A quoi sert l’identité nationale?

Le débat sur l’identité nationale est un vaste leurre, servant à légitimer une politique d’immigration particulièrement dure à l’encontre de tous les aspirants au voyage vers la Terre Promise, en l’occurrence un pays d’Europe de l’Ouest confronté lui-même à ses propres problématiques, mais toujours là pour s’afficher en grand aux côtés des autres pays industrialisés, que ce soit sur le plan politique, économique ou culturel.

Le piège tient dans le concept même de définition: définir, c’est forcément limiter. Pourquoi le simple fait de vouloir n’est-il pas suffisant? Cette volonté s’exprime dans les demandes de dossiers des candidats à l’immigration ou à l’asile politique. Cela devrait suffire. Bien sûr, un traitement administratif des demandes est nécessaire afin d’éliminer d’éventuels personnes recherchées ou ayant clairement affiché une hostilité à l’égard du peuple hôte. Mais l’accueil pourrait être étendu à bien des individus, bien des familles, tout n’est que problème de logistique et d’organisation. Car une fois rentrés sur le territoire national, ces nouveaux arrivants sont livrés à eux-mêmes ou dépendent d’une cellule familiale ou tribale ce qui accroit le risque de dérive communautariste.

En effet, la surpopulation n’est pas un problème en France, ou on compte en moyenne environ 100 habitants au km², à rapprocher de certains pays de l’Union Européenne comme les Pays-Bas qui enregistrent plus de 400 habitants au km². Bien sûr, cette densité constatée dans l’Hexagone varie en fonction des zones mais justement, alors qu’on parle d’exode rural et de desertification, cette afflux d’étrangers ne permettrait-il pas de rééquilibrer les zones rurales et urbaines, et permettrait aussi à l’agriculture de trouver là une main d’oeuvre motivée et habituée aux travaux des champs puisque bon nombre des nouveaux arrivants sont bien souvent d’anciens paysans poussés à l’immigration par la désertification ou d’autres phénomènes climatiques.

C’est ensuite dans le quotidien qu’immigrants et français de souche parviennent à franchir les obstacles d’un dialogue, socle de la nation de demain. Un quotidien fait de travail collectif, et de solidarité pour l’éducation et la santé. Cela présuppose également une absence d’aprioris négatifs sur ces nouveaux visages qui viennent se rajouter dans un décor auxquel il ne sont pas tout à fait habitués. Les mettre à l’aise, leur apprendre aussi les usages en vigueur, tel devrait être l’objet du débat, et non puiser dans les vieilles histoires des semblants de symboles d’unité qui excluent de fait tous ceux qui n’y adhèrent pas pleinement ou tout simplement qui les connaissent encore mal. C’est établir une hierarchie dans la société entre les tenants d’une identité intégrale et des individus lacés sur liste d’attente. Mais attention aux surprises, car la jeunesse et la motivation de certains « nouveaux français » pourrait bien faire qu’ils pourraient se placer dans cette hierarchie avant ceux qui s’estiment être de « bons français ».

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