Guerre de Récession

La récession, voilà bien la chose la plus triste qui puisse arriver à un pays comme la France, qui a déjà du mal à tenir ses engagements de croissance vis-à-vis de l’Union Européenne. Car récession signifie appauvrissement, et si une communauté nationale ensemble n’arrive plus à créer de richesses, cela signifie qu’il existe un risque pour que cette communauté ne repose plus sur des fondements aussi solides qu’on pourrait le penser.

La réponse à cette crise est donc avant tout politique. Nos institutions fonctionnent-elles suffisamment bien pour permettre au pays de prospérer dans les meilleures conditions? Nous pouvons désormais en douter. Le rapport Attali soulignait déjà de nombreux points blocants, qui, si ils étaient levés, pourraient permettre une relance de la croissance. Parmi ceux-ci, la remise en question de la hiérarchie territoriale, à savoir les conflits d’intérêts entre les différentes collectivités territoriales, notamment entre départements et régions. En effet, quel intérêt d’avoir deux conseils généraux pour la Corse et l’Alsace par exemple, en plus du Conseil Régional? Nicolas Sarkozy avait balayé cette idée de réforme assez rapidement: on ne touche pas aux institutions, à part un toilettage par-ci par-là. Pourtant, le moment semble venu de reconsidérer cette proposition sous un jour nouveau, celui de la relance à tout prix.

La fusion des départerments peut sembler anecdotique mais elle est avant tout symbolique. Passer ce cap permettrait d’envisager d’autres réformes, plus profondes, et auxquelles on avait pas encore pensé. De même, on peut s’interroger sur la Représentation Nationale. Pourquoi un élu d’une circonscription très localisée pourrait s’emparer d’un dossier à vocation nationale et donc influer sur toute la législature? Les électeurs de ce député savent-ils qu’ils élisent un député qui, outre les responsabilités de son mandat local, aura à coeur de mener à bien des réformes qui auront des conséquences sur l’ensembles des concitoyens, alors même que ceux-ci n’ont pas voté pour ce député?

La solution serait d’élire la chambre haute (Assemblée) de la même façon que le Parlement Européen: à partir d’une liste dont les X premiers seraient élus en fonction du score de la liste au plan national. Ainsi plus de problèmes de découpage électoral. La chambre basse (Sénat) quant à elle récupererait l’ancien système d’élection des députés et le processus d’élection des sénateurs… passerait à la trappe, car désuet et finalement peu représentatif de la Nation.

D’autres pistes sont à explorer pour rlancer la croissance. Alors encore Premier Ministre en exercice, Dominique de Villepin avait émis l’idée que les Services Publics tels que Sécurité Sociale, Caisse d’Allocations Familiales, ANPE, Assedic puissent avoir des horaires d’ouverture étendues. En effet, comment une personne qui a des horaires de bureau normaux peut accomplir ses démarches administratives sans prendre de jour de congé? De même, l’ouverture des magasins le dimanche et autres jours fériés devrait à nouveau pouvoir être débattu. Il ne s’agit pas de faire peser sur les salariés ou les fonctionnaires le poids de la récession, ceux-ci devant y trouver leur compte également, notamment en termes de pouvoir d’achat, et sur la base du volontariat.

Enfin, pour relancer la consommation, faire appliquer avec plus de fermeté les lois sur la publicité mensongère. Les offres des marques, fabricants, distributeurs se présentent sous la forme la plus attractive, et c’est bien normal, mais cela conduit bien souvent les publicitaires à induire le consommateur en erreur, voire à le tromper. Les exemples sont nombreux, il n’y a qu’à parcourir les forums d’acheteurs mécontents.

L’octroi de la 4eme licence de telephonie mobile à Free (Iliad) serait également un point en plus, pour plus de concurrence et donc plus de compétitivité sur le secteur des Télécoms.

Inciter à la consommation de produits nationaux et européens serait également souhaitable. Aujourd’hui, les sous-produits d’origine asiatique envahissent le marché, que ce soit le textile/habillement ou les produits hi-tech. Il serait bon de faire comprendre au consommateur français et européen que plus cher à l’achat ne signifie pas forcément dépense inutile. Une paire de chaussure achetée 30€ mais qui ne tiendra qu’une saison est-elle vraiment moins chère qu’une paire à 50 qui en tiendra trois? A quoi bon entasser des tonnes de vêtements bon marché qui ne supportent pas les lavages alors qu’un article de bonne qualité se lave, se repasse, se porte et se reporte des années durant? La mode change-t-elle aussi vite que cela? Oui, une chemise Lacoste vaut 10 polos Made in China, mais le prix se justifie, et non pas seulement par le petit crocodile brodé sur le devant.

Consommer, c’est aussi investir, et cela peut aussi devenir un acte civique. Qu’on se le dise.

Géorgie on my mine

On entend souvent l’expression attribuée à De Gaulle « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural ». Certes, mais quid de l’Asie Centrale, de ces nouveaux états indépendants comme la Georgie qui sont peut-être situés géographiquement en Asie mais dont la culture est davantage européenne. Davantage hellenistique par exemple qu’Asiatique au sens extrême-oriental du terme. Et puis les Européens ne sont-ils pas en grande majorité des Caucasiens?:) Nonobstant ce fait purement anecdotique, la Géorgie est autant Européenne que la Serbie, la Bulgarie ou la Moldavie. En réponse à la question de savoir si – en temps de paix – la Géorgie pourrait prétendre à entrer dans l’Union européenne, la réponse serait que ce serait très certainement plus facile qu’avec la Turquie.

Seulement la Géorgie a du mal – et c’est un euphémisme – a s’affranchir de la tutelle du voisin soviétique. Pardon, je voulais dire Russe, mais au vu des méthodes employés ces derniers jours, on pourrait se poser la question. Quelles que soient les motivations des Russes, et le fait d’imposer Dimitri Medvedev comme nouveau leader de la Fédération n’est pas la moindre (tout apparatchik de ce rang se doit d’avoir sa petite guerre, comme Brejnev l’Afghanistan, Poutine la Tchétchénie, Staline l’Allemagne…), la Géorgie n’est pas prête de rejoindre les 27. Alors quelle solution pour ces états du Caucase et d’Asie Centrale, qui ont faim de stabilité et de prospérité?

Malheureusement, la solution ne passera que par une résistance acharnée des populations locales, et de leur diaspora, pour sensibiliser par tous moyens l’opinion russe à leur problème et faire abandonner aux nostalgiques de l’Empire leurs velléités expansionnistes. Il reste à voir si les Géorgiens emploieront la manière forte à l’image de leur voisins Tchétchènes, ou une méthode plus pacifiste – mais plus lente et aléatoire, à la croisée des chemins du Dalaï-Lama et de Viktor Iouchtchenko, l’autre ennemi intime du Kremlin à ce jour…

Renoncer à l’empire… c’est certainement le dernier pays, après la France, le Royaume-Uni, le Japon et quelques autres… a devoir se faire à cette idée, mais tant que dans l’opinion publique il y aura des nostalgiques de la Grande Russie, le chemin vers l’indépendance totale de toutes ces ex-Républiques de l’URSS sera tortueux et semé d’embuches (et de mines…).

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