qui a du effectuer sa traversée du désert (version Grand Nord Canadien) pour revenir en pleine forme, sympa et presque jovial, et surtout avec un discours ecolo hyper tendance car il n’y a pas que ta sortie sur les soi-disants penchants de Cohn-Bendit qui a favorisé le score d’Europe Ecologie, il y a aussi une urgence, palpable dans toute l’Europe, pour véritablement passer des paroles aux actes. C’est ce qu’on te demandait, et pas de prononcer ces mots très durs à l’égard de celui qui est ton jumeau vert sur l’échiquier politique français.

Alors maintenant prends des vacances, éclate toi, redécouvre les choses simples de la vie, ouvre toi à d’autres cultures, d’autres formes de pensée, sors de ta campagne (dans tous les sens du terme!), parce que dans les 12% d’électeurs potentiels d’apresles sondages pré-électoraux, il y en a quelques uns – dont moi – qui ne sont pas tout à fait ce qu’on pourrait d’appeler des culs-bénis: chrétiens, juifs ou musulmans: oui, croyants: certainement, pratiquants: beaucoup moins. A ce sujet, les 26-27-28 juin il y a le festival Solidays à Paris, tu devrais aller y faire un tour histoire de kiffer la vibe et oublier la boulette. Et si t’es gentil Diam’s écrira une chanson sur/pour toi.

L’égalitarisme en question

C’est en approfondissant le débat sur l’université que la question peut se poser, lorsque des critiques s’élèvent pour refuser que seuls les étudiants issus de familles fortunés ainsi que les boursiers « méritants » n’aient accès à un enseignement supérieur de qualité. François Bayrou par exemple estime que même les étudiants « moins méritants » puissent également bénéficier de l’enseignement supérieur public à un coût abordable pour les familles.

Ce débat pose en fait la question de l’avantage tiré de la fortune acquise. Si celle-ci ne sert pas à se procurer des avantages, à quoi sert-elle? Si elle ne sert pas à cela, qu’est-ce qui peut motiver le citoyen moyen à chercher à améliorer sa condition, et notamment à faire fortune?

La question se poserait moins dans un pays où le luxe n’est pas une industrie aussi stratégique qu’en France. On pourrait alors se résoudre à un égalitarisme plus ou moins poussé, grâce à un lissage des revenus par la pression fiscale et assurant une redistribution des richesses. C’est un choix, car là encore se poserait la question de la motivation à gagner plus, sachant que le « gagner plus » est ce qui constitue pour un pays le socle de sa croissance.

Or en France, de nombreux produits – et services – s’adressent à une clientèle haut-de-gamme: mode, joaillerie, horlogerie, équipement de la maison, tourisme, services à la personne… Ce sont d’ailleurs des secteurs très interessants car en plus d’une forte valeur ajoutée, ils sont difficilement délocalisables. Que ce soit la maroquinerie ou la parfumerie, le « made in France » est une condition sine qua non pour une crédibilité au niveau de l’offre de prestige.

Alors devons-nous nous résigner à ne voir que de riches étrangers consommer ces produits? Devons-nous combattre sans retenue tous ceux qui, citoyens français domiciliés en France se « payent le luxe » de ceci ou cela? Ou bien se dire « tant mieux pour eux »? Sachant que tout un chacun, par la chance, le travail ou l’héritage peut ou pourra un jour se payer aussi « le luxe ».

Trop souvent, des opinions négatives se manifestent à l’égard des « riches », mais encore faut-il faire le distingo entre le riche dont la maxime serait « le malheur des uns fait le bonheur des autres », et le riche dont la fortune s’est faite grâce à un talent, des efforts et de la réussite. Si le premier est effectivement discutable, le second l’est moins, surtout si une fiscalité harmonieuse permet de redistribuer une partie de ses revenus à la communauté. Et plus il y aura de riches, et plus il y aura de richesses à redistribuer.

La crise financière pousse certains esprits bien pensants à une forme de démagogie, au moins aussi critiquable que la démagogie qui consiste à dire que ce sont les riches qui font avancer le pays, ce qui justifierait pas exemple l’adoption d’un bouclier fiscal…

Le débat est donc bien un choix de société: une société avec des catégories socio-professionelles bien lissées, ou une société qui permet aux chanceux de profiter de leur fortune en toute quiétude. L’intérêt de cette dernière option étant davantage de donner envie à ceux qui n’en sont pas là d’y parvenir un jour plutot que de donner l’image d’un pays ultra-liberal.

Maintenant se pose la question de la façon dont l’individu fait fortune, et donc s’assurer que tous les moyens immoraux sont des impasses pour qui veut se faire de l’argent facilement. Et se pose aussi la question de la perception du travailleur, de l’employé, de la mère au foyer, notamment dans une société où l’argent fait figure de baromètre de la réussite. Ce qui est souvent le cas, mais c’est toute la différence entre égalitarisme et égalité: la dignité humaine ne saurait être amoindrie pour cause de ressources insuffisantes. Et c’est donc pour cela qu’il apparait paradoxal de vouloir à tout prix pousser aux études des étudiants « moins méritants », alors que justement la société cherche à valoriser le travail manuel ou de façon générale tous les postes à forte composante technique, par rapport aux professions dites « intellectuelles ».

Dans le débat sur l’université, la priorité est de fournir autant de places que necessaire en fonction des débouchés de la filière, puis de fixer un barême équitable donnant droit à des bourses de différents montants en fonction de la situation de la famille de l’étudiant. De cette façon une sélection par le niveau peut être effectuée: les riches paieront la totalité des droits d’inscription, les moins riches une partie, et les défavorisés quasiment rien.

Si concernant l’unversité le débat peut être ramené à un débat technique, la question du choix de société, elle, se pose toujours. Et se posera au moins jusqu’à ce que les notions de droite et de gauche existeront. Et comme cette question est un peu celle de la poule et de l’oeuf, elle se posera encore bien longtemps.

Le karma de nos emplois

Alors que s’achève la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée,  dite Durban II, dans un climat de désunion affiché (boycott des délégations US et israeliennes, propos orientés – et discutables - du président iranien Mahmoud Ahmadinejad), ce qui est un comble pour un sommet placé sous l’égide des « Nations unies », le simple citoyen peut se demander à quoi tout cela rime, puisque d’une part aucune action ne découle de la déclaration finale, notamment sur les conflits en cours ayant pour toile de fond des rivalités entre ethnies (Darfour, Côte d’Ivoire, République Démocratique du Congo…), et d’autre part, la priorité actuelle ne devrait-elle pas légitimement revenir au traitement de la crise financière qui menace directement nos emplois et, nous le savons, rien de tel qu’une crise économique pour exacerber le sentiment nationaliste et xénophobe (Allemagne années 30, etc.). D’ailleurs, le G20 a eu un impact beaucoup plus significatif sur l’opinion mondiale que Durban II, car à la clé, ce sont plus de 1000 milliards de Dollars qui ont été débloqués pour relancer l’économie mondiale. Pur les « potes » victimes du racisme au quotidien, ce ne seront que des mots, choisis dans le vocabulaire onusien de manière à ne froisser personne. S’il y avait eu un régime ouvertement raciste à l’heure actuelle encore en activité sur cette planète, il y aurait eu consensus très certainement. Mais le phénomène du racisme n’est plus une affaire d’Etat, comme il pouvait l’être encore en Afrique du Sud avant la fin de l’Apartheid. Le racisme est un problème de société, sur lequel les Etats peuvent agir indirectement, mais c’est avant tout un effort de chacun pour dépasser et faire dépasser les préjugés qui subsistent encore, malgré les leçons du passé.

Pourtant, le racisme est à l’origine de bien des maux, y compris au niveau économique. Le repli identitaire empêche en effet de voir l’impact de notre attitude sur les populations les plus fragiles, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de nos frontières. La pire attitude consiste à rester indifférent à la détresse des pays les moins avancés. Nos vieux préjugés, hérités de notre passé colonial, nous poussent à penser que cette situation est normale, que c’est parce que « l’Africain n’est pas encore rentré dans l’Histoire », alors qu’au contraire, il en est à l’origine, et aujourd’hui nous le traitons toujours en esclave en semi-liberté, placé sous le contrôle des multinationales qui puisent dans ces pays les matières premières à leurs bénéfices exponentiels.

Un exemple saisissant illustre ce racisme ordinaire, teinté d’ignorance et de fausse bonne conscience. Lors de l’émission ‘On n’est pas couché’ animé par Laurent Ruquier le 4 avril 2009, le chroniqueur Eric Zemmour s’en est pris à l’ex-juge Eva Joly qui avait instruit de nombreuses affaires de corruption dans des pays africains. Pour lui, condamner la corruption dans ces pays-là revenait à laisser le champ libre aux entreprises américaines (voir l’integralité de l’interview ici: http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=22442). Mais qu’est ce qu’il en sait? De source sûre, il se trouve justement que dans un pays africain, une entreprise candienne doit renoncer à un marché dans le domaine du transport car l’actionnaire principal ne souhaite pas faire figurer dans son bilan de façon détournée des sommes affectées à la corruption de fonctionnaires locaux. en effet, notamment depuis l’affaire Enron, les entreprises Nord Américaines sont excessivement prudentes avec l’argent « sale », le maquillage des comptes, etc. On rappelle que suite à l’affaire Enron, c’est toute la société Andersen Consulting, dont la fonction est d’auditer les comptes de ses clients, qui a du mettre la clé sous la porte. Aux US, reproduire un tel scenario est à exclure définitivement. Mais qu’en est-il en France? Les entreprises françaises (Bouygues, Total, Areva, Bourbon, Bolloré, Technip…) seraient-elles encore présentes sur le continent africain si les normes comptables devaient être respectées à la lettre? En effet, quel est le meilleur moyen d’encourager la corruption? Y céder ou la refuser? Cette entreprise canadienne a fait son choix, tirant un trait sur de juteux contrats et laissant la place à son concurrent français. Mais ces normes comptables s’internationalisent et l’impunité pour de telles pratiques, mêmes couvertes par des pseudo-intellectuels de droite français, ne devrait pas durer, si toutefois l’indépendance de la justice continue être garantie dans notre pays.

Car au final, la corruption, même si elle génère des revenus pour quelques privilégiés, est largement responsable de la situation catastrophique de ces pays, qui du coup ne peuvent pas avoir accès aux biens de consommation, même les plus élémentaires. En l’absence de débouchés, ce sont donc directement des emplois dans les pays producteurs et exportateurs qui sont touchés. Bien sûr, sur le marché africain ce ne sont pas tellement des produits « made in France » qui sont convoités, mais des articles plus abordables, fabriqués en Chine ou dans d’autres pays d’Asie du Sud-Est. Mais là aussi, un certain racisme sévit, et on en parle peu, car il s’agit d’un racisme davantage « social » qu’ethnique.

En effet, comment expliquer que la Chine ce soit l’eldorado des exportateurs européens, alors que ce pays arrive à produire avec les coûts de main d’oeuvre les plus bas de la planète? La réponse est que le « marché » chinois, ce sont les 150 millions de personnes assimilées à la classe moyenne, qui dispose au moins d’un niveau de vie comparable au notre (environ $1000/mois), et qui a donc accès aux joies de la société de consommation: logement, véhicule, équipement, voyages… Les 90% de la population restante est confinée aux tâches subalternes, avec salaire de misère et précarité absolue. Pour le Chinois privilégié, cet écart est justifié: ces nouveaux prolétaires sont des misérables paysans, sans éducation ni culture, qui doivent s’adapter à la vie moderne en passant par l’épreuve du labeur à l’atelier. D’ailleurs le pouvoir en place est largement complice, en maintenant une monnaie – le Yuan - artificiellement basse afin de rester compétitif à l’export, quitte à continuer à sous-payer le travailleur pauvre. Peu importe, puisque cette politique permet à la classe dirigeante d’inonder les circuits de distribution du monde entier de leurs produits.

D’autres exemples de par le monde montrent que c’est encore le malheur des uns qui fait le bonheur des autres, alors même que des solutions existent pour enrayer ces cercles vicieux, puisqu’enrichir son voisin, c’est avant tout en faire un client, un partenaire. Nous ne parlerons pas non plus des autres formes de discrimination, envers les femmes ou les homosexuels, qui font que beaucoup de pays dans le monde restent en marge de la grande civilisation globale que peut-être certains utopistes présents lors de la conférence Durban II ont tenté de défendre, en vain. Mais si les médias et l’ensemble des personnes concernées mettaient en évidence la relation étroite qui existe entre haine de l’autre et précarité, peut-être que les opinions commenceraient à changer. Les conflits d’intérêts qui opposent à l’heure actuelle les etats montrent que nous en sommes encore très loin.

Expo : « Les minorités nationales, souffle de diversité, souffle d’Europe »

Plaquette Exposition Minorites

La convention-cadre pour la protection des minorités nationale, entrée en vigueur le 01 février 1998, est l’un des traités les plus complets ayant pour objet la protection des droits des personnes appartenant à des minorités nationales.

C’est au travers d’un reportage en Vojvodine, que le photographe Sandro Weltin est allé à la rencontre des nombreuses minorités de cette région de Serbie, pour tenter de saisir cette réalité d’identités complexes. Cette exposition offre un regard sur ces minorités nationales qui sont parties prenantes d’une Europe diverse et multiculturelle.

Pot de finissage le vendredi 17 avril à 18 h 30, en présence des artistes

Entrée libre

Exposition ouverte du mardi au vendredi, de 14 h à 20 h et tous les jours de représentation (samedi, dimanche et lundi inclus) de 14 h à l’issue des spectacles

MAILLON-WACKEN
PARC DES EXPOSITIONS
PLACE DU WACKEN
STRASBOURG
TÉL. 03 88 27 61 81
WWW.LE-MAILLON.COM
Renseignements sur le site du conseil de l’Europe www.coe.int/MinoritiesExpo

Le grand casting de la politique française

Sans méthode réellement scientifique mais sur un panel de 7000 personnes (tous internautes, ce qui fausse légèrement les critères de représentativité), le journal gratuit Metro et la radio RMC ont organisé un sondage pour déterminer les personnalités du monde politique (au sens large) les plus à-même de conduire le pays à travers cette crise que nous traversons actuellement. Et voici le résultat:

  • Premier Ministre: François Bayrou 48 %
  • Ministre de l’Éducation: Ségolène Royal 40 %
  • Ministre de la Santé : Patrick Pelloux 42 %
  • Ministre de l’Intérieur : Manuel Valls 55 %
  • Ministre de la Culture : Bernard Pivot 46 %
  • Ministre de la Justice : Robert Badinter 43 %
  • Ministre de l’Économie et de l’Emploi: Dominique Strauss-Khan 61 %
  • Ministre des Affaires Etrangères: Dominique De Villepin 56 %
  • Ministre de l’Écologie: Nathalie Kosciusko-Morizet 42 %
  • Ministre de l’Intégration: Rama Yade 45 %
  • Ministre des Sports: Yannick Noah 37 %

A la lecture des résultats, on ressent le malaise d’une partie de la population vis-à-vis des choix politiques exprimés lors de la dernière élection présidentielle. A part les deux « copines » du gouvernement, Nathalie Kozciusko-Morizet et Rama Yade, aucun membre du gouvernement actuel. Et on notera l’absence de Bernard Kouchner, pourtant plébiscité lors de chaque consultation pour élire l’homme politique le plus populaire. Aucune personnalité issue de l’UMP non plus, si ce n’est un certain Dominique Marie François René Galouzeau de Villepin, plus connu sous le nom de Dominique de Villepin.

C’est donc François Bayrou, un opposant modéré, qui montre qu’entre un gauchisme forcené (Besancenot) et un libéralisme à l’efficacité aujourd’hui complètement remise en question, il existe un espace cohérent et réaliste qui sans changer le monde mettra tout de même une dose de bonne gestion et d’honnêteté intellectuelle (voire d’honnêteté tout court) dans un monde politique qui ne bouge plus que sous les caméras dociles des grands médias et aux micros des journalistes complaisants.  Face à Nicolas Sarkozy, François Bayrou se veut le tenant d’une autre voie pour gouverner le pays, sans toutefois remettre en cause  en profondeur les institutions, les règles de l’économie, les traités internationaux (l’adhésion à l’Union Européenne…), l’Etat de Droit, la Constitution, etc.

Pour l’accompagner dans sa mission, les participants à l’enquête ont choisi des personnalités fortes: Ségolène Royal, Dominique de Villepin, tous deux minoritaires dans leur propre camp, mais jouissant d’une cote de popularité élevée auprès des français. Mais peut-on imaginer une équipe formée d’invidualités aussi marquées et marquantes? Peut-on faire cohabiter une Ségolène Royal qui n’hésite pas à intervenir sur tous les sujets, dans tous les pays alors qu’elle n’est « que » présidente de la région Poitou-Charentes avec un Dominique de Villepin, l’homme du CPE, aujourd’hui sans mandat mais disant tout haut ce que l’ancien Président pense tout bas?

Ces personnalités accepteraient-elles de revenir dans l’executif avec un simple portefeuille ministeriel? Dominique de Villepin se baignerait-il deux fois dans le même fleuve? Et Ségolène Royal s’attaquerait-elle au mammouth, au risque de voir sa cote – notamment aupres des enseignants majoritairement PS – s’écrouler définitivement? Endosser des responsabilités à un moment critique, ce serait une belle leçon de courage politique. Encore faut-il que ce courage soit suivi d’une action réfléchie et performante.

L’ennui c’est qu’un tel gouvernement ne pourrait voir le jour qu’en… 2012! A moins d’une dissolution (et comptons sur notre Président actuel pour ne pas (re-)faire cette erreur!), les prochaines élections législatives – et présidentielles – sont prévues pour 2012. D’ici là, les experts en économie, Dominique Strauss-Kahn en tête, prévoit une reprise de la croissance – à condition que le système bancaire soit assaini. Après l’annonce du G20 de remettre 1000 milliards de dollars sur la table, via un FMI aux pouvoirs renforcés, on peut raisonnablement espérer que d’ici 3 ans, les choses auront en effet mûri, les perspectives se seront embellies et le pouvoir actuel pourra tirer un bilan extrêmement flatteur, puisque ce n’est personne d’autre que lui, notre président, qui nous aura sorti du pétrin, qui aura pesé dans les rencontres internationales pour imposer les solutions qu’il préconisait et qui sera donc brillament réélu au terme d’une campagne menée tambour battant, fidèle à sa réputation et à ses habitudes.

De plus, le résultat du sondage ne dit pas quelle personnalité pour être Président. Peut-être les internautes auraient-ils répondu Sarkozy? En tout cas, si ce n’est pas le cas et qu’autant de gens en France souhaitent changer radicalement de gouvernement, il ne reste plus que la manière forte. Certains ont déjà commencé à Strasbourg lors du sommet de l’OTAN, mais ces manifestants partagent-ils les mêmes utopies que l’internaute moyen? Et celui-ci pourra-t-il un jour passer du clavier au pavé? En tout cas en voici toujours un de plus, dans la mare, aux canards, et pas enchaîné non plus celui-là. A bon entendeur…

Légiférer les consciences

La régulation devient le maître-mot en ces temps de crise économique mais le G20 qui se prépare à Londres ne sera certainement pas suffisant à mettre tout le monde d’accord sur les mesures à prendre, le calendrier, le dosage, les moyens, les ressources, les outils, la communication, etc. Le chantier est énorme: assainir le systeme financier, débarasser les paradis fiscaux de l’argent sale, et surtout réguler le marché.

Ce marché qui obéit à la seule loi de l’offre et de la demande, ce marché responsable des délocalisations, ce marché enfin qui permet aux actionnaires de tirer les dividendes de leurs apports en capital, avec pour seul mot d’ordre la maximisation des profits. Réguler le marché, c’est donc avant tout responsabiliser l’actionnariat des entreprises, en leur faisant prendre conscience que si les conditions sont réunies pour que leurs affaires prospères, c’est avant tout grâce à des Etats forts, capables d’assurer la sécurité des biens et des personnes, de mettre à la disposition de ces mêmes biens et personnes des infrastructures de transport, de formation, de santé, etc.

Jusqu’à présent, la concurrence des pays émergents était relativement limitée et même si une pression concurrentielle pouvait s’exercer, les dirigeants d’entreprises n’avaient recours aux délocalisations que dans des cas extrêmes ou lorsque le pays hôte avait déjà les qualités requises pour assurer une production fiable et comparable au pays ainsi délocalisé. Mais aujourd’hui les circuits d’expatriation de l’outil de travail et les réseaux de transport internationaux facilitent l’installation des nouveaux centres de production dans les pays à ayant une main d’oeuvre bon marché. La nouvelle conception du management dans un environnement mondialisé ordonne donc à tout décideur de ne se baser que sur des calculs financiers pour une telle opération, sans consulter sa conscience, qui lui dirait peut-être de se battre pour faire rester son usine en Europe.

Cet état de fait soulève l’indignation dans les pays occidentaux et la démocratie étant ce qu’elle est, les pouvoirs publics vont désormais se mettre à barricader le système au maximum, contraignant autant que faire se peut les entreprises à ne pas délocaliser, à ne pas licencier, à ne pas fournir des parachutes dorés, ni des bonus lorsque la société a reçu des fonds publics. c’est donc une négociation à tous les étages qui s’enclenche: entre Etats pour que les règles soient les mêmes partout, et entre partenaires sociaux pour que d’une part les salariés puissent continuer à vivre dignement de leur travail et pour que les entreprises puissent tout de même dégager des profits, faute de quoi elles devront mettre la clé sous la porte et licencier l’ensemble des employés.

Les parlements de nos démocraties vont donc s’evertuer à faire passer des lois dans ce sens. Et avec un peu de bonne foi, une connaissance du Droit, et beaucoup de sueur, ces textes seront promulgués et appliqués, et la situation deviendra normale. Mais on le sait, les personnes, physiques ou morales, qui disposent de moyens financiers importants finissent toujours par trouver des solutions alternatives, leur permettant d’échapper à la contrainte imposée par la société. On passe par des sociétés écran, des sous-filiales, des comptes numérotés à l’étranger et voilà que les heures de négociations avec les syndicats finissent par se réduire dans les faits comme une peau de chagrin.

La réaction classique à ce type de phénomène est la solidarité citoyenne, mue par le pouvoir de mobilisation des medias qui ne se priveront pas pour dénoncer les abus repérés çà et là. Associations de consomateurs ou d’usagers, syndicats, partis d’opposition prenant le relais pour lancer des appels au boycott s’en suivent. Mais combien d’affaires sont révélées dans la presse? Si peu que jamais la peur d’être démasqué n’a été un frein pour ceux qui prennent dans la caisse, exploitent la naïveté des consommateurs ou exploitent sans vergogne leur personnel. Une fois de plus, seul le profit compte.

La crise économique révèle donc une autre crise qui couvait depuis longtemps, qui est une crise morale, où les valeurs jadis défendues par les générations précédentes se délitent au profit de l’argent-roi. Une telle crise des valeurs ne devrait donc déboucher que sur une alternative entre deux issues possibles: soit une réaction violente type émeute/révolution/guerre, soit un retour au spirtuel, comme annoncé par Malraux au siècle dernier (« Le XXIe siecle sera spirituel ou ne sera pas »). Voire les deux comme c’est le cas au Moyen-Orient. En tout cas une bonne guerre a toujours eu un impact positif sur les affaires, et c’est si pratique de désigner un bouc émissaire et de lui faire payer le prix de la crise. Ce serait un remake de « L’Empire contre-attaque », qui rappelerait la stratégie de Napoléon 1er qui n’hésitait pas à emprunter aux banquiers des fonds pour financer sa Grande Armée à des taux de. ..100%, sachant qu’apres une belle victoire, le butin permettra de rembourser le généreux créancier (un certain Rothschild par exemple…). Mais à cette époque là, ce n’était pas pour l’argent, mais pour la gloire. Si l’Empereur voyait à quoi ressemble ma gloire aujourd’hui, il se retournerait dans son tombeau des Invalides.

Patrons: tremblez, la gauche est de retour!

Et si le bourgeois en venait lui aussi à la contestation? Ne serait-ce pas là le prélude à la Révolution bis? 1789 n’a-t-il pas été l’aboutissement d’une accumulation d’abus de la part d’un pouvoir toujours plus égoïste de ses privilèges? Aujourd’hui, on dirait « bling-bling »: bling-bling les vacances au Mexique, bling-bling les bijoux, les robes, les montres, les lunettes, mais surtout bling-bling les mondanités, où l’on voit une Ministre de l’Economie en fonction s’extasier sur le Rallye Aïcha des Gazelles, où des ex-miss font le coup de volant dans le désert pour finir en robe de soirée chez le Roi du Maroc. Tout cela à l’heure où la crise frappe au plus fort au coeur du moral des ménages, à l’heure où les rejets de paiement sur les cartes de crédit sont au plus haut, où l’endettement se creuse et qu’aucune solution concrète ne permette de sortir durablement de la situation actuelle.

Dans ce contexte, que faut-il attendre, si ce n’est une exaspération de ceux qui avaient jusque là porté N. Sarkozy 1er au pouvoir? Un retournement de situation qui pourrait bien profiter à la gauche: une aubaine pour le Parti Socialiste qui trouve là matière à renflouer son fonds de commerce légèrement grignoté par la « gauche de la gauche », y compris certains transfuges comme Jean-Luc Mélanchon qui va tester aux élections européennes son tout nouveau costume d’épouvantail entre un Besancenot qui y croit plus que jamais, et qui joue le rebond en se débarassant de sa coquille trotskyste, laissant cela aux camarades de Lutte Ouvrière qui gère aussi la fin de carrière de la militante candidate Arlette Laguiller et entre un PS qui avait bien besoin de ça pour se remettre des guéguerres Ségolène/Martine et autres Lolo, Bertrand, Jack, etc.

D’ici 2012 cependant, tout devrait être prêt: un candidat pour la gauche parlementaire, au milieu de tout l’éventail compris entre les purs et durs de l’idéologie marxiste, les alter-mondialistes du NPA, les communistes canal historique (PCF), les socialistes souverainistes, les socialistes loyalistes, les radicaux de gauche, et peut-être jusqu’au Modem, dont la couleur orange pourrait prendre un coup de rouge au passage si les accointances possibles entre François Bayrou et Ségolène Royal se concrétisent.

 

Ce sera aux Français de juger de quel intensité devra être l’electro-choc qui devra remettre le pays sur les rails: une dose façon chaise électrique pour Nicolas Sarkozy et la droite française? Avec un gouvernement « Ã  Gauche toute » et un Besancenot Ministre aux côtés de 3 Communistes et un Fabius de retour aux affaires, flanqué d’un Emmanueli premier ministre? Et en route vers les déficits publics mais peu importe ce seront les riches qui paieront (et à part pour une seule personne sur cette planète, il y a toujours plus riche que soi). Ou un petit coup de jus avec un couple inédit Ségolène/François? Avec pour mot d’ordre « la réforme oui, la chienlit, non ». Tiens, tiens, ça sent le réchauffé ça, non? Et peut-on envisager le coup de tonnerre? Nicolas Sarkozy réélu? Pour cela il en faudrait plus que des couvertures de magazine et des Carla chez Jean-Pierre Foucault. Il faudrait en effet un opium bien plus puissant que des images, des mots ou des promesses. Un bilan par exemple, ou mieux: un projet. Mais un projet réaliste cette-fois. Les électeurs s’y laisseront-ils prendre à nouveau? Sont-ils encore comme en Mai 1968 ou1981, revanchards et prêts à secouer le riche pour en faire tomber les pièces de ses poches? La différence, c’est qu’aujourd’hui la notion de prolétariat dans ce pays est en voie de disparition, les Français appartiennent tous plus ou moins à la classe moyenne, ils sont aussi mieux informés, plus évolués qu’il y a vingt ou trente ans. Ils n’ont pas voulu du Front National qui voualit rejeter sur les immigrés la responsabilité de la situation. Ils n’ont pas voulu croire aux sirènes de la gauche qui promettait des lendemains qui chantent à coups de « y a qu’à » « faut qu’on » mais qui n’a pas su s’organiser au sein même de son propre camp.

 

Aujourd’hui, les Français aspirent à vivre en harmonie avec le monde qui les entoure, pas seulement d’un point de vue écologique, mais aussi humain, politique: à savoir devenir des citoyens responsables, dans une société où les inégalités s’estompent au fur et à mesure que l’éducation des nouvelles générations se fait, une société où l’Etat assume son rôle de régulateur et de garant des libertés individuelles, enfin une société ou à défaut de transparence complète et globale, la justice, qu’elle soit civile, pénale ou sociale s’exerce de plein droit, avec une égalité de principe qui se vérifie à tous les niveaux, bref une civilisation moderne et réfléchie, qui tire vers le haut le reste du Monde.

L’ordre juste résonne aujourd’hui comme non plus un slogan partisan mais une necessité criante, mais est-ce que le fait d’avoir inventé le concept garantit que la personne -Ségolène Royal – qui l’a inventé soit la plus à-même de gouverner la France pour échapper à l’adversité de la conjoncture actuelle? Parce que si nous entendons aujourd’hui, des cours de récréation aux diverses manifestations de salariés préoccupés par leur situation, en passant par les cages d’escaliers des immeubles des cités de banlieue, des noms d’oiseaux à l’encontre du Chef de l’Etat, que cela sera-t-il si c’est une femme qui se retrouve à la tête de l’Etat? De biens vilaines paroles, qui feront autant de mal à lire ou à entendre que la vulgarité d’un « Nicolas fait l’amour à sa maman ».

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