Une page de publicité difficile à tourner

Depuis le début de l’année 2009, sur proposition du Président Sarkozy, les chaînes publiques françaises ne diffusent plus de spots de publicité après 20h30. Le but étant de proposer au téléspectateur des programmes de qualité, et de ce fait, ne devant pas subir de « saucissonage » publicitaire.

Pour conséquence, le groupe France Télévisions doit puiser davantage dans les recettes de la redevance et également réduire l’activité de sa régie interne, c’est-à-dire supprimer des emplois.

Pour autant, est-ce qu’une bonne soirée devant le petit écran est forcément encore meilleure lorsqu’il n’y a aucune coupure publicitaire? Alors même qu’au spectacle dit « vivant », l’entracte est de mise, là, aucune pause pour « souffler »: détourner le regard quelques instants de la lucarne magique, ne serait-ce que pour reposer les yeux, s’aérer, débattre du programme avec les personnes présentes, et plus prosaïquement, faire un besoin naturel ou satisfaire une envie quelconque… Non. Là mieux vaut réunir autour de soi tous les accessoires necessaires au confort individuel, voire s’équiper d’une sonde urinaire pour ne pas rater une miette du grand show orchestré par notre divin service public, régenté d’une main de fer par notre bien-aimé président de la République.

Pourtant, la publicité n’est pas condamnée à être un diktat subliminal sensé nous asservir à la consommation à outrance. Cela peut être un message à caractère informatif, sous une forme humoristique ou esthétiquement agréable à regarder. D’ailleurs, aujourd’hui avec les moyens de diffusion de la télévision actuelle, couplée à l’accès Internet par exemple, il est possible d’établir un flux d’information inversé, du récepteur au diffuseur. C’est par exemple de cette façon que le fournisseur d’accès Internet SFR, le fabricant de matériel de réception Netgem et l’institut de sondages Mediametrie ont mis en place le Hitview
qui permet d’obtenir en temps réel l’audience des chaines grâce à un retour à partir des Neufbox de SFR. Il est donc possible d’imaginer que dans un futur proche, les téléspectateurs pourront voter pour leurs spots TV préférés, et ainsi permettre aux régies de surfacturer les annonceurs « ennuyeux » par rapport aux annonceurs qui proposent des publicités plus attractives.

Ce type de relation, résolument révolutionnaire, permettrait aux chaînes publiques, et plus généralement aux chaînes « de contenu » de maintenir un niveau de qualité satisfaisant, y compris pendant les écrans publicitaires. De même, les sites Internet pourraient déjà mettre en place de telles pratiques en se basant sur le taux declic enregistré sur les bannières: un bon taux de clic démontrerait un intérêt des internautes pour l’offre de l’annonceur et signifierait donc une intrusion moindre dans la navigation sur le site support. Google a déjà mis en place un tel système via sa régie d’achat de mots clés Adwords, pénalisant au passage toute annonce n’ayant pas un attrait démontré pour les internautes qui effectuent une recherche sur le terme acheté par l’annonceur. Par exemple si sur la page de résultats du mot « aspirateur » se trouve une annonce pour du café, qui sera donc logiquement moins cliquée qu’une annonce concernant effectivement des aspirateurs, l’annonceur devra payer plus cher pour figurer en bonne position sur cette page, voire être complétement éliminé des annonces commerciales figurant sur la page de résultats pour une recherche sur le mot clé « aspirateur ».

Il est par ailleurs surprenant que cette pratique est déjà en usage dans la presse magazine, notamment féminine, où les éditeurs font parfois preuve de très grande largesse aux marques prestigieuses qui proposent des pages entières voire des double pages de publicité conçues par de grands photographes, avec des modèles de renom, afin d’associer leur titre à des campagnes de prestige et ainsi attirer d’autres annonceurs visant le haut de gamme, mais avec peut-être des messages plus exlicites commercialement parlant (on passe du parfum à la crème anti-rides, etc.).

Il existe donc un réservoir de financement largement sous exploité par les médias du service public, qui sous certaines conditions pourraient créer un nouveau marché pour une publicité maîtrisée et ainsi lui redonner des lettres de noblesse qu’un président en exercice a jugé bon d’égratigner plutôt que de chercher à en comprendre les subtilités.

Face à la crise: fuir, subir ou réagir

Des déficits qui se creusent, des réformes qui marquent le pas, et une situation qui s’enlise. Voilà le bilan après un an de crise financière qui se mue peu à peu en dépression généralisée, touchant peu à peu tous les compartiments de l’économie mondiale.

Les différents plans de relance n’y feront rien, les résultats des grandes entreprises mondiales seront dans le rouge, ou, au mieux, afficheront des taux de croissance bien inférieurs aux années précédentes. Face à ce marasme, les politiques mettent en place des aides sous diverses formes: primes à la casse et autres subventions, mais dont les effets commencent à s’estomper et qui coûtent cher. Surtout, ces aides ne font que prolonger l’illusion que les modèles économiques proposés jusque là sont encore viables, alors qu’à la lumière de la crise, de nombreux businesses apparaissent dépassés.

L’urgence porterait donc à innover, et innover encore. Seule l’introduction de nouvelles technologies permettront de surmonter ce cap difficile, en faisant diminuer les coûts et en attirant les consommateurs toujours à la recherche de produits ou de services encore plus performants.

A-t-on vu depuis un an des innovations révolutionnaires prendre le pas de façon définitive? Il n’en est rien pour l’instant. Par exemple dans l’automobile, les modèles hybrides sont encore perçus comme des prototypes et les quelques incitations des pouvoirs publics ne suffisent pas à inverser la donne.

Le risque, outre dans le cas des véhicules hybrides un surcroît de pollution, c’est de voir des chiffres de vente et une concurrence faussée par l’intervention de l’Etat. Et pendant ce temps-là des concurrents étrangers s’activent, saisissent les opportunités et s’imposent sur le marché, comme par exemple Apple avec son iPhone qui détrône aujourd’hui les ex-poids lourds du secteur, les Nokia et autres Sony Ericsson.

Face à la frilosité des industriels, les dirigeants des grands pays cèdent et continuent à soutenir à bouts de bras les fleurons des industries nationales. En suivant l’exemple Américain, puisque les USA continuent à s’endetter sachant qu’au moment de payer leurs dettes, le Tresor américain pourra toujours dévaluer sa monnaie et ne rembourser qu’avec une monnaie affaiblie, qui aura entraîné dans son sillage toutes les monnaies mondiales, y compris l’Euro.

Le risque sera de voir les monnaies de pays émergents s’enfoncer encore davantage, pour permettre à leurs entreprises exportatrices de continuer à inonder le marché mondial de leurs produits à bas coûts. Mécaniquement, ce phénomène se traduira par un appauvrissement des masses laborieuses, facilitant ainsi les tensions sociales qui commencent à apparaître dans des pays comme la Chine, où la question du conflit ethnique n’est qu’un paravent qui masque des problèmes sociétaux plus profonds.

La crise a donc ceci de tragique, c’est qu’elle retarde le développement de l’humanité dans son ensemble. Tout le monde est pénalisé et en premier lieu les générations futures à qui nous lèguerons une planète confrontée encore et toujours aux mêmes problèmes.

Alors qu’il y a 40 l’homme marchait sur la lune, traversait l’Atlantique à la vitesse du son, rêvait de voyages intersidéraux pour l’an 2000 et de paix et de prospérité dans le monde, nous en sommes réduits à nous battre pour sauver la planète de l’étouffement pour cause de réchauffement climatique, de pénurie alimentaire, de conflits inter ethniques, et de tant de maux qui hypothèquent encore davantage les chances pour notre monde de s’en sortir.

Il est donc temps de ne plus fuir, de ne plus subir mais de rassembler nos dernières forces pour mettre en place les solutions qui s’imposent après une réflexion à la fois technique et objective, dans un climat dépassionné mais résolument concentré. Et alors peut-être, pourrons nous à nouveau regarder vers les étoiles, non pour trouver un astre capable d’accueillir les rescapés d’une planète Terre dévastée par ses propres habitants, mais pour assouvir notre curiosité intellectuelle et notre soif de connaissance.

L’espoir vient une fois de plus de l’autre côté de l’Atlantique ou le président Obama semble avoir la méthode idoine. Pour preuve, la nouvelle stratégie de l’OTAN en Afghanistan: secure, hold, build (sécuriser, tenir et bâtir). Cela implique la fin des bombardements aériens qui causaient de nombreux dégâts collatéraux, mais davantage de soldats physiquement engagés sur le terrain, avec des chances de pertes plus élevées. Mais ce réalisme devrait s’avérer payant, et la stratégie pour juguler la crise devrait être du même ordre, ce slogan pouvant parfaitement s’adapter aux enjeux économiques et financiers actuels…

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