Manifeste Pour Une Justice Républicaine
Posté par Philippe Baron - 28 avr 2009 à 14:51La chose publique s’appelle ainsi à cause de la complexité de sa nature: tellement indescriptible qu’elle en est réduite à l’état de chose, sans plus de précisions, car définir, c’est forcément limiter. La définition repose donc entièrement sur la notion de « public », ce qui laisse entrevoir que ce concept de République découle directement de l’Humanisme des Lumières, voire d’un Humanisme antérieur encore, mais toujours fondé sur le caractère sacré de l’Humain, du respect de la dignité humaine, de son integrité physique et de son potentiel à s’améliorer afin de donner suite à l’évolution tel que l’Histoire nous la retrace de nos origines à nos jours.
L’un des préceptes fondateur de cet humanisme républicain, ce sont les Droits de l’Homme et du Citoyen, et ces notions de liberté, d’égalité et de fraternité. Dans ce contexte philosophique, qu’est-ce qui justifie le pouvoir des juges en matière de décision pénale? En d’autres termes, de quel droit une cour de justice peut-elle décider de priver de liberté un individu? Il s’agit bien sûr d’une procédure extrêmement encadrée, où la défense a tout lieu d’expliquer, d’argumenter, de produire des élements à décharge pour l’accusé. Pour autant, le verdict apparaît comme une sanction: un jugement de valeur qui ne prend pas en compte l’aspect humain de la condamnation, faisant tout simplement de l’accusé une victime. La décision de justice est perçue comme un châtiment. Dans notre République laïque, la justice se substitue donc à Dieu et porte un jugement moral sur les actes des citoyens, car l’existence de Dieu n’étant pas prouvée, et donc le châtiment post-mortem étant purement hypothétique, il est donc juste de prononcer ici-bas une sanction à la hauteur du crime commis. Voilà résumée la philosophie de la justice française en ce début de XXIe siècle. N’est-il pas un peu obsolète? N’y a-t-il pas quelque chose qui cloche dans ce raisonnement? Surtout au vu des nombreux problèmes qui découlent de l’enfermemement systématique: suicide, promiscuité, viols, mauvais traitements et dans bien des cas, la récidive. Mais que faire, si l’on veut maintenir la paix civile et la sécurité? Peut-être pourrions-nous commencer à percevoir la justice non pas comme un instrument de châtiment, mais au contraire comme un service public, tant pour les victimes que pour les citoyens jugés eux-même.
Pour parvenir à réviser notre point de vue sur la Justice, il faut commencer à visualiser une société dans laquelle il n’y aurait plus de système judiciaire: les prisonniers neutralisés par les services de police seraient relâchés, au grand dam des victimes et de leurs proches. Que se passerait-il ensuite? Un phénomène naturel appellé la vindicte populaire. Du petit cambrioleur au grand escroc, du braqueur de banque au dealer, du violeur au pédophile, ils seraient tous visés par des victimes organisés en milice armées prêtes à se faire justice eux-mêmes, avec tous les débordements que cela implique. Vu sous cet angle, la justice dans une démocratie sert avant tout à éviter cela. On peut même dire que son rôle est dans un premier temps de protéger l’auteur des faits d’une éventuelle agression de la part d’une victime en colère, ou de tout autre personne affectée par le délit commis.
En allant un peu plus loin, il suffirait de limiter le rôle de laj ustice à cette notion de protection pour envisager une redéfinition du rôle du juge. Il ne s’agirait plus de punir en rendant un verdict, mais d’estimer le temps necessaire pour s’assurer que les parties civiles et leurs soutiens ne soient plus tentés d’avoir recours à la violence pour se venger d’un drame survenu à cause de l’accusé. La difficulté ici réside dans le fait qu’il est beaucoup plus facile pour une juridiction de recourir à des effets pour envelopper le verdict d’une dimension punitive, plutôt que de se poser la question à chaud de la durée d’un chagrin d’une mère, d’un père pour son enfant disparu par exemple. Pourtant, au fil des ans, le deuil se fait. Une famille touchée par un drame où il y a une responsabilité mise en évidence doit tourner la page pour avancer. La perte d’un proche fait partie de la vie, mais c’est tellement facile à dire et tellement dur à vivre qu’il est parfoir préférable de se dire que puisqu’on a le droit de jeter une personne en prison pour un crime, autant le faire pour se sentir soulagé de ce poids. Pour autant, comme le souligne volontiers la défense à quasiment chaque procès, le fait de condamner quelqu’un ne ramène pas à la vie l’être cher. De plus, la prison n’est plus simplement synonyme de privation de libertés. Les rapports successifs, les témoignages, les livres d’ex-taulards révèlent que la vie en prison est un enfer permanent, faisant d’une peine de prison une peine multiple: coups, intimidation, racket, viol, autant de brimades et de blessures profondes qui viennent alourdir la sentence prononcée par la cour de justice. Pourtant aucun ne juge en prononçant le verdict final ne précise que l’accusé reconnu coupable est condamné à X années de prison, ou à se suicider entre ses quatre murs.
La prison doit donc être un lieu qui protège avant tout l’intégrité physique et morale de l’individu qui y est enfermé, afin de l’aider sur le chemin de la rédemption, du pardon et de l’intégration après sa sortie. Et le magistrat ne doit pas juger le coeur des hommes mais prendre en compte la gravité des faits et le degré des responsabilité de l’accusé pour déterminer en fonction de critères psychologiques objectifs et de manière très technique la durée pendant laquelle l’accusé serait susceptible d’être à son tour victime de représailles. Si l’accusé représente une menace pour la société, ce que peuvent établir des experts, là encore ce n’est pas un châtiment qu’il faut appliquer, mais une mesure de sûreté qui consistera à maintenir l’individu récalcitrant en détention, avec obligation de soins, car le fait de ne pas pouvoir maitriser son agressivité est assurément une forme de démence.
En changeant notre manière de voir la justice, et en considérant la prison non pas comme un enfer sur terre mais un lieu d’accueil pour personnes en danger, la question de la surpopulation carcérale trouve là des réponses à sa crise actuelle. combien de délinquants croupissent dans des cellules alors que les victimes sont passées à autre chose. Peut-être même qu’elles auront pardonné et s’inquiètent du sort des personnes contre qui elles avaient porté plainte.
L’Etat lui-même peut pardonner, comme le Président de la République qui à l’occasion d’un 14 juillet ou des Fêtes de fin d’année accorde sa grâce à quelques chanceux. Car le fait de libérer des gens a pour conséquence première de libérer de l’espace, de créer des conditions d’enfermement un peu plus dignes, de soulager le travail des fonctionnaires qui travaillent dans ces centrales ou ces maisons d’arrêt. La rancoeur, l’habitude et l’autoritarisme ont des prix bien lourds à payer, et malheur à celui qui faute, quelles que soient les circonstances, le vécu de la personne et les maux dont il a été lui-même victime. La défense tentera bien de faire baisser le tarif, mais au final lorsqu’on a commis une infraction, à nouveau la morale sévit, aucune excuse n’est admise, la tolérance zero est de rigueur, et ceux qui ont ce pouvoir de décider du sort d’un prévenu savent-ils seulement que peut-être que oui, Dieu existe et qu’eux aussi pourront faire l’objet d’un procès un jour, et peut-être même de leur vivant. Cela arrive parfois, il serait interessant d’avoir l’avis de ce juge d’instruction, Fabrice Burgaud, reconnu coupable d’avoir envoyé à tort une série d’accusés en prison pour actes pédophiles…
Le karma de nos emplois
Posté par Philippe Baron - 22 avr 2009 à 15:20Alors que s’achève la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée, dite Durban II, dans un climat de désunion affiché (boycott des délégations US et israeliennes, propos orientés – et discutables - du président iranien Mahmoud Ahmadinejad), ce qui est un comble pour un sommet placé sous l’égide des « Nations unies », le simple citoyen peut se demander à quoi tout cela rime, puisque d’une part aucune action ne découle de la déclaration finale, notamment sur les conflits en cours ayant pour toile de fond des rivalités entre ethnies (Darfour, Côte d’Ivoire, République Démocratique du Congo…), et d’autre part, la priorité actuelle ne devrait-elle pas légitimement revenir au traitement de la crise financière qui menace directement nos emplois et, nous le savons, rien de tel qu’une crise économique pour exacerber le sentiment nationaliste et xénophobe (Allemagne années 30, etc.). D’ailleurs, le G20 a eu un impact beaucoup plus significatif sur l’opinion mondiale que Durban II, car à la clé, ce sont plus de 1000 milliards de Dollars qui ont été débloqués pour relancer l’économie mondiale. Pur les « potes » victimes du racisme au quotidien, ce ne seront que des mots, choisis dans le vocabulaire onusien de manière à ne froisser personne. S’il y avait eu un régime ouvertement raciste à l’heure actuelle encore en activité sur cette planète, il y aurait eu consensus très certainement. Mais le phénomène du racisme n’est plus une affaire d’Etat, comme il pouvait l’être encore en Afrique du Sud avant la fin de l’Apartheid. Le racisme est un problème de société, sur lequel les Etats peuvent agir indirectement, mais c’est avant tout un effort de chacun pour dépasser et faire dépasser les préjugés qui subsistent encore, malgré les leçons du passé.
Pourtant, le racisme est à l’origine de bien des maux, y compris au niveau économique. Le repli identitaire empêche en effet de voir l’impact de notre attitude sur les populations les plus fragiles, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de nos frontières. La pire attitude consiste à rester indifférent à la détresse des pays les moins avancés. Nos vieux préjugés, hérités de notre passé colonial, nous poussent à penser que cette situation est normale, que c’est parce que « l’Africain n’est pas encore rentré dans l’Histoire », alors qu’au contraire, il en est à l’origine, et aujourd’hui nous le traitons toujours en esclave en semi-liberté, placé sous le contrôle des multinationales qui puisent dans ces pays les matières premières à leurs bénéfices exponentiels.
Un exemple saisissant illustre ce racisme ordinaire, teinté d’ignorance et de fausse bonne conscience. Lors de l’émission ‘On n’est pas couché’ animé par Laurent Ruquier le 4 avril 2009, le chroniqueur Eric Zemmour s’en est pris à l’ex-juge Eva Joly qui avait instruit de nombreuses affaires de corruption dans des pays africains. Pour lui, condamner la corruption dans ces pays-là revenait à laisser le champ libre aux entreprises américaines (voir l’integralité de l’interview ici: http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=22442). Mais qu’est ce qu’il en sait? De source sûre, il se trouve justement que dans un pays africain, une entreprise candienne doit renoncer à un marché dans le domaine du transport car l’actionnaire principal ne souhaite pas faire figurer dans son bilan de façon détournée des sommes affectées à la corruption de fonctionnaires locaux. en effet, notamment depuis l’affaire Enron, les entreprises Nord Américaines sont excessivement prudentes avec l’argent « sale », le maquillage des comptes, etc. On rappelle que suite à l’affaire Enron, c’est toute la société Andersen Consulting, dont la fonction est d’auditer les comptes de ses clients, qui a du mettre la clé sous la porte. Aux US, reproduire un tel scenario est à exclure définitivement. Mais qu’en est-il en France? Les entreprises françaises (Bouygues, Total, Areva, Bourbon, Bolloré, Technip…) seraient-elles encore présentes sur le continent africain si les normes comptables devaient être respectées à la lettre? En effet, quel est le meilleur moyen d’encourager la corruption? Y céder ou la refuser? Cette entreprise canadienne a fait son choix, tirant un trait sur de juteux contrats et laissant la place à son concurrent français. Mais ces normes comptables s’internationalisent et l’impunité pour de telles pratiques, mêmes couvertes par des pseudo-intellectuels de droite français, ne devrait pas durer, si toutefois l’indépendance de la justice continue être garantie dans notre pays.
Car au final, la corruption, même si elle génère des revenus pour quelques privilégiés, est largement responsable de la situation catastrophique de ces pays, qui du coup ne peuvent pas avoir accès aux biens de consommation, même les plus élémentaires. En l’absence de débouchés, ce sont donc directement des emplois dans les pays producteurs et exportateurs qui sont touchés. Bien sûr, sur le marché africain ce ne sont pas tellement des produits « made in France » qui sont convoités, mais des articles plus abordables, fabriqués en Chine ou dans d’autres pays d’Asie du Sud-Est. Mais là aussi, un certain racisme sévit, et on en parle peu, car il s’agit d’un racisme davantage « social » qu’ethnique.
En effet, comment expliquer que la Chine ce soit l’eldorado des exportateurs européens, alors que ce pays arrive à produire avec les coûts de main d’oeuvre les plus bas de la planète? La réponse est que le « marché » chinois, ce sont les 150 millions de personnes assimilées à la classe moyenne, qui dispose au moins d’un niveau de vie comparable au notre (environ $1000/mois), et qui a donc accès aux joies de la société de consommation: logement, véhicule, équipement, voyages… Les 90% de la population restante est confinée aux tâches subalternes, avec salaire de misère et précarité absolue. Pour le Chinois privilégié, cet écart est justifié: ces nouveaux prolétaires sont des misérables paysans, sans éducation ni culture, qui doivent s’adapter à la vie moderne en passant par l’épreuve du labeur à l’atelier. D’ailleurs le pouvoir en place est largement complice, en maintenant une monnaie – le Yuan - artificiellement basse afin de rester compétitif à l’export, quitte à continuer à sous-payer le travailleur pauvre. Peu importe, puisque cette politique permet à la classe dirigeante d’inonder les circuits de distribution du monde entier de leurs produits.
D’autres exemples de par le monde montrent que c’est encore le malheur des uns qui fait le bonheur des autres, alors même que des solutions existent pour enrayer ces cercles vicieux, puisqu’enrichir son voisin, c’est avant tout en faire un client, un partenaire. Nous ne parlerons pas non plus des autres formes de discrimination, envers les femmes ou les homosexuels, qui font que beaucoup de pays dans le monde restent en marge de la grande civilisation globale que peut-être certains utopistes présents lors de la conférence Durban II ont tenté de défendre, en vain. Mais si les médias et l’ensemble des personnes concernées mettaient en évidence la relation étroite qui existe entre haine de l’autre et précarité, peut-être que les opinions commenceraient à changer. Les conflits d’intérêts qui opposent à l’heure actuelle les etats montrent que nous en sommes encore très loin.
Expo : « Les minorités nationales, souffle de diversité, souffle d’Europe »
Posté par Philippe Baron - 17 avr 2009 à 10:53Plaquette Exposition Minorites
La convention-cadre pour la protection des minorités nationale, entrée en vigueur le 01 février 1998, est l’un des traités les plus complets ayant pour objet la protection des droits des personnes appartenant à des minorités nationales.
C’est au travers d’un reportage en Vojvodine, que le photographe Sandro Weltin est allé à la rencontre des nombreuses minorités de cette région de Serbie, pour tenter de saisir cette réalité d’identités complexes. Cette exposition offre un regard sur ces minorités nationales qui sont parties prenantes d’une Europe diverse et multiculturelle.
Pot de finissage le vendredi 17 avril à 18 h 30, en présence des artistes
Entrée libre
Exposition ouverte du mardi au vendredi, de 14 h à 20 h et tous les jours de représentation (samedi, dimanche et lundi inclus) de 14 h à l’issue des spectacles
MAILLON-WACKEN
PARC DES EXPOSITIONS
PLACE DU WACKEN
STRASBOURG
TÉL. 03 88 27 61 81
WWW.LE-MAILLON.COM
Renseignements sur le site du conseil de l’Europe www.coe.int/MinoritiesExpo
Le grand casting de la politique française
Posté par Philippe Baron - 7 avr 2009 à 15:15Sans méthode réellement scientifique mais sur un panel de 7000 personnes (tous internautes, ce qui fausse légèrement les critères de représentativité), le journal gratuit Metro et la radio RMC ont organisé un sondage pour déterminer les personnalités du monde politique (au sens large) les plus à -même de conduire le pays à travers cette crise que nous traversons actuellement. Et voici le résultat:
- Premier Ministre: François Bayrou 48 %
- Ministre de l’Éducation: Ségolène Royal 40 %
- Ministre de la Santé : Patrick Pelloux 42 %
- Ministre de l’Intérieur : Manuel Valls 55 %
- Ministre de la Culture : Bernard Pivot 46 %
- Ministre de la Justice : Robert Badinter 43 %
- Ministre de l’Économie et de l’Emploi: Dominique Strauss-Khan 61 %
- Ministre des Affaires Etrangères: Dominique De Villepin 56 %
- Ministre de l’Écologie: Nathalie Kosciusko-Morizet 42 %
- Ministre de l’Intégration: Rama Yade 45 %
- Ministre des Sports: Yannick Noah 37 %
A la lecture des résultats, on ressent le malaise d’une partie de la population vis-à -vis des choix politiques exprimés lors de la dernière élection présidentielle. A part les deux « copines » du gouvernement, Nathalie Kozciusko-Morizet et Rama Yade, aucun membre du gouvernement actuel. Et on notera l’absence de Bernard Kouchner, pourtant plébiscité lors de chaque consultation pour élire l’homme politique le plus populaire. Aucune personnalité issue de l’UMP non plus, si ce n’est un certain Dominique Marie François René Galouzeau de Villepin, plus connu sous le nom de Dominique de Villepin.
C’est donc François Bayrou, un opposant modéré, qui montre qu’entre un gauchisme forcené (Besancenot) et un libéralisme à l’efficacité aujourd’hui complètement remise en question, il existe un espace cohérent et réaliste qui sans changer le monde mettra tout de même une dose de bonne gestion et d’honnêteté intellectuelle (voire d’honnêteté tout court) dans un monde politique qui ne bouge plus que sous les caméras dociles des grands médias et aux micros des journalistes complaisants. Face à Nicolas Sarkozy, François Bayrou se veut le tenant d’une autre voie pour gouverner le pays, sans toutefois remettre en cause en profondeur les institutions, les règles de l’économie, les traités internationaux (l’adhésion à l’Union Européenne…), l’Etat de Droit, la Constitution, etc.
Pour l’accompagner dans sa mission, les participants à l’enquête ont choisi des personnalités fortes: Ségolène Royal, Dominique de Villepin, tous deux minoritaires dans leur propre camp, mais jouissant d’une cote de popularité élevée auprès des français. Mais peut-on imaginer une équipe formée d’invidualités aussi marquées et marquantes? Peut-on faire cohabiter une Ségolène Royal qui n’hésite pas à intervenir sur tous les sujets, dans tous les pays alors qu’elle n’est « que » présidente de la région Poitou-Charentes avec un Dominique de Villepin, l’homme du CPE, aujourd’hui sans mandat mais disant tout haut ce que l’ancien Président pense tout bas?
Ces personnalités accepteraient-elles de revenir dans l’executif avec un simple portefeuille ministeriel? Dominique de Villepin se baignerait-il deux fois dans le même fleuve? Et Ségolène Royal s’attaquerait-elle au mammouth, au risque de voir sa cote – notamment aupres des enseignants majoritairement PS – s’écrouler définitivement? Endosser des responsabilités à un moment critique, ce serait une belle leçon de courage politique. Encore faut-il que ce courage soit suivi d’une action réfléchie et performante.
L’ennui c’est qu’un tel gouvernement ne pourrait voir le jour qu’en… 2012! A moins d’une dissolution (et comptons sur notre Président actuel pour ne pas (re-)faire cette erreur!), les prochaines élections législatives – et présidentielles – sont prévues pour 2012. D’ici là , les experts en économie, Dominique Strauss-Kahn en tête, prévoit une reprise de la croissance – à condition que le système bancaire soit assaini. Après l’annonce du G20 de remettre 1000 milliards de dollars sur la table, via un FMI aux pouvoirs renforcés, on peut raisonnablement espérer que d’ici 3 ans, les choses auront en effet mûri, les perspectives se seront embellies et le pouvoir actuel pourra tirer un bilan extrêmement flatteur, puisque ce n’est personne d’autre que lui, notre président, qui nous aura sorti du pétrin, qui aura pesé dans les rencontres internationales pour imposer les solutions qu’il préconisait et qui sera donc brillament réélu au terme d’une campagne menée tambour battant, fidèle à sa réputation et à ses habitudes.
De plus, le résultat du sondage ne dit pas quelle personnalité pour être Président. Peut-être les internautes auraient-ils répondu Sarkozy? En tout cas, si ce n’est pas le cas et qu’autant de gens en France souhaitent changer radicalement de gouvernement, il ne reste plus que la manière forte. Certains ont déjà commencé à Strasbourg lors du sommet de l’OTAN, mais ces manifestants partagent-ils les mêmes utopies que l’internaute moyen? Et celui-ci pourra-t-il un jour passer du clavier au pavé? En tout cas en voici toujours un de plus, dans la mare, aux canards, et pas enchaîné non plus celui-là . A bon entendeur…
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