Bourse: à qui profite la crise?

La chute libre des indices boursiers entraîne dans son sillage l’épargne de millions d’Européens, placée dans des produits financiers, tels que le PEA en France. Bien loin des Hedge Funds américains, ces produits se voulaient sûrs, car la leçon de la bulle Internet avit été bien apprise. De même, le boursicoteur avisé se devait de se constituer un fonds de portefeuille avec des valeurs dites défensives, sur lesquelles – pensait-on jusque là – les risques étaient limités. Limités, mais existants, et la pression baissière a fini par s’engoufrer quasiment partout.

Ceux qui avaient ainsi souscrit à l’ouverture du capital de Natixis, constitué de deux poids lourds de la banque française, Caisse d’Epargne et Banque Populaire, ont vu leur capital fondre de moitié, voire des deux tiers, suite à la crise des sub-primes, et ce n’est peut-être pas encore fini. Aujourd’hui, les pouvoirs publics, et notamment l’Europe, cherche à moraliser les pratiques des grands établissements bancaires, et notamment les agences de notation, ainsi que le trading, suite à l’affaire Kerviel. Mais est-ce que tout cela sera suffisant? Vers où allons-nous si comme le laissent penser certains analystes, le spectre du krach, du vrai, est en vue?

Dans une crise boursière, s’il y a des perdants, il y a aussi des gagnants. Régulièrement montrés du doigt mais finalement jamais clairement identifiés, il sont de 2 sortes principalement: ceux qui spéculent à la baisse, et ceux qui spéculent sur la hausse des matières premières. Des spéculateurs donc. Or pour faire partie de ce cercle très fermé, il faut deux qualités indispensables: l’absence de morale et surtout la connaissance parfaite des mécanismes boursiers, qui échappent encore à la grande majorité des petits épargnants, qui au fianl se retrouve comme souvent le dindon de la farce.

Le problème est que si la crise se prolonge, et le marché actions finit par lasser les épargnants, ce sont les entreprises – et donc la croissance – qui en pâtira, car la bourse est avant tout un moyen pour les entreprises de lever des fonds qui permettront de financer les investissements et d’assurer le futur de leurs activités. De plus, le système bancaire fortement éprouvé par la crise financière n’offre plus autant de facilités de crédit que par le passé. Mais d’un autre côté, il leur faudra bien à nouveau exercer la fonction principale de leur métier, à savoir prêter de l’argent si elles veulent retrouver un volume d’affaires satisfaisant.

Or dans un tel contexte de marasme boursier, la lueur d’espoir vient justement de grands manoeuvres qui pourraient avoir lieu dans les semaines et les mois à venir, à savoir la reprise d’une concentration dans tous les secteurs. C’est en effet lorsque les entreprises cotées sont valorisées au plus bas que les grandes stratégies peuvent se mettre en place. Ainsi Citigroup vient-il d’annoncer la cession de sa filiale allemande au Crédit Mutuel. Et d’autres annonces de ce type pourraient suivre. Tout n’est donc pas perdu pour tout le monde, mais dans ce petit jeu, il y aura encore des gagnants et des perdants. Des gagnants comme les actionnaires de Yahoo qui ont vu leur action grimper de presque 50% en une séance après l’annonce de Microsoft d’un éventuel rachat, ou des perdants comme ceux qui auraient placé leurs économies dans des sociétés dont l’avenir paraît de plus en plus incertain, victime directe ou indirecte de la hausse des matières premières. Ainsi Trigano le fabricant français de camping cars a vu son action chuter très sévèrement sur fond de baisse des ventes, ce type de véhicule étant de moins en moins prisé par les consommateurs dont le budget transport ne cesse d’être grignoté par le prix des carburants à la pompe. Pour autant rien n’est joué, puisque le mérite de la crise énergétique est très certainement la mobilisation des industriels en faveur de solutions de motorisations alternatives. Mais une fois la bonne technologie trouvée et les plans de fabrication élaborés, ou trouveront les contructeurs automobiles les financements pour ces gigantesques investissements? Les pays émergents auront-ils les structures necessaires pour permettre une production délocalisée? Le moteur à explosion n’ajamais aussi bien porté son nom…

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