Bonus et Malthus
Posté par Philippe Baron - 13 sept 2008 à 17:37La venue du Pape Benoît XVI en France constitue toujours un évènement qui contribue à raviver le débat sur les questions d’actualité sur lesquelles l’Eglise tient un discours qui va à l’encontre des moeurs actuelles.
Avec comme « slogan » la phrase « Tournons nous vers la Source de la Vie » inscrite sur l’autel installé Place des Invalides ce samedi 13 septembre, c’est encore ce combat « pour la vie » qui transparait en filigrane de ce mot d’ordre, que l’on peut compendre par « retour à Jesus » mais aussi « non à la mort », au sens très large puisque l’Eglise s’oppose à toute forme de contraception, et a fortiori à l’avortement.
Pourtant une question se pose, maintenant que la crise alimentaire sévit, due en grande partie à l’explosion démographique des pays émergents: que fera-t-on lorsque, outre le problème alimentaire, il n’y aura même plus assez de place pour que plusieurs milliards d’individus puissent coexister tout simplement.
On peut deviner la position de l’Eglise sur cette question, qui s’en remet à Dieu dans ces cas-là .
Mais si d’ici là l’Humanité ne trouve pas d’autre planète habitable, ou le moyen de rendre une planète a priori hostile habitable, il y a fort à parier que nous serons confronté rapidement à un problème de place, y compris apres avoir reconquis du terrain sur les oceans etc.
Le controle des naissances apparait alors comme une necessité vitale, car la croyance en un Dieu de justice et d’amour impose à l’Homme une gestion rigoureuse de son héritage, car l’Humanité n’est pas l’addition d’individus mais une communauté de destin qui doit faire face à l’adversité pour poursuivre son évolution.
Autrement dit, entre la promotion des moyens contraceptifs et le suicide de parents n’ayant plus les moyens de garantir à leurs enfant une vie possible sur terre, il n’y a pas à balancer.
Mais pour l’instant, nous en somems au bonus/malus institué par M. Borloo, et qui semble efficace puisque les ventes de 4×4, les prix des hydrocarbures aidant, ont fortement chuté (juste au moment ou les marques françaises se lançaient sur ce créneau) et que le Ministre de l’Ecologie prevoit d’étendre ce système à d’autres familles de produits.
Cela n’est pas sans rappeler la politique anti-nataliste du gouvernement chinois, qui ne s’embarasse pas des bulles papales. Mais personne ne s’en plaindra d’un strict point de vue économique.
Géorgie: un problème caucasien?
Posté par Philippe Baron - 2 sept 2008 à 19:43Quiconque suit les séries US, a au moins entendu parler du terme « caucasien », utilisé dans les services de police pour décrire un individu que l’on qualifiait autrefois « de race blanche ».
Aujourd’hui, la mixité est telle que le terme de blanc ne signifie plus grand chose, sauf par opposition à noir peut-être, ou encore à « latino ». L’afflux massif de populations « blanche et assimilée » à conduit les autorités américaines à trouver un terme qui ne soit ni suprémaciste ni péjoratif. Le terme « caucasien », à la fois précis et vague, s’est imposé dans ce langage politiquement correct.
A la lumière de ce qui se passe en ce moment en Géorgie, au coeur du Caucase donc, on peut comprendre le trouble jeté dans les pays occidentaux par cette crise, car finalement, elle touche l’Occident en son sein: le Caucase. Vu comme cela, le conflit paraît bien loitain à tous les pays d’Afrique, qui ont leurs propres problèmes à régler, mais aussi l’Amerique Latine et le Sud-Est Asiatique. C’est un peu une revanche, un problème de riches sur fond de prise de contrôle des axes du gaz et des autres matières premières dont l’Asie centrale regorge.
L’issue du contentieux paraît d’autant plus incertaine que tous les ingrédients sont là pour le faire durer: un relation ambigue entre la Géorgie et son colossal voisin, l’existence d’une certaine légitimité en faveur de l’agresseur (population majoritairement favorable, jurisprudence du Kosovo…), une Union Européenne sous pression sur fond de crise énergétique, un Kremlin soutenu massivement par la population et le Parlement, un allié (les USA) voulant éviter toute initiative malheureuse… Or c’est justement des initiatives qui permettront, non pas de trouver une sortie de crise car elle est là pour durer (au moins aussi longtemps que l’existence d’un gazoduc sera justifié dans cette partie du Monde), mais au moins un modus vivendi permettant à chacun de ne pas se sentir (trop) humilié.
On pense bien sûr à la Géorgie, qui a déjà concédé une défaite militaire. Mais ne dit-on pas « c’est le plus intelligent qui cède »? Dans les cours de récréation, certes, mais rentrée oblige… Pourtant la présence d’une force multinationale paraît peu probable: d’une part parce que en face, c’est la Russie et personne ne souhaite envoyer ses soldats face à une telle armée, et puis parce que le fait d’entretenir une force sous mandat de l’ONU aux portes de l’Europe est plutôt gênant pour tous ceux dans la région qui aspirent à intégrer un jour l’eldorado de l’Europe.
Pourtant, dans cet ensemble géographique où vit majoritairement une population que d’aucuns qualifient volontiers de « caucasiens », il serait définitivement temps de s’interesser à ces peuples qui nous ressemblent tant et dont nous nous sentons pourtant si éloignés. Ossètes, Ingouches, Kazakhs, Abkhazes, Georgiens, Azeris, Arméniens… Qui sont-ils vraiments ces fameux Caucasiens? Quelle est leur histoire? Quel est leur avenir, à part servir de prête-nom à un type de faciès? Car l’issue de la crise est aussi dans la compréhension mutuelle des peuples, les notres y compris.
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