Les années 10 (2010)
Posté par Philippe Baron - 26 nov 2009 à 17:54Chaque décennie du 20eme siècle a dans l’inconscient collectif une résonnance particulière: années 90, 80, 70, 60, 50, 40, 30, 20… mais curieusement les années 10 (1910-119) n’évoquent pas grand chose. On retient plus volontiers la période 1914-1918 qui pour le coup aura marqué les esprits de générations entières, et au final ce sont ces 4 années qui auront occulté toute la seconde décennie du siècle dernier. Et pour cause : 9 millions de morts (dont 14 en France, le pays le plus touché), 8 millions d’invalides… (source: Wikipédia).
Alors à l’aube de cette seconde décennie du 21eme siècle, souhaitons nous d’abord de ne pas connaître un tel conflit, et interrogeons nous sur les scénarios possibles pour les dix années à venir. La décennie actuelle (2000-2009) se caractérise par 2 tendances de fond qui résultent des caprices de son économie: d’une part un creusement des inégalités de plus en plus marqué, et d’autre part une (« la ») crise financière.
Des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres, un constat qui se fait chaque jour plus criant alors que les grandes multinationales engrangent des profits record et que des populations entières sont victimes des conflits armés, des épidémies, du dérèglement climatique, de pénuries en tous genres. Face à cette situation, des voix s’élèvent, et l’intérêt de la démocratie est de permettre aux peuples consultés par suffrage universel de s’exprimer. Ainsi, la première puissance mondiale, les Etats-Unis d’Amérique, a voté majoritairement pour un président démocrate, soucieux de s’attaquer aux problèmes des moins favorisés que ses prédecesseurs avaient plutôt négligé jusque là . De plus, un président Noir, tout un symbole.
De l’autre côté de l’Atlantique, sur le Vieux continent et plus particulèrement en france, le Chef de l’Etat Nicolas Sarkozy ainsi que sa garde rapprochée (ministres, parlementaires et autres people considérés comme des proches du président actuel) defraye régulièrement la chronique à coups de polémiques sur le train de vie et les méthodes discutables pour placer aux postes clés les personnes réputées fidèles au pouvoir en place. L’actualité regorge d’exemples, et l’Histoire de précédents. On pense immédiatement à l’Ancien Régime, avec une aristocratie et son cortège de privilèges alors que la colère gronde dans le pays, et en même temps un vent de liberté en provenance des Amériques… Un climat propice, sinon à une Révolution, au moins à un changement sociétal profond, une relecture de la démocratie et de nouvelles règles pour une meilleure gouvernance.
De plus, l’autre fait majeur de ces dernières années, la crise financière, est en passe d’être résolue, ou au moins atténuée pour revenir à des taux de croissance similaires à ceux enregistrés avant 2008. On peut s’attendre à vivre une décennie prospère à défaut d’être égalitaire. Là aussi, on retrouve à travers les années passées des exemples de remises en cause de la société dans des moments où la situation économique s’améliore. Ce fut le cas en Mai 1968 par exemple où le déclencheur ne fut pas une paupérisation des masses, mais bien une aspiration au changement couplée à un rejet du conservatisme ambiant.
Alors que les esprits sont abreuvés de message appelant à une prise de conscience des problèmes planétaires (développement, environnement, énergie, eau, matières premières, démocratie, paux dans le monde…), toutes les conditions semblent réunies pour un passage à l’acte décisif au cours des prochaines années. Les mobiles ne manquent pas, mais les forces vives des pays développés sont-ils prêts à s’engager physiquement et intellectuellement dans un combat qui peut les mener très loin. « Twitter » et créer des groupes sur Facebook suffit-il à renverser une idéologie dominante depuis des années et des années? Pourtant l’Internet permet la circulation en quasi temps réel des informations comme par exemple les émeutes en Iran qui firent trembler le régime du président Ahmadinejad. Mais pour cela il faut encore vouloir descendre dans la rue, car comme le disait un homme politique français « la rue appartient à celui qui y descend ».
A quoi sert l’identité nationale?
Posté par Philippe Baron - 8 nov 2009 à 17:09Le débat sur l’identité nationale est un vaste leurre, servant à légitimer une politique d’immigration particulièrement dure à l’encontre de tous les aspirants au voyage vers la Terre Promise, en l’occurrence un pays d’Europe de l’Ouest confronté lui-même à ses propres problématiques, mais toujours là pour s’afficher en grand aux côtés des autres pays industrialisés, que ce soit sur le plan politique, économique ou culturel.
Le piège tient dans le concept même de définition: définir, c’est forcément limiter. Pourquoi le simple fait de vouloir n’est-il pas suffisant? Cette volonté s’exprime dans les demandes de dossiers des candidats à l’immigration ou à l’asile politique. Cela devrait suffire. Bien sûr, un traitement administratif des demandes est nécessaire afin d’éliminer d’éventuels personnes recherchées ou ayant clairement affiché une hostilité à l’égard du peuple hôte. Mais l’accueil pourrait être étendu à bien des individus, bien des familles, tout n’est que problème de logistique et d’organisation. Car une fois rentrés sur le territoire national, ces nouveaux arrivants sont livrés à eux-mêmes ou dépendent d’une cellule familiale ou tribale ce qui accroit le risque de dérive communautariste.
En effet, la surpopulation n’est pas un problème en France, ou on compte en moyenne environ 100 habitants au km², à rapprocher de certains pays de l’Union Européenne comme les Pays-Bas qui enregistrent plus de 400 habitants au km². Bien sûr, cette densité constatée dans l’Hexagone varie en fonction des zones mais justement, alors qu’on parle d’exode rural et de desertification, cette afflux d’étrangers ne permettrait-il pas de rééquilibrer les zones rurales et urbaines, et permettrait aussi à l’agriculture de trouver là une main d’oeuvre motivée et habituée aux travaux des champs puisque bon nombre des nouveaux arrivants sont bien souvent d’anciens paysans poussés à l’immigration par la désertification ou d’autres phénomènes climatiques.
C’est ensuite dans le quotidien qu’immigrants et français de souche parviennent à franchir les obstacles d’un dialogue, socle de la nation de demain. Un quotidien fait de travail collectif, et de solidarité pour l’éducation et la santé. Cela présuppose également une absence d’aprioris négatifs sur ces nouveaux visages qui viennent se rajouter dans un décor auxquel il ne sont pas tout à fait habitués. Les mettre à l’aise, leur apprendre aussi les usages en vigueur, tel devrait être l’objet du débat, et non puiser dans les vieilles histoires des semblants de symboles d’unité qui excluent de fait tous ceux qui n’y adhèrent pas pleinement ou tout simplement qui les connaissent encore mal. C’est établir une hierarchie dans la société entre les tenants d’une identité intégrale et des individus lacés sur liste d’attente. Mais attention aux surprises, car la jeunesse et la motivation de certains « nouveaux français » pourrait bien faire qu’ils pourraient se placer dans cette hierarchie avant ceux qui s’estiment être de « bons français ».
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